Depuis 2004, le label « Jardin remarquable » permet de distinguer les jardins et parcs présentant un intérêt esthétique, botanique ou culturel. Et, en France, ils sont nombreux ! En 2022, on comptait ainsi 461 jardins labellisés.
De la Normandie à la Côte d’Azur, en passant bien sûr par Paris, Beaux Arts vous embarque dans un tour de France des plus beaux jardins où il fait bon flâner, bouquiner et même festoyer. Et où cohabitent des arbres centenaires, de délicats rosiers, de dépaysants ponts japonais, des œuvres d’art… En route !
Le plus impressionniste : le jardin de Claude Monet à Giverny
Le jardin de la maison de Claude Monet à Giverny est sans doute le plus grand chef-d’œuvre du chef de file de l’impressionnisme. À peine s’installe-t-il, en 1883, dans ce petit village de l’Eure, qu’il fait détourner un petit bras de rivière pour créer ce qui deviendra son célèbre bassin aux nymphéas, bientôt enjambé par un pont japonais coiffé d’une majestueuse glycine. Saules pleureurs, ginkgos biloba, bambous, pivoines arbustives du Japon : tout autour se joue une prodigieuse symphonie de végétaux et de couleurs d’inspiration orientale. De part et d’autre de l’allée menant à la célèbre maison rose de l’artiste, un « clos normand » entièrement composé par le peintre-jardinier complète ce somptueux tableau. Tulipes, narcisses, iris, rosiers odoriférants s’y épanouissent aux côtés de cerisiers et d’abricotiers du Japon… Un rêve éveillé !
Fondation Claude Monet
À Giverny, à 75 km de Paris.
À 45 minutes en train depuis la gare Saint-Lazare.
84, rue Claude-Monet • 27620 Giverny
fondation-monet.com
Jardins de la maison de Claude Monet
La maison et les jardins sont ouverts du 1er avril au 1er novembre 2023.
Le plus perché : le jardin exotique d’Èze
Perché sur une ancienne forteresse médiévale, à flanc de montagne, le Jardin exotique d’Èze culmine à 429 mètres au-dessus de la Méditerranée, qui semble s’étendre à perte de vue. Véritable joyau de la Riviera, il abrite, sur sa partie sud, toute une collection de cactées et de succulentes, dont d’impressionnants Trichocereus pasacana, qui se dressent dans les airs comme de grands totems verts. Au nord, place aux plantes de la Méditerranée et de régions plus humides, parmi lesquelles de généreux philodendrons nichés dans une grotte où coule une petite cascade… Sans oublier les oniriques « espaces contemplatifs » où l’on s’abandonne tout entier à l’observation du paysage qui s’étend de Saint-Tropez à l’Italie. Un panorama enchanteur, qui a inspiré au philosophe Nietzsche quelques-uns des plus beaux passages d’Ainsi parlait Zarathoustra : « Tout meurt, tout refleurit, le cycle de l’existence se poursuit éternellement. »
Jardin exotique d’Èze
Le plus royal : le jardin de Versailles
Jaloux des fastes du château de Vaux-le-Vicomte, Louis XIV confie à André Le Nôtre la réalisation des jardins de Versailles, aussi importants que le reste du palais aux yeux du Roi-Soleil… L’entreprise est périlleuse, le château étant entouré de marécages, de bois et de prairies ! Organisé autour du Grand Canal, les jardins se déploient sur près de 77 hectares. Bosquets, sculptures et fontaines rythment la promenade, d’autant plus agréable à la belle saison lors des Grandes Eaux musicales. Plus bucolique, le domaine de Marie-Antoinette, où se situe le Petit Trianon, appelle, quant à lui, davantage à la rêverie. Du temple de l’Amour au Belvédère, il incarne la quintessence du goût et de l’esprit raffiné des Lumières… Irrésistible.
Château de Versailles
Château : ouvert tous les jours sauf le lundi, de 9h à 18h30
Parc : ouvert tous les jours, sauf météo exceptionnelle, de 7h à 20h30
78000 Versailles
www.chateauversailles.fr
Jardins du château de Versailles
Ouverts tous les jours, le parc et les jardins sont gratuits de novembre à mars.
Le plus féérique : les jardins du château de Marqueyssac
Se promener dans les jardins du château de Marqueyssac, bâti au XVIIIe siècle près de Sarlat dans le Périgord, c’est un peu comme retomber en enfance. Suspendus à 130 mètres au-dessus de la rivière, ils abritent quelque 150 000 buis centenaires, tous taillés à la main ! Ces derniers déploient, le long des allées sinueuses, leurs formes arrondies et généreuses qui confèrent à l’ensemble douceur et romantisme… Clou de la balade, un belvédère offre une vue imprenable sur la majestueuse vallée de la Dordogne. Un enchantement digne d’un conte de fées !
Les jardins de Marqueyssac
Le plus merveilleux : le jardin de la villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat
Par où commencer ? Par le jardin à la française ? Le jardin japonais ? Ou encore le jardin florentin ? Nichée sur les hauteurs du cap Ferrat, entre Nice et Monaco, la villa Ephrussi de Rothschild fait partie des plus beaux trésors de la Riviera. Érigé entre 1907 et 1912, ce somptueux palais (tout rose !) de style Renaissance est entouré de neuf jardins thématiques offrant par endroits une somptueuse vue sur les eaux tranquilles de la Méditerranée. Au fil de la visite, patios, cascades, et bassins s’offrent au regard des visiteurs qui déambulent le long de parterres fleuris et d’allées ombragées. Notre jardin préféré ? Sans doute l’intimiste jardin lapidaire, où gargouilles et bas-reliefs cohabitent avec des hortensias, des rhododendrons et autres camélias… Un havre de fraîcheur inattendu où se joue, décidément, un merveilleux spectacle !
Villa et jardins Ephrussi de Rothschild
1 avenue Ephrussi de Rothschild, 06230 Saint-Jean-Cap-Ferrat
Ouverts tous les jours de l’année.
Le plus parisien : le jardin du Luxembourg à Paris
Créé à l’initiative de Marie de Médicis en 1612, le jardin du Luxembourg, situé entre le Quartier latin et Saint-Germain-des-Prés à Paris, s’inspire d’un des jardins les plus remarquables d’Europe : Boboli, à Florence. Célèbre en grande partie pour son grand bassin, où les petits Parisiens font voguer leurs mini-voiliers, il se compose d’un jardin à la française et d’un autre à l’anglaise. 106 statues sont disséminées à travers le parc, qui abrite aussi l’époustouflante fontaine Médicis, l’orangerie, le pavillon Davioud, sans oublier l’auguste Sénat et le musée du Luxembourg. Le dimanche en particulier, joueurs d’échecs, de tennis et boulistes invétérés viennent disputer quelques parties, tandis que d’autres promeneurs préfèrent se prélasser sur les emblématiques chaises vertes. À la recherche d’un peu de calme, privilégiez le jardin à l’anglaise et ses hauts arbres, à l’ombre desquels on reste volontiers bouquiner pendant des heures…
Jardin du Luxembourg
Le plus historique : le jardin de l’abbaye de Fontfroide
Dans un écrin de verdure formé par les collines des Corbières se niche l’abbaye de Fontfroide. Fondée en 1093 par une communauté de moines bénédictins, elle fut sauvée de la ruine par le peintre et collectionneur Gustave Fayet en 1908. Aujourd’hui encore, ses descendants préservent la splendeur des lieux. À flanc de colline, de luxuriants jardins en terrasses à l’italienne, dont l’origine remonte à Constance de Frégose, mère de l’abbé commanditaire de l’abbaye, retracent toute l’histoire de l’art des jardins du Moyen Âge à nos jours. Un peu plus loin, prend place, dans l’ancien cimetière des moines, une somptueuse roseraie. Une quinzaine de variétés, dont la rose de Fontfroide et la rose Madeleine Fayet, cultivée en hommage à l’épouse du propriétaire, offrent au pied de la majestueuse église abbatiale un somptueux spectacle. Sans oublier le paisible cloître, planté de buis et de géraniums rouges, dont les murs sont habillés de glycines… Une formidable parenthèse hors du temps.
Abbaye de Fontfroide
Route Départementale 613 • 11100 Narbonne
www.fontfroide.com
Jardin de l’abbaye de Fontfroide
Ouvert tous les jours de l’année.
Le plus festif : les jardins du manoir d’Eyrignac
Retour dans le Périgord noir, où se trouve, à quelques kilomètres de Sarlat, Eyrignac, charmant manoir du XVIIe siècle autour duquel s’étendent sept jardins. Un paradis tout vert, où s’épanouissent d’étonnantes sculptures végétales taillées d’une main de maître par les jardiniers du domaine. Cyprès, buis, ifs donnent la réplique, selon les saisons, à toutes sortes de rosiers, d’hibiscus, d’hydrangeas… L’été, le jardin s’anime aussi après le coucher du soleil, le temps d’un pique-nique en blanc et de concerts de jazz ou même de DJ sets !
Eyrignac et ses jardins
Le plus dépaysant : le parc oriental de Maulévrier
Tout commence au début du XXe siècle, lorsque l’architecte parisien Alexandre Marcel, passionné de japonisme, aménage le domaine d’une propriété familiale située à Maulévrier dans le Maine-et-Loire, à la façon d’un parc oriental. Laissé à l’abandon, il renait au XXe siècle grâce à une association. Véritable tableau vivant, ce « jardin de transformation » plonge les visiteurs à l’époque d’Edo (1603–1868) et se veut une évocation, au fil des saisons, du temps qui passe et de l’éternel cycle de la vie. Après la floraison des cerisiers puis des azalées au printemps, l’été laisse place à un formidable camaïeu de verts duquel émergent des ponts rouges, typiques des jardins japonais, comme dans une estampe plus vraie que nature… Une promenade zen dans les pas des grands maîtres de l’ukiyo-e.
Parc oriental de Maulévrier
Le plus surprenant : les jardins d’Étretat
En hommage à son ami Claude Monet, la comédienne Madame Thébault décide, en 1905, de créer, sur la falaise d’Amont à Étretat, un jardin. Plus de cent ans après, l’architecte paysagiste Alexandre Grivko redonne vie à ce lieu alors délaissé et imagine sept univers singuliers, dans lesquels l’art topiaire, c’est-à-dire l’art de tailler les arbres de façon esthétique, dialogue avec des œuvres contemporaines. Ici, on se perd dans un labyrinthe de massifs taillés comme des vagues déferlantes, on s’étonne face aux « visages-émotions » qui émergent de buissons dodus, on communie avec la nature dans le « jardin zen »… Au détour de chaque allée, une chose est sûre : la surprise est au rendez-vous ! La balade s’achève dans le « jardin impressions », sur lequel veille une sculpture en bambou de Claude Monet montée sur un belvédère offrant une vue imprenable sur l’aiguille creuse, fabuleux paysage d’eau et de roche dont s’est tant inspiré le maître de l’impressionnisme.