Marine Le Pen reçue discrètement ce mercredi par l’ambassadeur d’Israël en France


En rencontrant Joshua Zarka, la chef de file des députés RN continue de tisser sa toile au sein des cercles diplomatiques.

Aucune communication officielle n’a été faite au sujet de cette rencontre. Ni du côté de l’entourage de Marine Le Pen, ni du côté de l’ambassade israélienne en France. Pourtant, selon une information de la radio RCJ que Le Figaro est en mesure de confirmer, la triple candidate à l’Élysée a été discrètement reçue ce mercredi par Joshua Zarka, représentant de l’État hébreu depuis 2023. Une entrevue qualifiée de «positive» par une source diplomatique citée par le média communautaire, qui précise par ailleurs qu’aucune photo des deux n’a été prise ensemble, contrairement à l’entrevue de la veille entre Marine Le Pen et l’ambassadeur du Liban, Rabih Chaer.

Avec en toile de fond les premiers pourparlers directs entre Tel-Aviv et Beyrouth aux États-Unis, en vue d’un cessez-le-feu avec le Hezbollah, fortement implanté dans le sud du Liban, la chef de file des députés RN continue de tisser sa toile au sein des cercles diplomatiques. Tentant peut-être, au passage, de ménager la chèvre et le chou. Certes, la figure nationaliste a été un soutien fidèle d’Israël dans sa volonté d’éradiquer le Hamas à Gaza, en réponse à l’attaque terroriste du 7 octobre 2023. N’avait-elle pas estimé, au printemps 2025, avant l’arrêt fragile des combats à l’automne suivant, que l’État juif «faisait ce qu’il peut dans une situation extrêmement difficile», face à «un mouvement terroriste qui se planque au milieu des civils, se cache dans les hôpitaux, les écoles, et se sert de la population civile comme bouclier humain» ?


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Mais elle a, depuis, pris ses distances avec Israël, appelant début avril la France à «protéger le Liban, sa population et sa souveraineté», alors que Beyrouth a été la cible de frappes intenses la semaine dernière. «Ce pays est une nouvelle fois la victime collatérale des tensions dans la région, subissant des bombardements massifs sur sa capitale», avait-elle écrit sur X, soutenant la proposition d’Emmanuel Macron «d’inclure le Liban dans le cadre du cessez-le-feu régional». Quelques jours plus tôt, elle reconnaissait à l’État hébreu «le droit, et même le devoir, de se défendre et d’assurer la sécurité de son territoire et de ses habitants», dans le même temps qu’elle sommait cette «seule démocratie de la région» de «respecter les règles du droit international, notamment relatif aux conflits armés».

La rencontre entre Marine Le Pen et Joshua Zarka a beau s’inscrire dans un contexte de fortes tensions au Proche-Orient, elle n’a rien d’anodin. Bien au contraire : elle permet à l’élue du Pas-de-Calais de poursuivre son opération de séduction de la communauté juive en France, très attachée à Israël, tout en cherchant à s’affranchir du poids de l’histoire de son parti en matière d’antisémitisme. Après avoir participé, avec sa mentor, à la grande marche républicaine de l’automne 2023 à Paris, Jordan Bardella s’était rendu en Israël en mars 2025, où il avait visité des sites attaqués le 7 octobre et participé à une conférence sur la haine antijuive organisée par le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Marine Le Pen, elle, a promis de s’y rendre dès qu’elle sera officiellement conviée.



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