Les 12 plus grandes énigmes de l’histoire de l’art


Des œuvres étranges dont on ignore le but, un modèle mystérieux dont on ne connaît pas l’identité, des peintures volatilisées… De l’océan Pacifique à l’Égypte, de la Préhistoire à l’époque contemporaine, de nombreuses énigmes artistiques et archéologiques fascinent experts et amateurs depuis des décennies, voire des siècles. Si certaines sont aujourd’hui en partie résolues, d’autres demeurent totalement indémêlables !

Géoglyphes de Nazca, statues de l’île de Pâques… : le but et la signification de certains ouvrages reste indéchiffrable. D’autres, comme les pyramides d’Égypte, sont des prouesses architecturales difficiles à expliquer. Certains, comme le panneau de l’Agneau mystique, demeurent introuvables après leur vol. D’autres encore, comme la Joconde ou le Salvator Mundi, n’ont pas livré tous leurs secrets. Les artistes eux-mêmes sont des sujets d’enquête, qu’il s’agisse de Vincent van Gogh ou de Caravage, dont la mort n’est pas totalement élucidée, ou de Banksy, dont l’identité reste savamment cachée depuis plus de trente ans… Voici notre top 12 des plus grands casse-tête de l’histoire !

Comment les Égyptiens ont-ils bâti les pyramides ?

Les pyramides de Mykérinos, Khéphren et Khéops à Gizeh

Les pyramides de Mykérinos, Khéphren et Khéops à Gizeh

i

Édifiées il y a 4 000 ans, les pyramides de Gizeh, tombes monumentales des pharaons de l’Ancien empire égyptien, figurent parmi les plus grandes prouesses architecturales connues. Composées de blocs de pierre pesant chacun plusieurs tonnes et de parements lisses en pierre, elles comportent certains éléments monolithiques lourds de 73 tonnes. Le poids colossal des matériaux, qui interroge sur la façon dont ils ont pu être transportés puis soulevés sur plusieurs dizaines de mètres, ainsi que l’extrême précision (de l’ordre de 0,005 millimètres) dans la taille des blocs, leur lissage et leur agencement, laissent pantois : à ce jour, on ne sait toujours pas exactement comment les Égyptiens ont réussi cet exploit avec les outils simples de l’époque ! Si les experts ont récemment découvert des indices de l’utilisation de « rampes » et d’un canal fluvial pour transporter les blocs, tout est encore loin d’être expliqué…

Quel secret cache la Joconde ?

Léonard de Vinci, La Joconde

Léonard de Vinci, La Joconde, vers 1503–1519

i

Huile sur bois • 77 × 53 cm • Coll. musée du Louvre, Paris

Qui est cette femme sibylline aux longs cheveux noirs, qui baigne dans une brume mystique ? Pourquoi ce sourire mystérieux ? La Joconde, peinture la plus célèbre au monde depuis son vol en 1911, incarne à elle seule tout le secret qui entoure la vie et l’œuvre de l’artiste toscan et génie de la Renaissance Léonard de Vinci (1452–1519). L’identité du modèle est longtemps restée un mystère, mais la plupart, y compris le musée du Louvre, s’accordent aujourd’hui à dire qu’il s’agit de Lisa del Giocondo, née Gherardini (1479–1542), épouse d’un marchand d’étoffes florentin, qui aurait commandé l’œuvre à Léonard – ce que semblent confirmer plusieurs documents. Mais alors, pourquoi l’artiste a-t-il accordé une si grande importance à ce portrait entamé en 1503, au point de l’avoir emmené dans ses bagages en France, chez son hôte François Ier, et de l’y avoir fignolé jusqu’à sa mort en 1519 ? L’affection (ou obsession ?) particulière que le peintre semblait nourrir pour cette œuvre suggère à certains que le modèle aurait pu être Gian Giacomo Caprotti, dit Salaì, son assistant androgyne et probable amant. Selon le chercheur Silvano Vinceti, le peintre aurait mélangé les visages de Lisa et de Salaì, peut-être dans le cadre d’un questionnement sur l’androgynie et la recherche d’un être parfait, mi-homme, mi-femme. Ce qui expliquerait son air sibyllin !

Comment est mort Caravage ?

Caravage, Judith décapitant Holopherne

Caravage, Judith décapitant Holopherne, vers 1599

i

Huile sur toile • 145 × 195 cm • Coll. Palazzo Barberini • © Luisa Ricciarini / Bridgeman Images.

Condamné à mort par le pape pour avoir tué un jeune homme lors d’un duel en 1606, le peintre bagarreur et génie du clair-obscur Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Caravage (1571–1610), s’était lancé dans une cavale à travers l’Italie. En 1610, il tente de regagner Rome, où le pape s’apprête enfin à signer sa grâce. Mais l’artiste de 38 ans rate son bateau et fait un malaise dans le petit port italien de Porto Ercole. Délirant et frissonnant de fièvre, il est transporté dans un hôpital voisin, où il pousse son dernier soupir. Insolation, paludisme, meurtre, empoisonnement au plomb contenu dans sa peinture… De nombreuses hypothèses ont été avancées quant aux causes de son décès. Finalement, en 2018, des analyses scientifiques et comparaisons d’ADN menées sur un squelette exhumé en 2010 dans l’ancien cimetière de cet hôpital ont permis de conclure qu’il s’agissait bien de lui… Et que le peintre serait mort des suites d’une septicémie à staphylocoque doré, conséquence d’une infection osseuse, elle-même due à une blessure à la jambe survenue quelques jours auparavant, lors d’une bagarre à Naples ! Mais l’objet de cette énième escarmouche reste inconnu…

Lire aussi article :  Val'Fumier - Une carte interactive pour valoriser le fumier équin auprès des agriculteurs

Qui est Banksy ?

Banksy, Rage, The Flower Thrower (Love is in the Air)

Banksy, Rage, The Flower Thrower (Love is in the Air)

i

Mural dans la banlieue de Bethléem en Palestine

L’identité du street artiste qui se cache derrière le pseudonyme de Banksy demeure un grand mystère. Outre son talent et son sens de la provocation, l’homme a accompli l’exploit, à une époque où il est de plus en plus difficile de se cacher, d’être à la fois anonyme et célèbre dans le monde entier. Depuis ses débuts à Bristol dans les années 1990, personne (hormis un ancien assistant, et peut-être un ou deux autres complices) ne connaît son nom ni n’a vu son visage ! Serait-il Robert Del Naja, l’un des membres du groupe Massive Attack, Jamie Hewlett, cofondateur du groupe Gorillaz, le graffeur bristolien Robin Gunningham, ou un certain Robbie Banks ? Appuyées tantôt sur une cartographie de ses œuvres et les dates d’apparition de ces dernières, tantôt sur un vieil enregistrement exhumé en 2023, les spéculations vont bon train depuis plus de trente ans. Si certains prétendent avoir résolu l’énigme, il ne s’agit que de théories farfelues ou de suppositions sans preuves. Tant mieux, puisque c’est justement ce mystère qui fait toute la force de Banksy !

Où est passé le panneau volé de l’ Agneau mystique ?

Jan van Eyck, Retable de l’Agneau mystique

Jan van Eyck, Retable de l’Agneau mystique, 1432

i

huile sur bois de chêne • 340 × 520 cm • Coll. cathédrale Saint-Bavon, Gand

Le monumental retable de l’Agneau mystique (1432), chef-d’œuvre des frères Hubert et Jan van Eyck classé patrimoine mondial de l’UNESCO, a connu de nombreuses mésaventures. La plus mystérieuse reste le vol irrésolu de deux de ses panneaux en 1934. Le 11 avril 1934, ceux des Juges intègres et de Saint Jean Baptiste (en bas à gauche du polyptyque) se volatilisent de la cathédrale Saint-Bavon à Gand, en Belgique. À partir du 1er mai, des lettres anonymes réclament un million de francs en échange de leur restitution. Pour prouver qu’il est en leur possession, le receleur rend le panneau de Saint Jean-Baptiste en le laissant dans une consigne de gare. Une rançon de 25 000 francs lui est versée, mais pas le million demandé. L’affaire stagne, jusqu’à ce que le 25 novembre, un agent de change, Arsène Goedertier, confesse sur son lit de mort être le seul à savoir où se trouve le deuxième panneau. Chez lui, on retrouve les doubles des lettres anonymes et le brouillon d’une quatorzième. Malgré de nombreuses pistes et théories plus ou moins farfelues, et même une enquête missionnée par Adolf Hitler, la peinture n’a jamais été retrouvée…

Van Gogh s’est-il vraiment suicidé ?

Vincent Van Gogh, Autoportrait à l’oreille bandée

Vincent Van Gogh, Autoportrait à l’oreille bandée, janvier 1889

i

Huile sur toile • 60 × 49 cm • Coll. Courtauld Gallery, Londres

Le 27 juillet 1890, la famille Ravoux, tenanciers de l’auberge où loge Vincent van Gogh (1853–1890) à Auvers-sur-Oise, s’inquiètent : Vincent n’est pas descendu pour le dîner. Ils le trouvent dans sa chambre, baignant dans une mare de sang : alors qu’il peignait dans un champ, le peintre a reçu une balle de revolver dans la poitrine, puis a rejoint son lit sans rien dire… « Je me suis blessé », souffle-t-il. Le 29 à 1h30 du matin, il expire, emportant son secret dans sa tombe. Était-ce un accident ? Ou s’est-il suicidé ? Tout le monde penche pour cette deuxième hypothèse, l’artiste étant connu pour son tempérament tourmenté, qui l’avait déjà poussé à se trancher l’oreille. Mais comment expliquer son comportement normal au déjeuner le jour du drame, l’absence de lettre d’adieu, et l’emplacement de la balle, étrange pour un suicide ? Dans les années 1960, un pistolet rouillé est retrouvé dans le champ où il peignait ce jour-là. Malgré le relatif consensus actuel en faveur de la théorie du suicide, des biographes américains de l’artiste pensent que deux garçons du village auraient tiré sur lui, et que Vincent se serait tu pour les protéger, acceptant son destin tel un martyre…

Lire aussi article :  Phytosanitaires - L’UE épinglée sur l’évaluation des risques phytosanitaires

Le Salvator Mundi a-t-il été peint par Léonard de Vinci ?

Léonard de Vinci, Salvator Mundi (« Le Sauveur du Monde »)

Léonard de Vinci, Salvator Mundi (« Le Sauveur du Monde »), vers 1500

i

Huile sur bois • 66 × 45 cm • Coll. Louvre Abu Dhabi

Le regard impassible de ce mystérieux Christ « Sauveur du monde » semble nous défier. Est-il de la main de Léonard de Vinci, ou bien une gigantesque arnaque ? Acheté une bouchée de pain en 2005 dans une obscure vente aux enchères américaine, puis attribué, après restauration, au célèbre maître de la Renaissance italienne par la National Gallery de Londres, le Salvator Mundi (1490–1500) s’était vendu chez Christie’s New York au prix mirobolant de 450 millions de dollars… Devenant ainsi le tableau le plus cher de toute l’histoire ! Sauf que depuis, son statut a été remis en cause par de nombreux experts et films documentaires qui le présentent comme une pure « fabrication » ayant impliqué une restauratrice douée et des hommes d’affaires rusés. En 2019, l’œuvre n’était finalement pas incluse dans l’exposition blockbuster du Louvre consacrée à Léonard. Selon les rumeurs, son propriétaire serait Mohammed ben Salmane, prince héritier d’Arabie saoudite. Ce dernier serait en train d’ériger un musée pour l’accueillir. L’occasion, peut-être, d’aller se faire sa propre idée !

Quel est le sens des géoglyphes de Nazca ?

Géoglyphe de l’araignée à Nazca

Géoglyphe de l’araignée à Nazca

i

© Jon Arnold Images / hemis

À ce jour, 358 géoglyphes ont été identifiés à Nazca, fameux site antique situé en plein désert péruvien. Appréciables seulement depuis les airs, ces immenses dessins aux lignes étranges, représentant des figures humaines ou des animaux, et dont le plus grand mesure 93 mètres de long, constituent l’un des plus grands mystères de l’archéologie. Pour les réaliser, les Nazcas (une civilisation pré-inca qui s’est développée entre l’an – 300 et la fin du VIIIe siècle) ont tracé des sillons de 30 à 40 centimètres de large, en retirant des roches et des cailloux qui révèlent la couleur du sol gypseux situé sous le sable rougeâtre. La signification et le but de ces grands dessins classés au patrimoine de l’UNESCO demeurent un casse-tête. Rituels chamaniques, calendrier astronomique, offrandes aux dieux du ciel… De nombreuses explications ont été avancées, y compris l’idée d’un message adressé aux extraterrestres, et même l’hypothèse (encore plus farfelue) de pistes d’atterrissage destinées à de mystérieux vaisseaux !

Qui était la Jeune Fille à la perle peinte par Vermeer ?

Johannes Vermeer, La Jeune fille à la perle

Johannes Vermeer, La Jeune fille à la perle, vers 1665

i

Huile sur toile • 44,5 cm × 39 cm • Coll. Mauritshuis, La Haye

De trois quarts, une jeune fille tourne vers le spectateur des yeux clairs et limpides. Son visage pur se détache sur le fond sombre. La tête emmaillotée dans un turban bleu et jaune, les lèvres humides et entrouvertes, et une perle luisante suspendue à son oreille, cette jeune fille s’avère à la fois très sensuelle et d’une innocence confondante. La Jeune Fille à la perle (vers 1665) est aujourd’hui l’œuvre la plus célèbre du peintre néerlandais Johannes Vermeer (1632–1675), mais personne ne sait qui est cette gracieuse beauté, ni quelle était la nature de la relation qui la liait à l’artiste. Inspirée par ce mystère, l’écrivaine Tracy Chevalier en a tiré un best-seller, qui imagine que la jeune fille était une servante dont le peintre se serait épris. Ce roman a été adapté au cinéma par Peter Webber, avec Colin Firth et Scarlett Johansson, qui a été révélée par ce rôle. Mais cette histoire séduisante ne reste qu’une hypothèse très romanesque !

Lire aussi article :  La France doit devenir le champion mondial de l'hydrogène vert

Pourquoi les moaï de l’île de Pâques ont-ils été érigés ?

Alignement des statues Moai, Ahu Tongariki, Île de Pâques

Alignement des statues Moai, Ahu Tongariki, Île de Pâques

i

© Richard Soberka / hémis

Précieux témoignages d’une civilisation disparue, la tribu polynésienne Rapa Nui, qui les a sculptés il a 500 ans, les moaï représentent l’un des plus grands mystères archéologiques de l’humanité. Pourquoi ces étranges colosses de pierre à silhouette humaine et au visage surdimensionné se dressent-ils ainsi sur une île en plein milieu de l’océan Pacifique, disposés en rang à intervalles réguliers, le dos tourné à la mer ? Et comment ont-ils été érigés ? Ces statues, qui peuvent atteindre vingt mètres de haut et peser jusqu’à 80 tonnes, ont été façonnées dans des carrières puis acheminées sur plusieurs kilomètres jusqu’à leur emplacement final grâce à des techniques qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets. D’après les scientifiques, il aurait fallu un an et 30 hommes pour en sculpter un de douze mètres de haut, et deux mois et 90 hommes pour le déplacer sur six kilomètres ! De nombreux troncs d’arbres coupés auraient été utilisés pour les faire rouler, entraînant un déboisement qui serait peut-être à l’origine de l’extinction de ce peuple. Mais quel était le but de ces constructions qui ont demandé tant d’efforts ? Le mystère reste entier…

Quelle était la fonction des grottes ornées de la Préhistoire ?

La caverne du Pont d’Arc, réplique exacte de la grotte Chauvet

La caverne du Pont d’Arc, réplique exacte de la grotte Chauvet

i

Aux quatre coins du monde se trouvent des grottes ornées, dont certaines ont été décorées plus de 35 000 ans avant notre ère. On y observe des signes abstraits, des empreintes de mains, et surtout des animaux. Dans les grottes françaises, aucun humain n’est représenté. Dans quel but ces mystérieuses œuvres d’art, peintes au fond de galeries sombres et difficiles d’accès, ont-elles été réalisées ? Plusieurs théories s’affrontent. Serait-ce l’élément d’un rituel magique pour garantir une chasse fructueuse ? Problème : les animaux représentés ne sont pas ceux qui étaient consommés. S’il s’agit d’œuvres motivées par le simple plaisir de peindre, pourquoi les artistes n’ont-ils représenté aucun humain ni aucune scène quotidienne ? S’agirait-il plutôt de représentations de mythes, dans le cadre d’une pratique chamanique, pour communiquer avec les esprits de la nature lors de rituels ? Si l’on penche plutôt pour cette dernière hypothèse, les détails de ces mythes supposés nous sont totalement inconnus…

Où se trouvent les œuvres volées à Boston en 1990 ?

À gauche, place initiale de l’œuvre de Rembrandt, « Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée » , aujourd’hui laissée vide au Isabella Stewart Gardner de Boston. À droite, Chez Tortoni, Édouard Manet, 1875.

À gauche, place initiale de l’œuvre de Rembrandt, « Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée », aujourd’hui laissée vide au Isabella Stewart Gardner de Boston. À droite, Chez Tortoni, Édouard Manet, 1875.

i

26 × 34 cm • © Opencooper / © Alter Meister / Gardner Museum

Il s’agit du plus grand cambriolage de l’histoire de l’art. Dans la nuit du 17 au 18 mars 1990 au musée Isabella Stewart Gardner de Boston, treize chefs-d’œuvre, dont Le Concert de Vermeer (vers 1666), Chez Tortoni d’Édouard Manet (vers 1875), cinq Edgar Degas et un dessin de Rembrandt, ont été dérobés. Déguisés en policiers et faisant croire à une intervention, les voleurs avaient ligoté et menotté les gardiens avant de découper grossièrement les toiles – un butin estimé à 200 millions de dollars à l’époque, mais qui dépasserait aujourd’hui le milliard ! D’étranges indices amènent à penser que l’un des gardiens était complice, mais rien d’assez probant ne permet de l’arrêter. Après l’exploration de plusieurs pistes, menant notamment à la mafia de Boston, les tableaux demeurent toujours introuvables, près de 35 ans après les faits. Et ce malgré le dépassement du délai de prescription, et une récompense de 10 millions de dollars offerte par le FBI à qui rendra ces trésors…



Source link