Pas d’écran avant trois ans


Reprendre le contrôle des écrans pour remettre l’enfant au cœur de notre société. C’est la philosophie de la commission de travail sur les écrans, qui a remis son rapport au président de la République, Emmanuel Macron, mardi 30 avril 2024.

La commission, missionnée en janvier par le chef de l’État pour évaluer l’impact de l’exposition des jeunes aux écrans, a souhaité fournir aux adultes « une forme de guide » des bons usages numériques pour les enfants. 

Elle décrit « l’hyper connexion » subie des enfants et ses conséquences pour leur santé, leur développement, leur avenir. Mais aussi pour notre société en général. 

Elle rappelle que les écrans contribuent, directement ou indirectement, aux déficits de sommeil, à la sédentarité et au manque d’activité physique, à l’obésité ainsi qu’aux problèmes de vue

Elle souligne qu’il n’existe pas à proprement parler « d’addiction aux écrans »  reconnue par la science, mais que les écrans et les réseaux sociaux sont des facteurs de risque supplémentaires lorsqu’il y a une vulnérabilité préexistante chez un enfant ou un adolescent, notamment de dépression ou d’anxiété. 

Elle dénonce les risques d’enfermement provoqués par les bulles algorithmiques, et incite à déconstruire les représentations stéréotypées véhiculées sur les réseaux. Elle rappelle également que les dangers liés à la pédocriminalité n’ont jamais été aussi élevés. 

Des recommandations pour reprendre le contrôle

La commission invite les adultes à une action globale et cohérente

Nos enfants […] ont besoin de jouer, ils ont besoin que les adultes
oublient leur portable pour leur donner du temps, ils ont besoin de dialoguer avec les grands et de les
retrouver disponibles, à la maison, dans les parcs, pendant leurs activités, dans les villes comme dans
les campagnes.

Commission sur l’impact de l’exposition des jeunes aux écrans

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LA COMMISSION PRÉCONISE NOTAMMENT :

  • pas d’exposition aux écrans pour les enfants de moins de trois ans, 
  • un usage déconseillé jusqu’à six ans, ou limité, occasionnel, en privilégiant les contenus éducatifs avec un adulte,
  • une exposition modérée et contrôlée à partir de six ans,
  • pas de téléphone portable avant onze ans,
  • pas de téléphone portable avec internet avant treize ans,
  • pas d’accès aux réseaux sociaux avant quinze ans,
  • un accès uniquement aux réseaux sociaux « éthiques » après quinze ans.
Pour réduire en particulier l’exposition des plus jeunes, elle : 

  • incite à « limiter autant que possible » l’usage des téléphones portables et des téléviseurs dans les maternités
  • propose l’interdiction des ordinateurs et téléviseurs dans les crèches et les écoles maternelles, et appelle à la vigilance chez les assistantes maternelles,
  • sensibilise au concept de « technoférence », qui est l’impact de l’usage des écrans par les adultes en présence des enfants. 

Enfants et écrans : à la recherche du temps perdu

La commission dresse un état des lieux du rapport des jeunes aux écrans et développe six axes pour reprendre le contrôle et remettre l’enfant au cœur de notre société. 

Consulter le rapport

Majorité numérique à 15 ans

La commission insiste sur le rôle des industriels qui développent « des produits avec des composantes addictogènes ».

L’objet de la réunion de travail était d’aboutir rapidement à des solutions fiables et adaptées pour déployer une vérification effective de l’âge, et bloquer l’accès des mineurs aux contenus illicites, mais aussi aux menaces et dérives dont ils peuvent être victimes ou témoins. 

Dans son discours Pour un sursaut d’autorité pour combattre les causes de la violence des mineurs, le 18 avril 2024, le Premier ministre, Gabriel Attal, a fait part de sa volonté de mettre une œuvre une majorité numérique à 15 ans et agir contre l’addiction aux écransle repli sur soi.



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