les États-Unis seraient parvenus à secourir un pilote


Selon CBS et CNN, citant deux responsables américains, un membre d’équipage a été sauvé lors d’une opération de secours. Contrairement aux premières affirmations iraniennes, l’appareil américain serait un F-15E, avec deux membres d’équipage, et non un chasseur furtif F-35.

Une terrible course contre la montre s’est engagée ce vendredi pour retrouver les deux membres d’équipage d’un chasseur américain – très certainement un F-15 – abattu en Iran, une première depuis le début de la guerre. Selon Axios et CBS News, qui citent chacun anonymement deux responsables américains, un pilote aurait été secouru avec succès lors d’une opération de sauvetage, mais les recherches se poursuivent pour localiser son équipier.

La police et l’armée iraniennes, de leur côté, ont également lancé des recherches. Une image d’un siège éjectable (sans le pilote) correspondant à celui d’un F-15 a également été publiée par les médias iraniens. «Si vous capturez le ou les pilotes ennemis vivants et les remettez à la police et aux forces armées, vous recevrez une généreuse récompense», a indiqué la police, d’après le message lu à l’antenne de la télévision iranienne.


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Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montraient dès la mi-journée le déploiement d’importants moyens aériens américains – avions de recherche et de sauvetage HC-130J, hélicoptères d’attaque Black Hawk accompagnés d’avions ravitailleurs KC-130, avion d’attaque au sol A-10, drones MQ-9 – dans la région iranienne du Khouzistan, frontalière du Koweït. Une localisation cohérente avec les déclarations de la police iranienne qui affirme, dans un communiqué cité par la télévision d’État, que l’avion aurait été ciblé alors qu’il survolait le centre de l’Iran avant d’être abattu dans la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad, juste à l’est du Khouzistan.

«Se planquer et se signaler»

Selon un pilote de chasse occidental interrogé par l’AFP, la première chose à faire en cas d’éjection au-dessus d’un territoire hostile, «c’est de se planquer et d’essayer de se signaler à ses camarades». Pour cela, chaque pilote porte un gilet de combat contenant une balise codée radio-GPS afin de transmettre sa position et des procédures pour rejoindre «une zone préférentielle» en cas d’éjection peuvent avoir été mises en place.

Tout a commencé ce vendredi dans la matinée lorsque l’agence de presse iranienne Fars, dépendant du corps des gardiens de la révolution, a annoncé que l’armée idéologique du régime était parvenue à abattre un F-35, «complètement détruit» et qui se serait «écrasé». Sauf que les images publiées à l’appui par les Iraniens ont rapidement montré que les débris retrouvés correspondaient en réalité à ceux d’un avion de chasse F-15, qui appartient à une génération antérieure au F-35, et plus probablement d’un F-15E Strike Eagle, la version modernisée de l’Eagle. Il s’agit d’un avion biplace capable de frappes au sol (alors que le F-15 était dédié à la supériorité aérienne), avec un officier chargé des systèmes d’armes assis à l’arrière du pilote.

Premier chasseur abattu par l’Iran

«Les débris retrouvés sont concordants avec un appareil de ce type, tandis que le paysage ne colle pas avec l’hypothèse d’un « recyclage » d’images de débris des F-15E abattus par erreur au Koweït il y a quelques semaines», analysait dans la matinée le chercheur associé de la Fondation pour la recherche stratégique, Étienne Marcuz. «De par sa structure, il ressemble certainement à un F-15, et d’après les marquages de la bande décorative sur la queue, il appartient à la 48e escadre de chasse, basée à la RAF Lakenheath au Royaume-Uni», a précisé à CNN Peter Layton, chercheur au Griffith Asia Institute.

C’est la première fois depuis le début de la guerre que l’Iran parvient à abattre un chasseur américain, même si trois F-15 avaient déjà été détruits dès le 2 mars, mais en raison d’un «tir ami» causé par la défense aérienne koweïtienne. Le 19 mars dernier, les Iraniens sont pour le coup parvenus à toucher un chasseur furtif F-35 qui menait une opération de combat au-dessus de l’Iran. Une vidéo montre bien l’appareil visé par un missile antiaérien.


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Si Téhéran affirme avoir abattu l’avion, les États-Unis reconnaissent qu’il a subi des dommages et que le pilote a été blessé, mais contestent sa destruction. La semaine dernière, les Iraniens sont parvenus à détruire un rare et précieux avion de détection et de commandement AWACS E-3 Sentry lors d’une attaque de drone sur la base aérienne de Prince Sultan en Arabie saoudite. Depuis le début de la guerre, aucun soldat américain n’a été tué ou fait prisonnier sur le sol iranien, mais treize militaires sont morts dans plusieurs pays de la région.

Contrôle du ciel iranien

«L’appareil effectuait-il une passe de bombardement à basse altitude, comme on l’a trop vu ces derniers temps ? Ou évoluait-il à haute altitude ?», s’interroge Étienne Marcuz, qui précise : «Cette dernière hypothèse serait la plus inquiétante, puisque les bombardiers stratégiques B-52H viennent de recevoir l’autorisation par l’US CENTCOM d’effectuer des missions de bombardement en survolant le territoire iranien». En creux, se pose la question du contrôle du ciel iranien par les États-Unis, que Donald Trump décrit comme total : l’est-il, ou se limite-t-il à la haute altitude ? Les Iraniens disposent-ils encore de moyens anti-aériens, notamment des MANPADS, ces missiles tirés à l’épaule, capables d’opérer à basse altitude ?

La confusion est d’autant plus grande que, préalablement, ce jeudi, les gardiens de la révolution ont affirmé avoir abattu un autre « avion de chasse ennemi de pointe » – sans préciser s’il s’agissait d’un F-35 – cette fois au-dessus du détroit d’Ormuz, entre les îles de Qashm et de Hengam. Aucune image n’a été publiée par les médias iraniens à l’appui de cette théorie. Dans un message de «vérification des faits» publié dans la foulée sur X après cette revendication, le CENTCOM américain (le centre de commandement responsable des opérations militaires au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Asie du Sud) a affirmé que «tous les avions de chasse américains étaient comptabilisés» et que «le corps des gardiens de la Révolution avait formulé la même fausse allégation au moins six fois». En revanche, concernant la perte possible d’un F-15, le CENTOM n’a pas réagi officiellement à cette heure.



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