Le Centre Pompidou signe un contrat avec l’Arabie Saoudite pour un musée à AlUla


C’est officiel : le Centre Pompidou a signé le 12 mars un contrat d’ingénierie culturelle avec le site nabatéen d’AlUla, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite. Document dans lequel il s’engage à participer à la création et au fonctionnement d’un futur grand musée dédié aux artistes contemporains du monde arabe. Baptisé Perspective Galleries, ce dernier rejoindra les autres bâtiments culturels de cette oasis réputée pour ses paysages et ses vestiges archéologiques, pour une ouverture prévue en 2027–2028.

L’accord a été signé à Riyad et AlUla par Laurent Le Bon, président de Beaubourg, et Nora Aldabal, directrice des arts et de la culture à la Commission royale pour AlUla. Le tout en présence de la ministre de la Culture française, Rima Abdul-Malak, de son homologue saoudien, le prince Badr ben Farhan Al Saoud, et de Gérard Mestrallet, président exécutif de l’Agence française pour le développement d’AlUla (Afalula) – organisme issu d’un accord franco-saoudien à plus de 18 milliards de dollars conclu en avril 2018, qui impliquait des entreprises de plusieurs secteurs, notamment culturel, touristique et industriel.

L’oasis d’AlUla

photographie • © Commission Royale pour AlUla

Outre des prêts d’œuvres et une aide à l’organisation de la programmation, « le Centre Pompidou apportera son expertise scientifique et technique dans la formation du personnel, particulièrement en matière de conservation, de gestion des collections et de médiation », lit-on dans un bref communiqué publié le 14 mars par Beaubourg, qui multiplie depuis 2019 les acquisitions d’œuvres d’artistes des pays arabes.

Les contradictions de cette monarchie absolue islamique, reflétées par les choix artistiques de ses institutions, et ses atteintes aux droits de l’homme, dénoncées par les organisations internationales, n’ont donc pas refroidi le musée parisien, qui a préféré saisir cette opportunité de développer son rayonnement à l’étranger, assortie d’avantages financiers pour la France, dans la lignée d’autres grands projets conclus par l’Hexagone avec les pays du Golfe, tel celui du Louvre Abu Dhabi, inauguré en 2017 aux Émirats arabes unis. Accords qui permettent à ces pays de renvoyer une image de partenaires légitimes et appréciés des démocraties occidentales, malgré les scandales comme celui de l’assassinat, en octobre 2018, du journaliste Jamal Khashoggi dans un consulat saoudien…

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Mais l’extension internationale du Centre Pompidou ne s’arrête pas là. Le 19 mars, l’institution a également signé un accord avec le directeur général de la fondation culturelle sud-coréenne Hanwha pour un partenariat en vue d’établir une antenne de Beaubourg à Séoul, qui portera durant quatre ans (et plus si le contrat est renouvelé) le nom de « Pompidou Center Hanwha Seoul », et présentera chaque année deux expositions comportant des chefs-d’œuvre des collections du Centre Pompidou, pour lesquels Hanwha paiera les redevances de marque et les coûts de prêt. Ce lieu ouvrira au plus tôt début 2025, dans le complexe culturel 63 Square, installé dans le 63 Building – un gratte-ciel érigé sur Yeouido, la plus grande île de Séoul.



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