«À quoi bon ce show?», «quels problèmes concrets avez-vous réglés?»… Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon s’écharpent sur les gens du voyage


En déplacement en Vendée mardi sur la question des installations illégales, l’ancien premier ministre s’est attiré les foudres du leader insoumis, qui lui reproche d’être davantage venu «envenimer un problème» plutôt que le «régler».

Plutôt que d’appuyer sur le frein, Gabriel Attal a choisi d’accélérer cet été. Profitant de l’accalmie estivale, le candidat Renaissance à la présidentielle s’emploie – quasiment quotidiennement – à occuper l’espace politico-médiatique délaissé par ses concurrents dans la course à l’Élysée. Une omniprésence qui, tout en lui offrant une visibilité incomparable, l’expose aussi aux critiques, notamment à celles de Jean-Luc Mélenchon sur la question des gens du voyage. Des attaques auxquelles l’ancien premier ministre a répondu sur le réseau social X.

Tout commence mardi, après un déplacement du chef des députés macronistes en Vendée consacré à la lutte contre les installations illégales, un sujet qu’il avait déjà qualifié de «pur scandale» dans un entretien au Figaro quelques heures plus tôt. Si Gabriel Attal a assuré à notre journal «respecter tous les modes de vie», ceux-ci doivent, à ses yeux, «respecter la loi de la République». Et pour cause, fait-il valoir : «Chaque année», des terrains de sport, des parkings et des terres agricoles sont «pris d’assaut» par des gens du voyage qui «revendiquent quasiment de bafouer le droit».


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Pour y remédier, l’ancien ministre de l’Éducation nationale propose de «prévenir les installations», mais aussi de «faire payer les occupants et (de) prononcer des sanctions fermes et exemplaires». Avec un principe clair – «“Tu dégrades, tu paies”» – qui fait écho à sa célèbre tirade «“tu casses, tu répares. Tu salis, tu nettoies ; tu défies l’autorité, on t’apprend à la respecter”», martelée lors de son discours de politique générale, quelques semaines après son arrivée à Matignon, en janvier 2024.

Une ligne de fermeté que Gabriel Attal a renouvelée sur le terrain, prêtant ainsi le flanc aux piques du leader insoumis. «Il découvre le vieux problème séculaire de la coexistence des sédentaires et des nomades», a cru bon de railler mercredi Jean-Luc Mélenchon, affirmant à tort que le trentenaire «n’a jamais été élu local», alors qu’il siège au conseil municipal de Vanves (Hauts-de-Seine) depuis 2014. «Ce n’est pas en méprisant les gens, en affichant son ignorance de la loi et en venant avec des caméras qu’on débloque ce type de conflits d’usage. Et surtout, il faut pouvoir proposer une alternative en cas de conflit des droits», poursuit le quadruple candidat à la présidentielle, fustigeant son concurrent «venu sans solution». Et dont l’objectif serait moins de «régler un problème» que de «l’envenimer». «À quoi bon ce show ?», a-t-il encore grincé.

Ciblé par l’une des personnalités les plus rejetées de la classe politique, Gabriel Attal entend retourner l’accusation à son avantage. Une nouvelle occasion de tenter de tourner la page des reproches suscités par sa décision de faire entrer LFI dans le «front républicain» dans l’entre-deux-tours des législatives de 2024 afin d’empêcher le RN d’obtenir une majorité.

Fort de ses douze années de mandat local, l’ancien premier ministre contre-attaque : «En 63 ans de mandats cumulés, quels problèmes concrets avez-vous réglés ?», lance-t-il à l’adresse de Jean-Luc Mélenchon. «Sur le fond, c’est justement le respect du droit, et notamment du droit de propriété, qui, dans la République, doit permettre la cohabitation de modes de vie différents. Si vous pensez l’inverse, ayez le courage d’aller le dire sur le terrain aux agriculteurs et aux élus locaux victimes d’occupations illicites», le met-il au défi.

Loin de s’arrêter là, le leader de LFI reconnaît à demi-mot son erreur sur le parcours de Gabriel Attal, mais estime que son «ignorance n’a pas d’excuse». «Les conflits d’usage sont amplifiés par le fait que, dans 75 % des départements, la loi n’est pas respectée pour les aires d’accueil des gens du voyage. Le respect du droit en la matière éviterait beaucoup de campements illicites et de conflits», fait-il valoir, indiquant que cette loi de 2000 n’a pas davantage été appliquée pendant le passage de Gabriel Attal à Matignon. «Vous faites donc partie du problème dont vous voulez tirer des images pour faire parler de vous aujourd’hui», épingle-t-il. Avant de conclure par une ultime pique à l’ancien chef du gouvernement : «Ma longue expérience du terrain a toujours mal supporté votre style de fanfaronnades publicitaires.»



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