Condamnée en première instance, l’actrice de 70 ans rejette la faute sur ses conseillers fiscaux, sur l’un des gérants de sa société et sur son ex-mari. L’audience reprend jeudi après-midi.
Rejugée pour fraude fiscale mercredi à Paris, Isabelle Adjani s’est décrite devant la cour d’appel comme « une proie », « victime d’escroqueries successives ». L’artiste de 70 ans a été condamnée en première instance, en 2023, à deux ans d’emprisonnement avec sursis et 250 000 euros d’amende pour s’être fictivement domiciliée au Portugal en 2016 et 2017 et avoir dissimulé une donation en prêt en 2013.
« Je vais être honnête, je n’ai jamais rempli une fiche d’impôt. Et heureusement, car ça aurait été désastreux (…). J’ai la phobie des papiers », a expliqué l’actrice, la voix serrée, à la barre. « Mes affaires, je les ai confiées à des gens pour qu’elles soient gérées en bonne et due forme », a-t-elle expliqué, rejetant la faute sur ses conseillers fiscaux. Mais aussi sur l’un des gérants de sa société Isia Films et son ex-compagnon, le médecin Stéphane Delajoux.
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Isabelle Adjani, « proie idéale »
« J’ai tout payé pour lui et sa famille. Il a été condamné pour escroquerie, mais j’ai cru qu’il était victime d’une conspiration dans son propre milieu, comme moi en 1987 avec le sida (une fausse rumeur lui attribuait la maladie, NDLR) », déclare Isabelle Adjani, qui accuse aussi le médecin « d’avoir euthanasié sa mère ».
Face à l’incapacité de l’actrice à estimer le montant de ses impôts (environ 455 000 euros en 2023) la présidente, Pascaline Chamboncel-Saligue, résume: « Vous avez d’autres priorités que le financier ». Émue, Isabelle Adjani l’admet : « Je suis la proie idéale et j’ai horreur de vous le dire ».
« Vous aviez pourtant un conseiller fiscal ? », lui demande l’avocat général, Laurent Couderc. « Je n’ai pas été capable de jauger de sa virtuosité en la matière », répond-elle. « Vous jouez de malchance », reprend-il. «Je ne vous le fais pas dire », enchaîne la comédienne. Domiciliée à Carcavelos au Portugal, l’actrice explique avoir « toutes ses affaires au Portugal » mais « ne pas être ancrée », ni « confinée à résidence ».
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« D’une dette à une autre »
« Il est évident qu’elle était résidente en France avec une résidence non habituelle au Portugal », a fait valoir Ralph Boussier, l’avocat de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). « Toute la vie fiscale de Madame Adjani est un habillage permanent, on saute d’une dette à une autre, de gentils donateurs vous donnent un appartement gratuit ou deux millions d’euros », a-t-il ajouté.
Au sujet des deux millions d’euros versés par Mamadou Diagna Ndiaye, un homme d’affaires, l’actrice dément avoir cherché à masquer une donation pour échapper à 1,2 million d’euros de droits de mutation. « Je savais que j’avais du temps pour le rembourser, il m’a fait un avenant, il m’a libérée de l’obsession de le rembourser car il n’avait pas besoin que ce soit rapide. »
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« Je le rembourserai jusqu’au dernier centime », a-t-elle répété. « Je ne vais jamais contourner l’impôt et me retrouver dans une situation d’illégalité, pour quoi faire ? Je n’ai pas l’intelligence de la manœuvre des escrocs », a assuré l’actrice. L’audience reprend jeudi après-midi avec les réquisitions et les plaidoiries de la défense.
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