Phytosanitaires – Un nouvel indicateur et une nouvelle méthode pour Ecophyto 2030 – Politique et syndicats, Grandes cultures


Attendue et plusieurs fois reportée, la stratégie de réduction des produits phytosanitaires d’ici 2030 a été présentée le 6 mai, axée sur la recherche, le développement et le déploiement d’alternatives, dans un cadre qui se veut plus européen.

Repoussée par la crise agricole, la stratégie Ecophyto 2030 a finalement été dévoilé le 6 mai, prenant en compte une partie des revendications des agriculteurs. S’il se défend d’un recul sur le plan écologique, le gouvernement met en avant un « changement de méthode » basé sur la concertation, l’articulation avec des plans de recherche, et l’ambition de mieux coordonner les pratiques au niveau européen pour éviter la concurrence déloyale ou d’éventuelles surtranspositions.

Réduire usages et risques de 50 % d’ici 2030

L’ambition de réduire les usages et les risques de 50 % d’ici à 2030 est inchangée, en revanche l’indicateur de référence principal sera désormais le HRI1, qui correspond à la somme des quantités de substances actives vendues sur une année, pondérée par les coefficients liés à leur classification. Cette diminution de 50 % est calculée par rapport à la période 2011-2013, période de référence utilisée pour le HRI1 au niveau européen. Avec cet indicateur, la réduction serait pour l’instant d’environ 37 % entre cette période de référence et 2024, selon le cabinet du ministère de l’agriculture. Des indicateurs complémentaires seront par ailleurs publiés régulièrement, précise le gouvernement.

Des « moyens inédits »

Le gouvernement insiste également sur les moyens déployés pour atteindre ces objectifs. Outre les fonds dédiés au programme Ecophyto 2030 (71 M€) issus notamment de la Redevance pour pollution diffuse (RPD), la stratégie sera abondée par 250 M€ de crédits issus de la planification écologique.

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Dans ces 250 M€, 146 M€ sont dédiés à la recherche d’alternatives pour se préparer à la réduction du nombre de substances actives autorisées, premier axe d’Ecophyto. Car sur les 500 substances environ autorisées aujourd’hui en Europe, la moitié doit faire l’objet d’une réévaluation d’ici 2025.

France 2030 prévoit également 300 M€ de crédits : 210 M€ d’appels à projets déjà lancés, et 90 M€ pour un nouvel appel à manifestation d’intérêt, pour accompagner à la prise de risque. Il s’agit d’inciter au développement de « pratiques combinées », à travers l’association de leviers déjà testés, explique le ministère.

Cinq axes stratégiques

Le plan s’articule autour de cinq axes, dont l’accélération de la recherche d’alternatives, mais aussi l’accélération du déploiement des solutions agro-écologiques dans les exploitations : soutien et développement de l’agriculture biologique, déploiement des systèmes expérimentés dans le cadre d’initiatives collectives, comme les fermes Dephy.

L’axe 3 vise à mieux connaître et réduire les risques pour la santé et pour l’environnement de l’usage des produits phytopharmaceutiques. A ce titre, 20 M€ sont ainsi dédiés aux collectivités territoriales pour les accompagner dans le traitement des eaux. 

Le quatrième axe concerne la recherche, l’innovation et la formation, tandis que le cinquième axe détaille la territorialisation, la gouvernance et l’évaluation d’Ecophyto. le détail de la stratégie est consultable sur le site du ministère de l’agriculture.





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