«Pourquoi ne parle-t-on jamais de la responsabilité des Africains dans l’esclavage des leurs ?»


TRIBUNE – La résolution votée le 25 mars dernier par l’assemblée générale de l’ONU pour qualifier la traite atlantique et l’esclavage des Africains de « plus grave crime contre l’humanité » omet curieusement la traite arabo-musulmane et, plus encore, la traite intra-africaine.

Marie-Claude Mosimann-Barbier est maître de conférences honoraire de l’École normale supérieure de Paris-Saclay, membre du GRER (groupe de recherche sur le racisme et l’eugénisme) de l’université Paris-Cité.


Le 25 mars, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution qualifiant la traite atlantique et l’esclavage des Africains de « plus grave crime contre l’humanité ». L’objectif est clair : cette condamnation doit ouvrir la voie à des réparations financières. Les réactions dans la presse ont été nombreuses : une majorité, faisant fi de l’histoire, s’en félicitait, et quelques-uns soulignaient la coutumière invisibilisation de la traite arabo-musulmane, ce « tabou bien gardé » comme la qualifie l’anthropologue algérien et spécialiste de l’Islam Malek Chebel.

Toutefois, le rôle du Ghana comme initiateur de la résolution n’a fait réagir personne alors qu’il existe un deuxième tabou encore mieux gardé : le rôle actif dans la traite de plusieurs ethnies africaines…

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