L’entreprise a commandé à Alstom 12 rames Avelia Horizon, similaires au nouveau TGV M de son concurrent. Le train arbore déjà sa livrée : un ruban vert foncé qui part de la motrice et ondule le long de la rame, croisant un autre ruban couleur lilas.
Pour l’instant, il faut se projeter. Dévoilé pour la première fois ce mercredi 22 avril, le nouveau train à grande vitesse de Velvet, qui viendra en 2028 concurrencer la SNCF sur la façade Atlantique, ne possède encore aucun aménagement intérieur. «Dedans, pour l’instant, il y a… du ballast !» s’amuse la présidente et cofondatrice de l’entreprise, Rachel Picard, qui garde jalousement le secret sur sa future offre. Rempli de ces cailloux pour simuler le poids des futurs équipements, le train doit de toute façon passer une batterie de tests avant sa mise en service.
Quand cette ancienne de la SNCF et son cofondateur Tim Jackson découvrent la première rame dans les ateliers Alstom de La Rochelle ce jeudi 16 avril, celle-ci vient tout juste d’être assemblée. «C’est notre train, Tim !» trépigne Rachel Picard, les deux patrons se précipitant pour toucher le premier élément palpable de leur projet fou. Douze rames ont été commandées par Proxima (Velvet est sa marque commerciale) et devraient rouler sur les lignes Paris-Bordeaux, Paris-Nantes et Paris-Rennes. L’entreprise a levé un milliard d’euros auprès du fonds d’investissement Antin Infrastructure Partners.
Thibaut Déléaz / Le Figaro
Un cousin du TGV M
Le train arbore déjà sa livrée : un ruban vert foncé – «British racing green», sourit Tim Jackson – qui part de la motrice et ondule le long de la rame, croisant un autre ruban couleur lilas. «L’extérieur est la première chose que les gens verront, c’est notre outil de communication», rappelle Rachel Picard, qui a choisi des couleurs plus visibles que le gris pâle du nouveau TGV M de la SNCF, censé entrer en service cet été après plusieurs reports.
Avec ses deux motrices et neuf voitures, le train Velvet ressemble d’ailleurs à s’y méprendre au nouveau modèle de son concurrent. «C’est parce qu’ils ont la même base : notre produit Avelia Horizon », explique Guillaume Lheritier, directeur de projet pour la fourniture du matériel roulant chez Alstom. La compagnie encore en gestation a choisi ce modèle car il répondait à son cahier des charges, lui permettait de tenir son modèle financier et surtout était déjà quasiment prêt à l’emploi avec un temps de test réduit. «On a fait une évaluation internationale, et ce train est sorti largement gagnant», assure Tim Jackson.
Pour l’aménagement intérieur, qui sera dévoilé plus tard, les cadres de Velvet ont «passé des journées à voyager en train en Europe, mais aussi en bus et en avion, pour prendre le meilleur de ce que font les autres», raconte Rachel Picard. Un exercice difficile : un seul train doit adresser des clientèles très diverses, des familles qui partent en week-end aux déplacements professionnels de la semaine, chacun ayant ses attentes et des usages différents.
Thibaut Déléaz / Le Figaro
«Je me balade avec un mètre dans mon sac depuis des mois, j’ai les dimensions de toutes les tablettes de tous les trains européens !» s’amuse Rachel Picard. Lors de ses voyages, elle a été attentive aux usages des passagers, «regardé où ils posaient leur manteau», demandé ce qu’ils voudraient en plus. Velvet a «fait tester des sièges à des petits et des très grands» et «fait faire beaucoup de prototypes» avant de valider ses choix. Même les lumières ont été testées sur une maquette du train en taille réelle pour s’assurer que les éclairages soient parfaits.
Des tests sur le réseau ferré en 2027
«Des choix forts», promet Rachel Picard, qui permettront à la petite compagnie d’assumer sa différence avec le géant SNCF, dont elle veut se démarquer sans pour autant s’engager dans une concurrence frontale. «Les lignes que l’on vise sont en sous-capacité, les trains sont complets des semaines à l’avance, rappelle la patronne. On vient surtout proposer des places en plus.» Le positionnement prix est encore gardé secret, mais ça ne sera pas un modèle low cost comme Ouigo. «Vous savez, c’est comme pour les voitures, philosophe Tim Jackson. Des gens roulent en Peugeot, d’autres en Renault. Y en a-t-il un meilleur que l’autre ? Il y a surtout le choix.»
Cette première rame fera l’objet de tests statiques jusqu’à la fin d’année 2026 sur le site de La Rochelle, visant notamment à contrôler le bon fonctionnement de tous les équipements. «L’objectif est d’aller faire les essais dynamiques sur le réseau ferré début 2027», détaille Guillaume Lheritier, avant la mise en service commerciale l’année suivante. Altsom supervise tous ces essais et s’occupera ensuite de la maintenance des trains de Velvet, avec qui il a signé un contrat de 15 ans. Malgré des retards récurrents de livraison, le constructeur assure ici être dans les temps sur le calendrier fixé.
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