la liberté pleine accordée à une ex-juge détenue pour des motifs politiques


La magistrate avait été condamnée à la fin des années 2000 après que l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez eut publiquement demandé 30 ans de prison à son encontre pour avoir libéré un banquier anti-chaviste accusé de fraude.

L’ex-juge Maria Lourdes Afiuni, emprisonnée en 2009 puis placée en liberté conditionnelle depuis 2013 dans le cadre d’une affaire symbole de l’absence de séparation des pouvoirs au Venezuela, bénéficie d’une pleine liberté, a annoncé sa famille dans un communiqué vendredi.

La décision de justice survient sept mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine et alors que pouvoir et opposition ont entamé jeudi, sous la supervision des États-Unis, un dialogue que beaucoup espèrent voir déboucher sur une transition politique et des élections.


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«La famille de la juge Maria Lourdes Afiuni Mora accueille avec satisfaction la décision qui met fin de manière définitive à la procédure engagée contre elle et lui restitue pleinement sa liberté, en clôturant officiellement une affaire qui n’aurait jamais dû exister», a écrit son frère Nelson Afiuni dans un communiqué. Elle est très malade, selon sa famille.

«La fin d’un long et douloureux chapitre»

La magistrate avait été condamnée à la fin des années 2000 à l’issue d’une procédure qualifiée d’«arbitraire» par l’ONU après que l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez eut publiquement demandé 30 ans de prison à son encontre pour avoir libéré un banquier anti-chaviste accusé de fraude.

«Ce dénouement représente la fin d’un long et douloureux chapitre marqué par de graves violations des droits humains et du droit à un procès équitable. Pendant des années, la juge Afiuni et sa famille ont subi les conséquences d’une persécution qui a dépassé la sphère personnelle pour devenir un symbole incontestable de la dégradation de l’indépendance judiciaire au Venezuela», affirme Nelson Afiuni. «Aucun juge ne doit plus jamais faire face à la prison, à la persécution, à l’humiliation ou aux menaces pour avoir accompli son devoir. (…) Nous espérons que cette clôture définitive marque le début d’une réflexion indispensable sur la nécessité de reconstruire l’indépendance judiciaire au Venezuela», déclare-t-il.

Des centaines de prisonniers politiques ont été libérés depuis la capture de Nicolas Maduro mais bien d’autres restent détenus selon leurs familles et les organisations qui les défendent.



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