La Réunion : de musées en centres d’art, nos incontournables pour découvrir l’île sous un jour nouveau


Confetti de 2 512 kmdans l’océan Indien, l’île de La Réunion jouit d’un relief hors norme sculpté au gré du temps par les éruptions successives de deux volcans. En quelques minutes, on y passe d’un cirque verdoyant aux étendues lunaires de la Fournaise. Si bien que 40% de son territoire est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2010 ! Mais il ne faut pas oublier pour autant ce qui fait aussi sa richesse : une vibrante palette de cultures et une histoire singulière marquée par les migrations.

Outre un patrimoine architectural unique, le chef-lieu Saint-Denis recèle une exceptionnelle collection d’art moderne qui sera mise en valeur en 2024 à l’occasion des 150 ans de l’Impressionnisme par le musée d’Orsay. 

Dotée d’un Frac (Fond Régional d’Art Contemporain) et d’une École Supérieure d’art, la région peut s’enorgueillir d’une scène artistique locale de haut niveau. L’art s’affiche désormais fièrement dans les rues (le festival Kromali a attiré en décembre 2023 plus de 20 000 curieux à Saint-Paul), les centres d’art et jusque dans l’Hexagone. Preuve en est l’exposition « Astèr Atèrla » (« Maintenant et ici », en créole réunionnais) qui, après une première étape à Tours, au CCCOD, s’arrête du 3 février au 2 juin 2024 à la Friche la Belle de Mai à Marseille pour porter haut les couleurs de la création contemporaine réunionnaise. Raison de plus d’aller à sa découverte sur place, entre un plongeon et une randonnée.

À Saint-Denis, les plus belles villas créoles paradent rue de Paris

La façade de la Villa Repiquet à Saint-Denis

La façade de la Villa Repiquet à Saint-Denis

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C’est presque un musée d’architecture créole à ciel ouvert ! En partant depuis la colonne de la Victoire, en face de l’ancien hôtel de ville, on remonte doucement la rue de Paris qui aligne les demeures bourgeoises parmi les plus belles de l’île. Datant des XVIIIe et XIXe siècles, certaines sont classées monuments historiques et abritent des institutions. On s’arrêtera, entre autres, devant la maison Carrère, au n°14, bordée des emblématiques lambrequins (soit une fine dentelle de métal ornant les toitures) et occupée actuellement par l’office de tourisme, lequel organise des visites guidées de la rue. Au n°18, la maison du Département, toute de bleu pâle et blanc. Au n°25, la très élégante maison Repiquet avec sa varangue typique (une véranda sous colonnes) vient tout juste d’être restaurée par sa jeune propriétaire passionnée de patrimoine qui en a fait un lieu de réception et d’exposition.

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Office de Tourisme – Maison Carrère

14 Rue de Paris, Saint-Denis 97400, La Réunion

+262 262 41 83 00

Pour plus d’informations, consultez le site de l’office de tourisme. 

Caillebotte, Vlaminck, Renoir… La crème de l’art moderne au musée Léon-Dierx

Le musée Léon Dierx, parcours dans les collections permanentes

Le musée Léon Dierx, parcours dans les collections permanentes

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Incontournable, le n°28 de la rue de Paris héberge dans la belle maison Manès l’unique musée des beaux-arts de l’île. Né en 1912 sous l’impulsion des critiques d’art et journalistes Marius-Ary Leblond, il prend alors le nom d’une figure phare de La Réunion, Léon Dierx (1838–1912), surnommé par Mallarmé le « prince des poètes ». Le parcours actuel débute par des toiles du XIXe siècle, dont des paysages romantiques de l’île (offrant parfois une vision édulcorée de l’esclavage) et des scènes du roman Paul et Virginie (1788), dont l’intrigue se déroule sur l’île Maurice toute proche. On appréciera la découverte d’Adèle Ferrand (1817–1848), peintre disparue à l’âge de trente ans qui laissa en à peine deux ans plus de 200 œuvres, dont quelques beaux portraits d’une grande acuité psychologique.

Mais la collection vaut surtout pour la donation Ambroise Vollard qui suivra le décès, en 1939, du célèbre marchand des avant-gardes né à Saint-Denis. Parmi les 157 œuvres de ce fabuleux fonds d’art moderne, des toiles impressionnistes et néo-impressionnistes de Caillebotte, Manet, Renoir et Sisley, mais aussi des pépites symbolistes de Redon (dont la femme, Camille Falte, était originaire de l’île) ou encore des toiles de Valtat, Bernard, Vallotton, Vlaminck…

Exposition temporaire « Les Modernes. La peinture à la Réunion de 1925 à 1946 » au musée Léon Dierx

Exposition temporaire « Les Modernes. La peinture à la Réunion de 1925 à 1946 » au musée Léon Dierx

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Cet accrochage unique en Outre-mer brillera d’autant plus en 2024 qu’il sera augmenté, de mars à juin, d’un prêt événement du musée d’Orsay à l’occasion des 150 ans de l’impressionnisme : celui de La Table de cuisine (entre 1888 et 1890) et de Nature morte au tiroir ouvert (entre 1877 et 1879) de Paul Cezanne. À ne pas rater actuellement, une intéressante exposition sur la vivacité de l’art moderne sur l’île dans l’entre-deux-guerres.

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Les Modernes. La peinture à la Réunion de 1925 à 1946

Du 28 octobre 2023 au 12 mai 2024

www.musee-leondierx.re

Du mardi au dimanche de 9h à 17h

L’Artothèque : de l’art contemporain à la demande

L’Artothèque de La Réunion à Saint-Denis

L’Artothèque de La Réunion à Saint-Denis

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Juste à côté du musée, l’Artothèque est installée depuis 1991 dans une ancienne maison de maître construite au début des années 1840. En plus de sa mission de prêts aux particuliers d’œuvres datant des XXe et XXIe siècles, piochées dans une riche collection de quelque 2 000 pièces, le lieu organise expositions, ateliers, cafés, conférences, cours d’histoire de l’art, résidences… Jusqu’en juillet 2024, l’exposition « Rant Dann Ron » (soit « Rentrez dans la ronde », en créole) met en lumière les clichés de Jean-Marc Grenier sur le maloya, genre musical traditionnel apporté par les esclaves de La Réunion.

À la Villa de la Région, art et patrimoine en accès libre

Au n°49, la villa du Général est l’une des plus belles demeures de la rue, se distinguant par un décor particulièrement raffiné de lambrequins, bardeaux et fines colonnes blanches. Propriétés de la Région, ses espaces sont actuellement mis à disposition du Frac (Fonds régional d’art contemporain, basé à Saint-Leu) pour ses expositions temporaires d’art contemporain. Gratuites et de qualité, elles sont une bonne occasion de découvrir un intérieur typique de demeure bourgeoise.

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Villa de la Région

Du mardi au dimanche
De 10h à 12h et de 13h à 17h

Une nuit angélique dans une maison classée

Pour poursuivre l’immersion dans le vieux Saint-Denis, une nuit s’impose à la villa Angélique qui, au n°39, cache un hôtel quatre étoiles proposant six chambres Classée monument historique, cette jolie maison toute de blanc et bleu vêtue présente une architecture néoclassique créole entretenue avec soin. Autres atouts : sa jolie terrasse verdoyante et son copieux petit-déjeuner !

39 rue de Paris, 97400 Saint-Denis

À partir de 179 euros la nuit
Pour plus d’informations, consultez le site internet. 

Flânerie au jardin de l’État et au Museum d’Histoire naturelle

Le Museum d’Histoire naturelle à Saint-Denis

Le Museum d’Histoire naturelle à Saint-Denis

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© Jacques Sierpinski / hémis

La rue de Paris débouche sur l’entrée du jardin de l’État, superbe parc public datant du XVIIIe siècle et planté d’une cinquantaine d’essences d’arbres. Il cache également le tout premier musée de l’île, ouvert en 1855 : le Museum d’Histoire naturelle. Son imposante architecture néoclassique abrite pas moins de 560 000 pièces sur la faune et la flore, dont des spécimens rares d’animaux naturalisés tels qu’un faucon concolore et des espèces endémiques de l’océan Indien aujourd’hui éteintes. Un squelette du célèbre dodo originaire de l’île Maurice est un des clous de cette visite sympathique.

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Museum d’histoire naturelle de La Réunion

La Cité des Arts, nouvelle place forte de la culture à La Réunion

La Cité des Arts à Saint-Denis

La Cité des Arts à Saint-Denis

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Visible en longeant le littoral, son imposante silhouette argentée aux lignes géométriques annonce la couleur : ici la création contemporaine est reine ! Qu’il s’agisse de théâtre, d’ateliers, de musique ou d’arts visuels, il s’y passe toujours quelque chose. Résidence d’artistes et lieu de diffusion, la Cité des Arts, inaugurée en 2016, se définit comme un « hyper centre culturel local » organisant environ 70 événements par an, dont une dizaine d’expositions. Au programme : BD, photographie, street art, art contemporain….

À la manière d’un village, ses rues intérieures permettent de naviguer d’une scène de théâtre à un café-restaurant ou une salle d’expo. On ne rate pas, jusqu’au 2 mars, l’exposition « Open Space » qui détourne les codes de la vie de bureau pour poser un regard acéré (et non dénué d’humour) sur notre rapport au travail, ni, jusqu’en juin, les illustrations fantasmagoriques en noir et blanc de Chloé Robert [exposées précédemment à la villa de la Région, voir plus haut, ndlr] qui s’affichent à ciel ouvert. Une bonne manière de découvrir la nouvelle scène artistique de La Réunion, et ce gratuitement !

Du 8 décembre 2023 au 2 mars 2024

www.citedesarts.re

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Zièt dann fénoir. Chloé Robert et Joëlle Écormier

Du 8 décembre 2023 au 1 juin 2024

www.citedesarts.re

Au château Morange, le pôle image de la Cité des Arts

Le Château Morange à Saint-Denis

Le Château Morange à Saint-Denis

À une vingtaine de minutes à pied, dans le quartier des Camélias, cette demeure néoclassique et son parc sont depuis 2020 une annexe de la Cité des Arts dédiée à l’image. On y assiste ainsi, au gré de la programmation, à des festivals de courts-métrages, des séances de cinéma pour les petits, des ateliers de hip-hop, des conférences…

Toute la programmation sur le compte Facebook du château Morange

À la galerie Constellation, des pépites de jeunes talents à shopper

C’est l’une des rares galeries de l’île ; et la seule à défendre avec autant d’énergie (communicative) la jeune scène contemporaine locale ! Son fondateur, également commissaire d’exposition (notamment d’« Open Space » évoquée plus haut à la Cité des Arts, ndlr), Clément Striano, y possède lui-même son atelier aux côtés des artistes Emma Di Orio et La Paulinette. Derrière sa vitrine, se cache également un atelier de sérigraphie ouvert au public, un espace accueillant quatre à cinq expositions par an et une boutique en ligne. Broderies, affiches, céramiques, petits objets en éditions limitées, t-shirts mais aussi dessins et huiles sur toiles sont à dénicher à des tarifs abordables, avec livraison possible jusque sur le continent. On y découvre les peintures évanescentes et chimériques de Juliette Dennemont, les encres tout en sinuosité des street artistes Kid Kréol & Boogie, ou les délicates aquarelles biomorphiques de Pascale Simonet.

Au Port, le street art haut en couleur à La Friche

La Friche au Port

En poursuivant vers le sud, juste après avoir passé la nouvelle route du littoral (la plus chère au monde !) et son spectaculaire viaduc sur l’océan longeant une falaise vertigineuse, la ville du Port abrite un centre d’art hyperactif qui mérite une escale. Située dans un ancien centre de tri postal, La Friche propose des résidences d’artistes (notamment en partenariat avec l’École supérieure d’art de La Réunion (ESA) du Port), mais aussi des expositions, des soirées musicales et des ateliers. Ce QG du street art sur l’île est aussi lieu de vie apprécié. Actuellement, le graffeur GorG One, connu pour ses réalisations monumentales entre abstraction et figuration, est à l’honneur d’une rétrospective.

Du 24 novembre 2023 au 10 février 2024

Ouvert du mardi au vendredi 9h-17h
Le samedi 10h-17h

À Saint-Paul, repaire de pirate et safari street art

Fresque réalisée en 2022 à l’occasion du festival Réunion Métis (actuellement Kromali) à Saint-Paul

Fresque réalisée en 2022 à l’occasion du festival Réunion Métis (actuellement Kromali) à Saint-Paul

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Deuxième commune de l’île en nombre d’habitants (170 000), Saint-Paul est connue pour être le berceau du peuplement de La Réunion. Si les touristes se pressent plus volontiers dans sa station balnéaire toute proche de Saint-Gilles-les-Bains, qui abrite les plus belles plages de l’île, la ville même de Saint-Paul mérite bien une demi-journée de visite. On fera une pause au pittoresque cimetière marin qui domine une plage de sable noir. Y repose le fameux pirate français du XVIIIe siècle, Olivier Levasseur dit « La Buse », dont le trésor prétendument caché quelque part sur l’île continue de faire rêver. À son côté est également inhumé le poète parnassien Leconte De Lisle.

Autre incontournable, le marché de Saint-Paul diffuse de doux effluves de vanille et d’ananas tous les vendredis et samedis sur le front de mer. L’occasion de flâner dans les rues animées du centre-ville et d’y admirer de nombreuses fresques colorées, certaines signées par de grandes figures locales du street art comme Kid Kréol & Boogie, Sept, MoArmen ou AbeilOne. Tous les deux ans, début décembre le festival pluridisciplinaire Kromali (anciennement Réunion Métis) qui illumine la ville le temps d’un week-end avec des installations lumineuses, spectacles, œuvres et performances, laisse des souvenirs sur les murs.

L’office de tourisme propose même des visites guidées menée par Ti Mat alias Mathieu, véritable passionné de patrimoine réunionnais.

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Cimetière marin de Saint-Paul

104 rue de la Baie

À la Papayeterie, une cueillette arty

Pour poursuivre le bain de couleurs, on fera une inspirante pause shopping à la Papayeterie, adresse toute fraîche où l’on déniche des petites merveilles de papeterie aux tonalités exotiques, des objets décos et autres cadeaux originaux. Le joli concept store, on ne peut plus kidsfriendly, organise aussi des ateliers do it yourself !

4 rue Evariste de Parny, 97460 Saint-Paul
0263 04 55 51
9h30-18h, du mardi au samedi
Pour découvrir leur univers, rendez-vous sur le compte Instagram de la Papayeterie. 

Dormir et dîner à la fraîche au Dina Morgabine

L’hôtel Dina Morgabine à Saint-Gilles les Bains

L’hôtel Dina Morgabine à Saint-Gilles les Bains

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Le Dina Morgabine (du tout premier nom attribué à l’île par les Arabes au Moyen Âge) est une excellente option pour poser ses valises à proximité (une quinzaine de minutes à pied) de la très belle plage de l’Ermitage, dont le lagon foisonne de poissons multicolores. On apprécie sa décoration pop et exotique à la fois, sa piscine et son spa nichés dans un cocon de verdure ainsi que sa terrasse boisée pleine de charme. L’hôtel est aussi prisé des Réunionnais pour son restaurant qui réinterprète avec finesse les grands classiques de la cuisine créole.

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Hôtel le Dina Morgabine

À partir de de 115 euros la nuit environ

80, Bis rue des Engagés, Bruniquel, 97434 La Saline-les-Bains
Pour réserver, rendez-vous sur le site de l’hôtel.

Le passé esclavagiste de l’île Bourbon en lumière au musée de Villèle

Vue aérienne du musée Villèle à Saint-Paul

Vue aérienne du musée Villèle à Saint-Paul

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© bertrang Rieger / hémis

Changement de décor à Saint-Gilles-les-Hauts, où le musée de Villèle nous plonge dans le douloureux passé esclavagiste de l’île. Cette habitation prospère du XVIIIe siècle, longtemps dirigée par la redoutable madame Desbassayns, comptera jusqu’à 462 esclaves. La visite guidée d’une heure – indispensable tant le guide transmet cette histoire avec puissance et émotion – nous mène dans la maison de maîtres, l’hôpital des esclaves, les cuisines, le parc… Quelques objets, mobilier et documents d’archive y témoignent des terribles conditions de vie sur la propriété et dans ses plantations de canne à sucre alentour. Créé en 1974, c’est un lieu essentiel pour comprendre La Réunion, son histoire mais aussi les enjeux décoloniaux actuels.

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Musée historique de Villèle

Domaine Panon Desbassayns – Villèle

Au musée Stella Matutina, l’histoire d’une société cristallisée autour de l’industrie sucrière

Vue aérienne du musée Stella Matutina à Saint-Leu

Vue aérienne du musée Stella Matutina à Saint-Leu

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La visite du musée de Villèle est à prolonger avec celle de Stella Matutina, une ancienne usine sucrière située sur les hauteurs de Saint-Leu et reconvertie en 1991 en musée. Ses impressionnantes machines, qui occupent toujours l’immense hall, comme sa collection de documents, d’œuvres d’art et d’objets populaires retracent 200 ans d’histoire de La Réunion à travers son industrie de la canne à sucre. Celle-ci est en effet capitale pour comprendre le développement de l’île, comment s’est construite son économie mais aussi sa société multiculturelle issue de l’engagisme (recrutement d’émigrés en relai de la fin du système esclavagiste). Véritable musée de civilisations, Stella Matutina évoque la vie avant la modernisation de l’île dans les années 1980, notamment au travers de récits, de reconstitutions immersives d’échoppes ou de moyens de transports typiques. Des expositions temporaires offrent des éclairages réguliers sur certains aspects culturels spécifiques au territoire réunionnais. Actuellement, une section explore «  Le Bal Tamoul », une forme de théâtre populaire importée du Tamil Nadu en Inde, grâce à de superbes pièces de costumes et masques traditionnels.

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Vue des salles d’exposition du musée Stella Matutina à Saint-Leu

Vue des salles d’exposition du musée Stella Matutina à Saint-Leu

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© Stella Matutina / Antonio Prianon

Du 16 septembre 2023 au 21 avril 2024

museesreunion.fr

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Musée Stella Matutina

Le Frac, avant-poste de l’art contemporain réunionnais

La Maison du Frac Réunion à Saint-Leu

La Maison du Frac Réunion à Saint-Leu

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En sortant de Stella Matutina, ne manquez pas l’ancienne maison du propriétaire du domaine, dite « Bédier ». Dressée face à l’océan, cette villa cossue de style créole héberge actuellement l’unique Fonds régional d’art contemporain d’Outre-mer. Si le bâtiment ne peut accueillir de public (au moins jusqu’en 2025), son jardin tropical récemment rénové par le paysagiste Sébastien Clément et investi d’œuvres contemporaines offre une agréable déambulation ouverte à tous. La collection, quant à elle, riche de plus de 500 œuvres circule via un container (La Box) ou des expositions hors-les-murs un peu partout sur le territoire ; et même au-delà ! Car c’est le Frac qui est à l’origine de l’exposition « Astèr Atèrla » actuellement présentée à la Friche la Belle de Mai et qui offre un réjouissant panorama de la création actuelle réunionnaise, loin du folklore qui lui est trop facilement associé. Pour exemple, les broderies militantes de Prudence Tetu ou les objets cérémoniels du poète-chaman Hasawa. Une vitrine de choix pour cette collection qui vient de s’enrichir du dernier prix du public et  Grand Prix du jury de la Design Parade de Hyères 2023 : les machettes moulées en sucre de canne de Yassine Ben Abdallah. Un parfait trait d’union entre la maison Bédier et Stella Matutina.

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Le jardin-collection du Frac Réunion

Entrée libre et gratuite, du lundi au vendredi de 9h15 à 16h45

Visites guidées possibles
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du musée. 

Du 3 février 2024 au 2 juin 2024

www.lafriche.org

Au MADOI à Saint-Louis, les métiers d’art de l’océan Indien à l’honneur

MADOI, musée des Arts décoratifs de l’océan Indien à Saint-Louis

MADOI, musée des Arts décoratifs de l’océan Indien à Saint-Louis

Pour découvrir les précieux savoir-faire de l’océan Indien, direction le sud de l’île au domaine de Maison Rouge. Cette ancienne plantation de café accueille depuis 2008 un musée des Arts Décoratifs (labellisé « Musée de France ») où s’expose toute l’année une collection allant du XVIe au début du XXe siècle. Mobilier en bois de natte, textiles indiens, porcelaines de Chine et objets d’art islamique se font le témoin du brassage des techniques et des métiers d’art unique dans ce territoire carrefour d’échanges entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe. En septembre 2024, une exposition mettra d’ailleurs à l’honneur la porcelaine de la Compagnie des Indes à laquelle appartenait l’île entre 1664 et 1767.

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MADOI – Musée des Art décoratifs de l’Océan Indien

Hell-Bourg – Architecture

Hell-Bourg dans le cirque de Salazie

Hell-Bourg dans le cirque de Salazie

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© Franck Chartron / hémis

L’artisanat est aussi joliment mis en lumière dans ce petit bourg du cirque de Salazie, plus paradisiaque que son nom pourrait le laisser croire (Hell est en réalité le nom d’un gouverneur de Bourbon), labellisé « plus beaux villages de France ». Station thermale huppée du XIXe siècle, Hell-Bourg est un havre de charme et de fraîcheur qui brille aujourd’hui par son patrimoine architectural superbement conservé. Parmi les cases créoles remarquables, la maison Folio, construite en 1860, donne un excellent aperçu de « l’art de vivre créole » à travers une visite de ses espaces intérieurs et de son luxuriant jardin tropical. Hell-Bourg constitue, en outre, une étape de choix pour découvrir les beautés naturelles du cirque de Salazie.

Ouverture du lundi au dimanche, de 9h à 11h30 et de 14h à 17h.
Gratuité pour les enfants -10 ans.

Immanquable, l’insolite église de Sainte-Anne filmée par Truffaut

Église Sainte-Anne à Saint-Benoît de La Réunion

Église Sainte-Anne à Saint-Benoît de La Réunion

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© Keith Erskine / Alamy / Hemis

À l’occasion d’une virée (vivement recommandée !) dans l’est sauvage de l’île, ne manquez pas de vous arrêter dans cette église classée, édifiée en 1857 dans un surprenant style baroque, mêlant gargouilles et moulures en ciment. À l’intérieur, deuxième surprise : sa chapelle Sainte-Thérèse aux couleurs pastel, à la voûte peuplée d’oiseaux peints et aux sculptures extravagantes. Un lieu si singulier que François Truffaut choisit en 1969 d’y marier Catherine Deneuve et Jean-Paul Belmondo dans son film La Sirène du Mississipi, dont l’intrigue se déroule essentiellement à la Réunion.

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Église Sainte-Anne. Cité la Source, Saint-Benoît

Par avion

Paris-Saint-Denis : à partir de 548 euros sur Air France.
Le vol dure environ 11 heures depuis Paris.





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