ANALYSE – La présidence d’Emmanuel Macron, qui voulait lever les «blocages» français lorsqu’il a lancé son parti en 2016, a sombré dans l’immobilisme. Et l’espace politique qu’il avait unifié est devenu plus fragmenté que jamais, à un an de l’élection présidentielle.
C’est un étrange anniversaire. Ou plutôt un non-anniversaire, tant les festivités sont réduites au strict minimum. Il y a dix ans, le 6 avril 2016, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie de François Hollande, annonçait le lancement d’un «mouvement politique nouveau». Il n’était alors officiellement pas question de se présenter à l’élection présidentielle : «pas ma priorité», se récriait le trentenaire, qui baptisait tout de même son parti En Marche, avec des initiales répondant aux siennes, signe d’une ambition personnelle dévorante. On connaît la suite.
Une décennie plus tard, En Marche s’appelle Renaissance, et Emmanuel Macron a beau en être le président d’honneur, il n’a plus de pouvoir sur sa propre création, capturée depuis 2024 par Gabriel Attal, avec lequel les relations sont polaires. L’ancien premier ministre a bien envoyé un mail aux sympathisants pour saluer les dix ans de ce «pari fou», mais en ne citant qu’une seule fois le nom du président dans son message. Pas…
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