Lukas, étudiant de 18 ans, est décédé après une soirée d’intégration alcoolisée à Compiègne


Le jeune homme aurait été forcé à boire de grandes quantités d’alcool d’une traite sous peine d’une «punition», selon sa mère, qui attend désespérément des réponses à ses questions.

Il venait tout juste d’avoir 18 ans et semblait avoir la vie devant lui. Pourtant, une soirée entre étudiants a tourné au drame pour Lukas B. fin août. Originaire du Val-de-Marne, il allait entamer sa deuxième année à l’Université de technologie de Compiègne (Oise) lorsqu’il est invité à une soirée de pré-intégration entre anciens et nouveaux membres de l’établissement dans un appartement privé le 22 août.

Là-bas, l’alcool coule à flots, au rythme des jeux proposés par les organisateurs de la soirée. Lukas, lui, ne boit presque pas selon sa mère Cinzia, interrogée par le Parisien. Malgré tout, il s’efforce de participer aux épreuves entre «les rouges et les jaunes», lui qui aime s’implique dans la vie associative de l’université.


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Cinzia reprend : «Mon fils était la mascotte du clan rouge en 2025. Le but était de faire une passation de pouvoirs entre les chefs et les mascottes de l’an passé et les nouveaux. Ils étaient huit, mais d’autres étudiants étaient présents.» Sur des vidéos de la soirée auxquelles la mère de famille a eu accès, le jeune adulte est forcé à boire de grandes quantités d’alcool d’une traite sous peine d’une «punition».

«Pour moi, c’est du bizutage»

«Lukas ne buvait presque pas. Il n’était pas habitué et l’avait dit aux autres. Pour moi, c’est du bizutage», s’émeut Cinzia, qui assure que son fils se serait exécuté pour ne pas décevoir les autres étudiants. À 22 heures, la soirée se termine et l’étudiant en deuxième année est raccompagné à son studio par des amis. Il se couche seul chez lui selon nos confrères du Parisien.

C’est là que les ennuis commencent… «À 2 heures du matin, il a appelé le Samu. Il n’allait pas bien», confie sa mère. «Il a été transporté aux urgences du centre hospitalier de Compiègne à 3 heures». Arrivé sur place, il est installé dans un lit où il s’endort, jurant de ne plus jamais boire de sa vie. «À 5 heures, l’infirmière est passée et a constaté qu’il respirait. À 6 heures, quand elle est revenue, il ne respirait plus. Sa mort n’a été déclarée qu’à 9 heures», relate Cinzia.

À ce jour, les causes de la mort de Lukas B. ne sont toujours pas connues. Contacté par Le Figaro, le parquet de Compiègne indique qu’«une enquête en recherche des causes de la mort a bien été ouverte suite au décès de ce jeune homme dans la nuit du 23 août dernier, et confiée au service local de police judiciaire du commissariat de police de Compiègne». Selon cette même source, une autopsie a été pratiquée et a permis d’exclure toute intervention d’un tiers. «La recherche des causes de la mort est toujours en cours», conclut le ministère public.

Une plainte contre X déposée

De son côté, la famille a indiqué avoir déposé plainte contre X la semaine dernière, bien que le parquet de Compiègne n’en a pas été informé pour le moment. «Le commissariat n’a reçu aucune plainte directement au service et je n’ai pas encore eu connaissance d’une plainte déposée au parquet pour l’instant, mais il est possible qu’elle ait été déposée sur le lieu de domicile et donc en transit vers nos services», confirme Caroline Gaziot, procureur de la République.


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«On attend toujours les résultats toxicologiques (…) On ne sait pas de quoi notre fils est mort. Il pratiquait le volley-ball à haut niveau, faisait des électrocardiogrammes, voyait un médecin. Il n’avait pas d’allergie connue, pas de problème de santé. Je veux savoir ce qu’il s’est passé. Je veux savoir ce qui l’a tué», s’étrangle Cinzia, qui n’a su que dix heures après les faits que son fils était décédé, par le père d’un des amis de Lukas. «Lukas venait tout juste d’avoir 18 ans. Son anniversaire était en juin. Il nous manque, il manque à son petit frère», conclut la mère endeuillée.

Après ce drame, une cellule psychologique a été ouverte par l’université, qui a rendu hommage au jeune homme en mettant notamment en place une minute de silence à la rentrée. La direction assure de son côté ne pas avoir été mise au courant de la soirée et de son déroulement, les étudiants étant majeurs et la fête ne s’étant pas déroulée dans l’enceinte de l’établissement. L’UTC rappelle par ailleurs qu’elle a fait partie des premières écoles à interdire le bizutage en France.



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