Selon la transcription de l’échange consultée par Bloomberg, qui a duré une quinzaine de minutes, «aider la Russie est une politique décidée au plus haut niveau du gouvernement» hongrois.
La morale du Lion et la souris écrite par le fabuliste grec Ésope (VII-VIe siècles avant J-C) veut que l’on a toujours besoin d’un plus petit que soi. Selon le média en ligne américain Bloomberg, le premier ministre hongrois Viktor Orban a proposé au président russe Vladimir Poutine, lors d’un entretien téléphonique le 17 octobre dernier, d’être sa «souris» dans le règlement de la guerre en Ukraine.
«Notre amitié a atteint un tel niveau que je peux aider de n’importe quelle manière, a déclaré Viktor Orban, selon une transcription hongroise de l’appel examinée par Bloomberg. En toute matière où je peux être utile, je suis à votre service.» Lors de l’entretien, le premier ministre hongrois aurait, pour illustrer son propos, cité la fable d’Ésope au maître du Kremlin. «La remarque a fait rire Poutine, montre la transcription. Les porte-parole d’Orban et de Poutine n’ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaire envoyées par courriel», rapporte Bloomberg.
«Je peux aider de n’importe quelle manière»
Voici ce que dit la fable : «Un lion dormait dans la forêt, sa tête reposant sur ses pattes. Une petite souris timide le surprend et, dans sa peur et sa hâte de s’enfuir, court sur le nez du lion. Tiré de sa sieste, le lion très irrité posa son énorme patte sur la petite créature pour la tuer. “S’il vous plaît, ne me tuez pas !” supplia la pauvre souris. “Si vous me laissez aller, un jour, je vous rendrai sûrement la pareille.” Le lion était très amusé à l’idée qu’une souris puisse un jour l’aider. Mais il était généreux et laissa finalement partir la souris. Quelques jours plus tard, alors qu’il traquait sa proie dans la forêt, le lion fut pris dans les mailles du filet d’un chasseur. Incapable de se libérer, le lion rugit et rugit de colère dans la forêt. La souris, reconnaissant la voix, a rapidement trouvé le lion se débattant dans le filet. Courant vers l’une des grandes cordes qui le retenaient, elle la rongea jusqu’à ce qu’elle se rompe, et bientôt le lion fut libre. “Vous avez ri quand j’ai dit que je vous rendrais la pareille”, a dit la souris. “Maintenant, vous voyez que même une souris peut aider un lion.”
Selon la transcription de l’échange, qui a duré une quinzaine de minutes, «aider la Russie est une politique décidée au plus haut niveau du gouvernement» hongrois. De l’autre côté, Vladimir Poutine s’est montré élogieux à l’égard de la position «indépendante et souple» de la Hongrie sur sa guerre contre l’Ukraine. «Il nous est incompréhensible qu’une position aussi équilibrée et modérée ne suscite que des contre-arguments», a déclaré le président russe, selon la transcription consultée par Bloomberg.
Préparer le terrain
Selon un compte rendu rédigé par le Kremlin, Viktor Orban a exprimé sa volonté de préparer le terrain pour la tenue éventuelle d’un sommet Russie–États-Unis à Budapest. De même, affirme Bloomberg, Vladimir Poutine a exposé à son interlocuteur les étapes pouvant mener à cet événement, en commençant par une éventuelle rencontre entre son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d’État américain Marco Rubio, avant de décider du «niveau de représentation approprié». Le président russe a également suggéré d’associer le ministre hongrois des Affaires étrangères et du Commerce Péter Szijjarto aux discussions. Depuis, cette rencontre n’a pas eu lieu.
D’après Bloomberg, la Hongrie est l’un des rares pays européens, «peut-être le seul», acceptable pour accueillir une telle rencontre, a estimé Vladimir Poutine. Un point commun avec Donald Trump, au sujet duquel le président russe et le premier ministre hongrois se sont montrés élogieux. «Comme on dit, il avance comme un char (…) Cela lui réussit, et on ne peut que s’en réjouir», a déclaré Vladimir Poutine.
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