Cindy Sherman dévoile de troublantes œuvres inédites chez Hauser & Wirth


Les sourcils sont froncés, les yeux injectés de sang, la bouche déformée… Malgré ses traits grimaçants, déformés (aussi un peu terrifiants), on reconnaît bien là le profil de Cindy Sherman (née en 1954) !

À la galerie Hauser & Wirth de New York, la photographe américaine présente, jusqu’au 16 mars, de nouvelles œuvres fabuleusement étranges : 25 portraits difformes, dans lesquels l’artiste a joué avec sa physionomie comme avec un puzzle.

Portraits cubistes

À la fois inquiétante et grotesque, cette série inédite résulte d’une savante manipulation d’images. Pour donner corps à ces troublants visages aux accents cubistes, l’artiste a d’abord photographié chacune des parties de sa figure – yeux, nez, lèvres, peau, oreilles. Méticuleusement classés sur son ordinateur, ces clichés, en couleur et en noir et blanc, ont ensuite été agrégés sur un logiciel de retouche d’images dans la pure tradition des collages initiés par les dadaïstes et les surréalistes. Aucun décor, ni mise en scène, si ce n’est quelques éléments de maquillage et de costume : ici une serviette éponge nouée sur la tête, là une perruque hirsute…

Questionner la représentation par tous les moyens

Cindy Sherman, Untitled #654

Cindy Sherman, Untitled #654, 2023

i

Tirage gelatino-argentique couleur chromogénique • 101,6 × 71 cm • © Cindy Sherman / Courtesy Cindy Sherman et Hauser & Wirth

Depuis ses débuts dans les années 1970 avec « Untitled Film Stills », ensemble de 69 photographies devenues culte, dans lesquelles l’artiste se glisse dans la peau de personnages de séries B ou de films, Cindy Sherman – qui ne considère pas ses œuvres comme des autoportraits – questionne la représentation et l’identité des femmes. Attentive aux nouvelles technologies, elle travaille depuis les années 2000 avec le numérique et s’est aussi plus récemment emparée de l’intelligence artificielle, en soumettant notamment son visage à toutes sortes de filtres sur Instagram. Photographe et modèle, elle continue, avec cette troublante galerie de portraits, de brouiller les pistes entre l’artiste et son sujet…



Source link