Royaume-Uni : Stonehenge vandalisé par deux militants de Just Stop Oil


Cette fois-ci, les pierres millénaires n’étaient pas protégées par une vitre. Après avoir, pour faire entendre leurs revendications, aspergé de diverses substances de nombreux tableaux sous verre, signés d’artistes comme Claude Monet, Léonard de Vinci et Vincent van Gogh, les activistes écologistes adeptes des actions « culturelles » (qui se multiplient depuis 2022) viennent de franchir un cap en attaquant directement un site préhistorique de renommée internationale, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mercredi 19 juin, deux militants du groupe « Just Stop Oil » ont en effet pulvérisé un produit orange sur le célèbre monument mégalithique de Stonehenge, au Royaume-Uni. De mystérieux alignements de pierres érigées par nos ancêtres entre 3 000 et 1 100 avant J.-C.…

Les images de l’action, qui a été filmée, sont aussi spectaculaires qu’inquiétantes pour les défenseurs du patrimoine : sur fond de cris de visiteurs choqués, les menhirs et trilithes (une pierre horizontale posée sur deux pierres verticales), dont certains hauts de plus de 7 mètres, y sont soudainement attaqués par deux personnes à l’aide d’extincteurs, malgré l’intervention d’une femme tentant de les interrompre. D’abord auréolés de grands nuages orange semblables à des panaches de fumée (évoquant aussi bien des gaz lacrymogènes qu’une performance d’art contemporain inspirée des lancers de poudre Holi en Inde), plusieurs monolithes sont ensuite apparus maculés de larges taches de couleur vive.

Un appel à un plan d’action « mégalithique »

Deux activistes de Just Stop Oil à Stonehenge

Deux activistes de Just Stop Oil à Stonehenge, 19 juin 2024

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Les deux activistes britanniques, Rajan Naidu, 73 ans, et Niamh Lynch, 21 ans et étudiant à Oxford, ont été arrêtés par la police. Par cet acte, ils demandaient aux autorités un plan d’action « mégalithique » pour la planète, notamment la signature d’un « traité juridiquement contraignant visant à éliminer progressivement les combustibles fossiles d’ici à 2030 ».

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« Continuer à brûler du charbon, du pétrole et du gaz entraînera la mort de millions de personnes », alertent-ils dans un communiqué publié sur leur site internet, ajoutant que les « cercles de pierres » comme celui de Stonehenge sont un symbole de la coopération humaine qu’ils attendent pour sauver la Terre. L’action a intentionnellement été menée en pleine campagne électorale britannique et la veille du solstice d’été, un grand jour très prisé des touristes à Stonehenge, puisque le soleil levant et couchant y apparaît précisément dans l’encadrement des pierres, accompagné de rituels.

Des réactions entre incompréhension et condamnation

« Nous ne pouvons pas comprendre comment quiconque prétendant se soucier de l’environnement pourrait vouloir attenter à un tel monument, en causant de la peine et de l’inquiétude aux gens dans le monde entier ».

« Cela est évidemment très contrariant. Nos experts évaluent l’étendue des dégâts. Le site reste ouvert au public », ont d’abord réagi les administrateurs du site de Stonehenge via le compte officiel de ce dernier sur le réseau social X (ex-Twitter). Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a quant à lui vivement condamné ce geste, qu’il décrit comme « acte de vandalisme honteux à l’encontre de l’un des monuments les plus anciens et les plus importants du Royaume-Uni et du monde ».

« Nous ne pouvons pas comprendre comment quiconque prétendant se soucier de l’environnement pourrait vouloir attenter à un tel monument, en causant de la peine et de l’inquiétude aux gens dans le monde entier, y compris aux personnes pour lesquelles Stonehenge a une importance spirituelle », a également commenté, cité par la BBC, l’un des représentants de l’organisme English Heritage, dont dépend le fameux ensemble de pierres millénaires.

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« N’y a-t-il rien de sacré aux yeux de ces éco-clowns ? », a vivement réagi sur X, ce jeudi 20 juin au matin, un compte de passionnés de Stonehenge, qui poste quotidiennement des informations sur le monument depuis 2009. « Stonehenge est protégé par l’Ancient Monuments Act. L’endommager constitue une infraction pénale. Il y a aussi de nombreuses espèces rares de lichens poussant sur les pierres, qui sont également protégées. Attendez-vous à une peine de prison », ont-il posté, en colère, le 19 juin.

Des dégâts qui « auraient pu être conséquents »

Dans leur communiqué, les militants affirment cependant que le produit aspergé n’est pas de la peinture mais « de la Maïzena orange », qui partirait selon eux sans dommages « avec la pluie ». Après examen des menhirs touchés, les experts d’English Heritage ont rendu leur verdict ce jeudi midi. La BBC rapporte en effet que « la peinture orange » a « été retirée en utilisant un ‘ventilateur manuel de spécialiste’ ». English Heritage a par ailleurs précisé au média britannique que « si la pluie était entrée en contact avec la poudre, les dégâts auraient pu être conséquents ». Une déclaration qui contredit donc ce que nous avaient assuré les militants, tout en nous rassurant heureusement sur l’état de ces pierres mythiques, jalons de l’histoire de l’humanité…



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