COMPTE RENDU D’AUDIENCE – Pressée de questions par le tribunal, le parquet et les parties civiles, l’ancienne ministre tient bon. Mais peine à convaincre sur le fond.
« À l’époque je suis avocate, je sais ce que c’est que la déontologie et le conflit d’intérêts ! » Silhouette menue tout de noir vêtue, droite comme un « i » à la barre du tribunal correctionnel de Paris, Rachida Dati se défend pied à pied. Opiniâtre, elle ne laisse rien passer. Ses réponses sont souvent floues, elle compense en les parsemant de « d’ailleurs » qui sont censés créer l’impression qu’elle livre une démonstration implacablement logique de sa bonne foi.
Après le long et émollient questionnement de la présidente Saas, l’ancienne garde des Sceaux a fait face, mercredi, aux interrogations des deux assesseurs, nettement plus incisifs. Ils veulent notamment comprendre en quoi elle a facilité l’installation d’une usine à Tanger, l’une des missions qui justifiaient les honoraires de 300.000 euros annuels versés sur trois ans par RNBV, filiale néerlandaise de l’alliance Renault-Nissan.
Les justifications de la prévenue sont plutôt floues, sans qu’il soit possible de…
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