«L’accusée se sent suivie», a dit à la cour l’avocat de la jeune femme. «Est en jeu sa sécurité personnelle» et cet incident porte «atteinte à la sérénité des débats», a-t-il ajouté.
L’avocat d’une jeune femme qui comparaît dans le procès pour l’assassinat du rugbyman Federico Martin Aramburu, a dénoncé mardi devant la cour d’assises de Paris une «tentative d’intimidation» visant sa cliente en dehors de la salle d’audience. Selon Maître Florian Lastelle, l’accusée, qui comparaît libre, a trouvé des graffitis très explicites évoquant la scène de crime devant l’appartement qu’elle louait pour la durée du procès, au quatrième étage d’un immeuble à proximité du Palais de justice de Paris.
Une plainte pour menaces et intimidations a été déposée, a ajouté l’avocat. Sa cliente «a été identifiée dans cette salle d’audience» et «sans doute suivie», a dénoncé Maître Lastelle, s’en prenant à la barre, sans évoquer de nom, à «quelques individus (qui) s’improvisent chroniqueurs judiciaires et tweetent l’audience». Sollicité par l’AFP, Maître Lastelle n’a pas souhaité indiquer à qui il faisait référence.
Le député LFI Thomas Portes a assisté dans les rangs du public à la première semaine du procès, le commentant sur le réseau social X. «Commenter un procès est une liberté. Chercher à peser sur son cours n’en est pas une. Et lorsque cette frontière est franchie, c’est à la sérénité même de la justice que l’on porte atteinte. Cette atteinte est grave, parce qu’une justice qui ne peut plus juger à l’abri des pressions, c’est l’Etat de droit que l’on fragilise», a mis en garde l’avocat auprès de l’AFP.
«Une atteinte à la sérénité des débats»
«L’accusée se sent suivie», a-t-il dit à la cour. «Est en jeu sa sécurité personnelle» et cet incident porte «atteinte à la sérénité des débats», a ajouté celui dont la cliente est jugée pour tentative de complicité d’assassinat, un crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité. «Les comportements que vous rapportez sont inadmissibles, irresponsables, condamnables», a réagi le président de la cour d’assises, Franck Zientara.
La jeune femme est l’ancienne compagne du principal accusé, Loïk Le Priol. Le soir des faits, c’est elle qui est au volant de la Jeep qui s’arrête à hauteur d’Aramburu et de son ami Shaun Hegarty, et dont descend Romain Bouvier qui fait feu quatre fois. Les deux avaient fui, Bouvier à pied, la jeune femme au volant de la Jeep avant que n’arrive Le Priol, qui devait tirer six fois, dont les deux coups de feu mortels. Elle affirme qu’elle avait pris le volant pour retrouver Le Priol et rentrer, en aucun cas dans une intention criminelle ou pour retrouver les rugbymen après une dispute.
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