Réchauffement climatique – Une étude scanne les effets du pâturage dans les zones arides de la planète


En zone aride, le pâturage peut être « bénéfique sous des climats relativement froids et localement riches en biodiversité » mais devient « largement délétère dans les régions plus chaudes et faibles en biodiversité », selon une étude menée sur cinq continents qui appelle à des solutions locales.

Un des intérêts majeurs de cette étude, coordonnée par l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture et l’environnement), le CNRS et l’université espagnole d’Alicante, est qu’elle offre une vision globale de l’impact du pâturage par les animaux domestiques dans les zones arides de la planète, où plus d’un milliard d’humains dépendent directement de l’élevage pour vivre.

Ses résultats, publiés dans la revue Science, peuvent « contribuer à développer une gestion plus durable des pâturages » visant « à atténuer les effets du changement climatique et de la désertification », selon un communiqué de l’Inrae diffusé vendredi.

Ces travaux offrent une photographie de l’impact des pâturages dans des zones arides (où il pleut très peu) de 26 pays. « Nous avons sélectionné une centaine de sites, découpés en trois ou quatre parcelles – ce qui a fait 326 zones au total – où la pression du pâturage s’exerçait différemment (de faible à intense) », a expliqué à l’AFP Nicolas Gross, l’un des auteurs de l’étude, chercheur à l’Inrae.

« Nous avons développé des protocoles standardisés pour évaluer, de la même façon sur l’ensemble des sites, les impacts de la pression du pâturage sur la fertilité des sols, le stockage de carbone, la protection contre l’érosion ou la production de fourrage », a-t-il expliqué.

Les résultats de l’étude montrent que le pâturage est « généralement bénéfique en zones arides sous des climats relativement froids comme les steppes de Mongolie ou de Patagonie, et dans des écosystèmes montrant une forte biodiversité animale et végétale comme les savanes africaines et le maquis méditerranéen », selon le communiqué.

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La diversité des plantes et des mammifères herbivores promeut dans ces zones la fourniture de services essentiels comme la production de fourrage pour le bétail ou le stockage de carbone, et la fertilité des sols, tout en limitant leur érosion.

A l’inverse, souligne l’Inrae, « les effets du pâturage deviennent largement délétères dans les zones arides plus chaudes et pauvres en biodiversité, par exemple dans certaines zones subdésertiques proches du Sahel, en Namibie, en Australie ou au Mexique (aux marges du désert de Sonora) ».

« Dans ces zones arides chaudes, où il y a moins de végétation, l’effet fertilisant du pâturage (lié aux déjections des troupeaux) est moindre car plus dilué dans l’espace. Il ne favorise pas la biodiversité et peut aggraver l’érosion », explique Nicolas Gross.

Ainsi, dans ces zones arides, le surpâturage tend à diminuer les stocks de carbone et la fertilité des sols à mesure que le climat devient plus chaud.

« La manière dont on va gérer localement les écosystèmes va participer à les rendre plus ou moins résilients au changement climatique », souligne le chercheur. Il faut donc favoriser « des solutions locales qui doivent prendre en compte la globalité de l’écosystème: la pratique agricole, la nature des sols, le réchauffement et la biodiversité ». En résumé, il s’agit de « penser globalement et d’agir localement ».



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