Relations commerciales – L’inflation rebat les cartes des négociations commerciales


Achevées en février, les négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs pourraient rouvrir plus tôt que prévu, en raison de l’orientation à la baisse des produits énergétiques et alimentaires. L’objectif serait de limiter l’inflation, qui pénalise la consommation de certaines catégories de produits.

Avec le rebond de l’économie mondiale en 2021, et le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’inflation, restée contenue pendant une longue période, est de retour dans l’Union européenne. Si la France reste plus épargnée que ses voisins, avec une inflation de 6 % quand d’autres pays dépassent les 10 %, comme en Allemagne, le rebond de la hausse des prix oriente la consommation vers certains produits alimentaires, au détriment d’autres.

Baisse de la consommation des produits sous signe de qualité et le bio

Ainsi, l’inflation « entraine des comportements différents de la part des consommateurs, qui s’orientent davantage vers les premiers prix au détriment des produits alimentaires sous signe de qualité en particulier et, de façon encore plus marquée, des produits issus de l’agriculture biologique », rappelle Thierry Pouch, responsable du service études économiques et prospective des Chambres d’agriculture.

Le rebond de la hausse des prix s’explique par deux postes, l’énergie (en grande partie importée, via le pétrole et le gaz), et les produits alimentaires. Néanmoins, « ce qui distingue la période récente, c’est que les prix alimentaires depuis février se situent au-dessus des produits énergétiques, puisque le pétrole a baissé », poursuit Thiery Pouch.

Rouvrir plus tôt les négociations commerciales

Pour limiter la hausse des prix, la Banque centrale a augmenté les taux d’intérêt, mais comme « l’inflation est un phénomène d’économie réelle, il existe d’autres leviers », souligne l’économiste. Il s’agit, notamment, de « convaincre la distribution de ne pas trop augmenter ses prix ». Les négociations commerciales entre l’amont et l’aval de la filière alimentaire, achevées en févier, pourraient donc rouvrir plus tôt pour prendre en compte l’orientation à la baisse des produits énergétiques et alimentaires et « fixer de nouvelles conditions de formation des prix alimentaires en particulier », précise Thierry Pouch.

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Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, s’est d’ailleurs prononcé en ce sens la semaine dernière, souhaitant avancer d’un mois – donc en mai – l’ouverture des négociations commerciales.



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