Une expo gratuite à Paris voit Annie Leibovitz collaborer avec IKEA


Mais que vient faire l’iconique Annie Leibovitz chez le géant suédois de l’ameublement ? La photographe de 74 ans, qui a tiré le portrait des plus grandes personnalités artistiques et politiques de ces dernières décennies, est devenue en 2023 la première artiste en résidence chez IKEA. Pour la marque, elle s’est rendue dans sept pays, de l’Inde à la Suède, afin de capturer l’intimité de 25 foyers.

Dans un salon mué en jardin des plantes ou bien dans une cuisine sur une péniche, la portraitiste est allée chercher la couleur particulière d’intérieurs « authentiques », sans artifice, ni paillettes. De ce voyage, elle est revenue avec une série intitulée « Life at Home », visible en exclusivité ce week-end, du 29 février au 3 mars 2024, dans le cadre de l’événement gratuit IKEA+, rue de Lappe à Paris.

L’habitat comme reflet de la personnalité

Dans le prolongement de l’exposition, est aussi mis en lumière le travail de six jeunes photographes venus du monde entier (France, Ukraine, États-Unis, Roumanie, Pays-Bas, Nigeria) ayant participé à un programme de mentorat dirigé par Annie Leibovitz.

Annie Leibovitz, L’artiste céramiste Yusuke Onimaru dans son four chez lui à Fukuoka, au Japon

Annie Leibovitz, L’artiste céramiste Yusuke Onimaru dans son four chez lui à Fukuoka, au Japon

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Leur mission : raconter l’histoire d’une personne de leur entourage à travers son intérieur. Pour mener à bien ce projet, ils ont pu compter sur le regard avisé de leur mentore. « Quand j’étais étudiante, c’est comme ça que j’apprenais : en collant les images sur un mur et en parlant avec les autres », raconte Annie Leibovitz.

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Originaire du nord de la France, Zélie Hallosserie, qui fait partie de ces jeunes talents, a choisi de photographier son amie Aaliyah dans la maison de sa grand-mère. Car c’est ici, cachée dans la baignoire ou affalée sur le lit d’une chambre aux murs lavande, qu’Aaliyah trouve refuge pour échapper à ses angoisses quotidiennes. À 20 ans, la jeune photographe, qui se destinait au départ à des études scientifiques, entend poursuivre ce projet documentaire autour des intérieurs. Elle a d’ailleurs déjà creusé la question de l’habitat des exilés dans une série de photos disponible sur son site.

Zélie Hallosserie, Aaliyah allongée sur le lit de sa grand-mère.

Zélie Hallosserie, Aaliyah allongée sur le lit de sa grand-mère.

À quel point une personnalité atypique peut-elle se refléter dans l’environnement qu’elle habite ? C’est la question que se pose Zélie Hallosserie en observant le travail de sa consœur Ka’Vozia Glynn. L’Américaine de 22 ans s’est faufilée dans le royaume de Mme Daisy, une vieille dame qui habite son quartier. Chez elle, c’est un petit musée unique en son genre qui surgit, fait d’une myriade de photos de famille, qui tapissent le mur, et de tonnes d’objets dont sa propriétaire ne peut plus se séparer…

Ka’Vozia Glynn, Mme Daisy montre des photographies accrochées au mur de sa maison

Ka’Vozia Glynn, Mme Daisy montre des photographies accrochées au mur de sa maison

IKEA+, événement pluridisciplinaire gratuit et inédit, à deux pas de la Bastille, plaira aussi aux amoureux de la mode et du design. L’enseigne suédoise y présente, durant ces quatre jours, une nouvelle collection de meubles et d’objets de décoration réalisée en collaboration avec le studio Raw Color. Une palette de couleurs pop et vibrantes qui fait écho aux propositions artistiques des élèves de l’école de mode Casa93, invités à détourner des objets IKEA dans des espaces dédiés. Côté programmation musicale, une série de DJ sets est proposée par la webradio Rinse.

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Une enseigne en quête d’une nouvelle image ?

Alors que la Fashion Week vient de débuter cette semaine à Paris, la firme en profite pour imposer son nouveau credo : comme la mode, l’aménagement d’un chez-soi permet l’expression d’une identité propre. Une façon, peut-être, de contrer une image de marque qui a contribué à aseptiser et standardiser nos intérieurs à coup de penderies et de tables basses immaculées. Un « modèle suédois » à un prix imbattable, certes, mais qui interroge d’un point de vue écologique, à en croire un récent documentaire sur Arte.

Du 29 février au 3 mars

28 rue de Lappe, près de la place de la Bastille.

Pour en savoir plus sur cet événement, rendez-vous sur le site. 



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