la candidature de Zemmour «n’a plus d’élan» et devient «inutile», raille Le Pen


L’ancienne patronne du RN s’étonne aussi de «l’entêtement» du polémiste à croire qu’il peut accéder à l’Élysée.

Le bras de fer continue. Au lendemain de l’annonce de la candidature d’Éric Zemmour, Marine Le Pen ne bouge pas d’un iota. Et poursuit sa stratégie de confrontation. Dans un entretien au Parisien , la candidate met en cause la capacité de l’ex-polémiste à aller jusqu’au bout de la campagne.

Si «elle se garde bien de propos définitifs sur l’avenir de sa candidature (d’Éric Zemmour, NDLR)», Marine Le Pen considère que celle-ci «n’a plus d’élan, plus de dynamique et qu’en réalité, elle est devenue inutile.» Face à des sondages qui lui ont redonné une petite bouffée d’oxygène, Marine Le Pen «s’étonne de l’entêtement» d’Éric Zemmour à «croire qu’il peut gagner». Et s’inquiète d’une possible «fracturation» de «l’électorat patriote.» Car c’est bien le danger que court Marine Le Pen: un éparpillement des voix entre deux candidatures.

Face à un Éric Zemmour qui affirme avoir fait sa «mue» de journaliste à candidat à l’élection présidentielle, Marine Le Pen laisse entendre que le polémiste n’a pas les épaules pour incarner la fonction de candidat. Elle tance même la «difficulté» dans laquelle le candidat s’est retrouvé au 20h de TF1. Le polémiste n’a apprécié son passage télévisé et a rapidement raillé, en plateau et depuis son QG, le présentateur Gilles Bouleau pour ne pas lui avoir posé de questions sur son programme. «L’exercice d’interviewer est plus facile, semble-t-il, que celui d’interviewé. Je pense que son état d’esprit n’est pas celui qu’il faut pour gagner: la morbidité ne fait pas un projet», lance-t-elle grinçante.

Dans sa vidéo de candidature, Éric Zemmour a dressé le portrait d’une France très sombre en proie à toutes les insécurités, au «Grand remplacement», nostalgique d’un passé glorieux tant sur le plan politique, économique que culturel. Selon Marine Le Pen, invitée de LCI, l’essayiste qui «n’a pas la capacité d’être au second tour» a élaboré un «clip promotionnel du Suicide Français (livre d’Éric Zemmour, NDLR) : il n’y a pas d’espérance, pas de solution…Il est un chroniqueur du temps présent.» Pour elle, «le politique n’est pas là pour ça, il est là pour concevoir le monde de demain.» De quoi empêcher le RN «d’être devant Emmanuel Macron» au premier tour de l’élection présidentielle.

Si le clip, reprenant les codes de l’appel du 18 juin, pouvait donner l’impression que la «France était en guerre et occupé», Marine Le Pen se différencie de son concurrent et apparaît moins radical : «La France n’est pas en guerre, elle est livrée à l’anarchie d’un Etat qui ne remplit plus son rôle.»

Revenant sur ces semaines difficiles pour elle, Marine Le Pen l’affirme : «Je n’ai jamais douté (…). Pas un seul élu n’a quitté le RN pour éventuellement rejoindre Éric Zemmour.» Malgré la fulgurante progression du polémiste dans les sondages, l’ancienne patron du RN refuse de faire une «autocritique». «Quand on fait une campagne présidentielle, il y a toujours des évènements qui interviennent dans la campagne. Il faut aussi avoir la plasticité, l’instinct de s’adapter à cette campagne», estime-t-elle.

Dans son duel avec Éric Zemmour, Marine Le Pen a tenté depuis plusieurs semaines de reprendre la main en multipliant les déplacements sur le terrain, tout en revenant à ses fondamentaux – la sécurité et l’immigration. Avec un objectif, parler aux «Français» et dépeindre Éric Zemmour en un homme qui ne parlerait que de la France.


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