PORTRAIT – Cette figure historique de la presqu’île a mobilisé ses troupes pour abattre des arbres face aux flammes vendredi, sans attendre les autorisations nécessaires. Un combat de plus pour l’homme de bientôt 80 ans, qui défend depuis quatre décennies sa vision du Cap Ferret.
Il sera le dernier à partir du Cap Ferret sous la menace des flammes ou de la montée des eaux. Comme il fut un des premiers à s’installer sur la presqu’île. Elle n’était pas encore à la mode, les villas étaient peu nombreuses, la dune reculait sous les coups de boutoir de l’océan. Saint-Tropez a eu BB, le Cap Ferret a aussi son BB : Benoît Bartherotte, propriétaire de la pointe de la dune. L’une s’est érigée en défenseure des animaux, l’autre s’est auto-proclamé défenseur du Cap Ferret. Le gigantesque incendie, qui s’est déclaré mercredi et menaçait de détruire la presqu’île lui a donné une nouvelle fois l’occasion de démontrer qu’il était prêt à tout pour défendre ses terres. Vendredi, alors que le vent poussait les flammes vers les maisons, il a mobilisé ses troupes pour créer un pare-feu à l’entrée du village du Cap Ferret, à la lisière de la forêt de pins, sur la route principale dite de Bordeaux.
Ce qu’il a fait vendredi résume toute sa vie, et notamment celle sur le bassin d’Arcachon. « J’ai toujours été un résistant », explique Benoît Bartherotte, dans un moment de répit, samedi matin, sur la terrasse de sa maison, désormais protégée. « J’ai été éduqué comme ça. Je me souviens des lettres dans lesquelles ma mère écrivait : “Il vaut mieux mourir que ne pas se battre” »
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