Santé animale – Les outils connectés peuvent contribuer à l’essor de la télémédecine vétérinaire – Santé animale


Comme en médecine humaine, les consultations à distance existent à présent pour les animaux, y compris de rente. L’élevage bénéficie d’ailleurs d’outils connectés de plus en plus nombreux, qui constituent une aide au diagnostic pour la télémédecine vétérinaire.

Développée pour les animaux, à l’image de la télémédecine classique, la télémédecine vétérinaire (TMV) bénéficie des avancées de l’élevage de précision, et de la multiplication des outils connectés (OC).

On distingue ainsi deux catégories d’outils : ceux qui sont fixés au bâtiment d’élevage (caméras, détecteurs d’odeur, appareils de mesure d’humidité et de température…) et ceux qui sont rattachés à l’animal (colliers, bagues, plaquettes auriculaires, capteurs caudaux, podomètres, etc.). « Dans les deux cas, une sélection rigoureuse des données fournies par ces OC permet au vétérinaire d’affiner son examen clinique. Il faut néanmoins veiller à ce que l’animal ainsi suivi ne soit pas réduit à un ensemble de mesures et données, qui mettrait en péril son bien-être dans un contexte d’élevages automatisés », souligne une note du centre d’études et de prospective du ministère de l’agriculture (CEP), publiée en septembre.

Si la médecine des animaux de rente a longtemps été caractérisée par une approche plutôt collective, ces outils connectés permettent désormais « un suivi plus fin des conditions générales d’élevage et de l’état de santé de chaque animal », indique le CEP.

Pour une meilleure efficacité de cette télémédecine, plusieurs questions restent en suspens, notamment celle de la relation entre l’éleveur et le vétérinaire. « Il faudra par exemple prévoir diverses configurations, lors de la détection de données anormales, en déterminant si le vétérinaire doit prendre l’initiative d’une visite ou attendre la sollicitation de l’éleveur, avec le risque d’intervenir trop tard », est-il évoqué dans la note.

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Quel encadrement possible ?

Pour permettre l’essor de cette médecine à distance, un nouveau cadre réglementaire est nécessaire, après le décret du 5 mai 2020 qui a autorisé l’expérimentation de cette pratique pour 18 mois. Seulement 981 praticiens ont participé à cette expérimentation, soit 5,45 % des effectifs vétérinaires, relève le CEP.

« Une première ébauche d’encadrement s’est aussi fait jour, en limitant la pratique de la TMV aux seuls animaux qui ont été récemment examinés physiquement par le vétérinaire, en conséquence de quoi la pose d’un diagnostic, la rédaction d’une ordonnance et la délivrance des médicaments étaient autorisées », explique la note.

La télémédecine vétérinaire pourrait donc être pratiquée seulement si certaines conditions sont réunies, par exemple lorsque le vétérinaire consulte à distance sa clientèle habituelle, et utilise par exemple la télésurveillance sur un animal présentant une maladie qu’il a déjà diagnostiquée et traitée auparavant, ou lorsqu’un vétérinaire réalise des actes de télémédecine sur des animaux de la clientèle d’un confrère qui a vu l’animal et à la demande de celui-ci.

Types d’actes que les vétérinaires souhaitent réaliser viala télémédecine (© Antoine A, cit par le CEP)

Les praticiens ont identifié plusieurs actes qui se prêteraient à la télémédecine, notamment la consultation de suivi post-opératoire, la consultation de suivi de maladie chronique, la consultation de nutrition ou encore la consultation de comportement.

Le cadre réglementaire devra également prendre en compte les enjeux de responsabilité, en cas d’erreurs de diagnostic ou de traitement, ou de « perte de chances » de l’animal si un vétérinaire a refusé de pratiquer la télémédecine.



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