départ entre 63 et 65 ans, décote, capitalisation… Bruno Retailleau dévoile sa réforme


Invité mardi soir sur LCI, le candidat LR à la présidentielle veut lier l’âge de départ à l’espérance de vie pour éviter «un psychodrame» tous les dix ans.

Couper l’herbe sous le pied d’Édouard Philippe. Tel était l’objectif que s’était fixé le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau, pour tenter de rattraper son retard dans les sondages sur son concurrent Horizons, qui tarde à sortir du bois sur sa réforme des retraites. Une clarification d’autant plus retardée que, si le maire du Havre voulait détacher le sparadrap des 67 ans que ses adversaires lui collent à la peau, l’émission «L’Heure de vérité» où il devait la présenter jeudi prochain a été décalée au 8 octobre pour cause d’interview présidentielle. De quoi constituer une fenêtre de tir pour le patron des Républicains, qui a vu dans cette brèche une aubaine pour se relancer. Car depuis la suspension de la réforme Borne au printemps 2026, dont le sort a été renvoyé à la présidentielle, la question des retraites promet d’animer la campagne.

Avec l’ambition de «sauver le régime de retraite pour les retraités», non seulement pour «qu’ils ne soient pas appauvris aujourd’hui et demain», mais aussi pour les jeunes générations, le sénateur vendéen veut allier «liberté» et «responsabilité». Et ce, autour de deux âges. D’abord, un «âge minimal de départ» fixé à 63 ans, assorti d’exceptions pour les cas de pénibilité, de carrières longues, de maladie ou de handicap, des critères que Bruno Retailleau s’engage à «remettre à la discussion dans les branches et avec les partenaires sociaux» pour déterminer les professions concernées. Et pour cause : «Quand on travaille avec un marteau-piqueur sur la voie publique, c’est pas pareil lorsqu’on travaille dans un bureau», a-t-il précisé.


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Une décote de 7% par an en cas de départ à 63 ans

Hors de ces exceptions, chacun resterait libre de partir dès 63 ans, mais au prix d’une décote de «7 % par an». Deuxième niveau d’âge, 65 ans. «Même si vous n’avez pas toutes vos annuités, tous vos trimestres, vous pourrez partir en retraite avec un taux de retraite plein (…), une retraite pleine», fait savoir l’ex-ministre de l’Intérieur. Dit autrement : «En partant avant, vous êtes libre, mais votre retraite sera plus petite, et à 65 ans, c’est important, vous partirez avec une retraite pleine», et non à 67 ans comme actuellement. Une mesure qui bénéficiera, à l’entendre, aux femmes, «et notamment aux mères de famille», souvent contraintes d’attendre cet âge en raison de «carrières hachées».

En revanche, Bruno Retailleau a prévenu que cet âge de 65 ans pourra «bouger», voulant établir une relation «entre l’âge de départ à taux plein et l’espérance de vie». Un lien déjà inscrit dans le Code du travail par la loi Fillon de 2003. En clair, si l’espérance de vie augmente, l’âge de départ à taux plein progressera également. Manière selon lui d’éviter «un psychodrame» tous les dix ans.

Plus largement, sa réforme doit permettre de «sauver la retraite par répartition » et de faire «40 milliards d’économies en cumulé sur cinq ans». Le patron de LR propose également l’introduction d’une retraite par capitalisation pour les nouvelles générations. «C’est fondamental pour les jeunes mais aussi pour nos entreprises si, demain, on ne veut pas que ce soient des fonds américains ou étrangers qui les rachètent», a fait valoir Bruno Retailleau. Et d’insister : «Ce qui est important, c’est que ce pilier-là de la capitalisation, ce n’est pas pour aujourd’hui, ce n’est pas pour les retraités d’aujourd’hui



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