Ration hivernale – Miser sur le « bale grazing » pour affourager les bovins au pré – Alimentation et fourrages, Élevages bovins lait et viande


L’hiver dernier, la ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou a testé le « bale grazing » – ou l’affouragement au pré pour les plus francophiles. Avec un GMQ de 600 g (contre 400 au bâtiment) pour les bœufs en élevage, la pratique semble faire ses preuves.

Décembre est déjà bien engagé, et les balles de foin sont encore dehors sur la ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou. Si les mauvais esprits y verront une étourderie, Julien Fortin, responsable de la ferme rétorquera qu’il s’agit d’une expérimentation sur le bale grazing.

Technique importée du Canada, le bale grazing est une manière d’affourager les animaux au pâturage. Le foin, ou l’enrubannage récolté, est placé de manière raisonnée dans la parcelle afin que les bovins le consomment en complément de l’herbe sur pied. Une manière de réduire son coût de mécanisation en s’émancipant de la distribution du fourrage et l’épandage d’engrais. Sans parler du gain de place en bâtiment.

A Thorigné, c’est « la volonté de décarboner l’activité d’élevage » qui a poussé la ferme expérimentale à s’essayer à la pratique. Et comme l’exploitation travaille déjà à limiter le nombre d’UGB improductifs via le vêlage deux ans, Julien Fortin mise dorénavant sur le pâturage. « On veut limiter le recours à la mécanisation ». Pour y pallier, quoi de mieux que de compter sur les vaches elles-mêmes ? « L’objectif est d’utiliser les bovins de la manière suivante : une barre de coupe à l’avant, et un épandeur à l’arrière ».

10 % des besoins couverts par le pâturage

Un premier essai s’est déroulé l’hiver dernier. Le fourrage conservé a été distribué en pâture avec un système de fil avant fil arrière, de sorte à couvrir 90 % des besoins des animaux. Les 10 % restants ont été satisfaits par le pâturage. « En hiver, il y a toujours un peu de biomasse au sol qui vient compléter le foin », ajoute Julien Fortin.

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Question performance, les bœufs limousins ainsi que les croisés limousins angus de 16 à 22 mois ont affiché un GMQ d’environ 600 g. « La performance est notable car ces animaux ont généralement un gain de 400 g en bâtiment. Sur la ferme, on mise plutôt sur le phénomène de croissance compensatrice ». Autre avantage, la pratique permet de s’émanciper des effets des transitions alimentaires.

Côté pratique, les balles sont stockées en bout de champ, puis mises en place fin décembre voire début janvier, lorsque les animaux en ont besoin. Il est même possible d’installer les balles en amont si on a des craintes quant à la portance des sols.

Le pâturage tournant pour soigner la portance

Pour le pâturage, la ferme expérimentale a misé sur une botte de foin, et une surface de 1 000 à 1 200 m² pour une vingtaine de bovins chaque jour. Le fait de bouger régulièrement les animaux permet d’éviter les problèmes de portance. « Les pâtures n’ont pas été trop abîmées l’année dernière, et pourtant nous avons eu une semaine à 70 mm de pluie », précise Julien Fortin. A noter que les bovins présentent un poids vif compris entre 400 et 500 kg.

Pour le reste, la ferme expérimentale poursuit ses essais pour définir les modalités les plus intéressantes pour la pratique du bale grazing. « On regarde notamment s’il est plus intéressant de présenter le foin en ballot, ou de le dérouler ».

L’autre avantage de la pratique, c’est la fertilisation des parcelles. « Nos prairies naturelles sont de moins en moins productives, et la part de légumineuses à tendance à diminuer car elles sont beaucoup exploitées en fauche. Les apports d’effluents via le bale grazing permettent de transformer le fourrage récolté en N ».

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