Pour Emmanuel Macron, l’ancien premier ministre décédé lundi «avait consacré sa vie à la Ve République».
L’hommage de la classe politique est à la hauteur de l’envergure du personnage et de son parcours. La mort de l’ancien premier ministre Édouard Balladur, disparu lundi à Paris à l’âge de 97 ans, a suscité une pluie de réactions dès qu’elle a été annoncée dans la soirée. À commencer par Emmanuel Macron : dans un message sur X, le président de la République a salué un «serviteur exigeant, mesuré, dévoué» d’une France qu’il «avait au cœur» et d’une Ve République à laquelle «il a consacré sa vie».
Même prise de hauteur historique pour l’actuel hôte de Matignon, Sébastien Lecornu, indiquant que «de ses débuts auprès de Georges Pompidou, jusqu’à son accession à Matignon», Édouard Balladur fut «une figure majeure de notre vie publique.» De lui, l’actuel hôte de Matignon gardera également le souvenir d’un «homme d’État, à l’esprit réformateur», qui «restera une référence pour beaucoup d’hommes et de femmes de sa famille politique.»
Du côté de la droite, Nicolas Sarkozy confie avoir «perdu un homme qui fut pour (lui) un exemple, un mentor et un ami», Édouard Balladur lui ayant mis le pied à l’étrier en 1993 en le nommant porte-parole et ministre du Budget de son gouvernement. Un lien politique et personnel si étroit qu’il conduira le jeune loup du RPR à le choisir pour la présidentielle de 1995, aux dépens de Jacques Chirac. Habité par «un profond chagrin», l’ex-président fait savoir qu’il «n’aurait pas eu la carrière politique qui fut la (sienne) sans (la) confiance et sans (l’)amitié» d’Édouard Balladur. «Il s’est tenu auprès de moi dans les bons moments comme dans les épreuves, et son affection ne m’a jamais manqué», poursuit Nicolas Sarkozy, pour qui ce «départ laisse un vide immense.»
Son lointain successeur à la tête des Républicains, Bruno Retailleau, dépeint Édouard Balladur comme «l’un de ces hommes politiques qui se font une haute opinion des électeurs parce qu’ils se font une noble idée de la France», dont l’ambition était davantage de «convaincre» que de «séduire». Dans les rangs du bloc central, les éloges se multiplient également. Pour le candidat Renaissance à la présidentielle, Gabriel Attal, Édouard Balladur aura «marqué plus d’un demi-siècle de vie publique française» et laisse la République orpheline d’un «grand serviteur».
Dans la même veine, le patron du MoDem, François Bayrou, retient chez Édouard Balladur «le sens de l’État». «Son gouvernement, de 1993 à 1995, réunissait des tempéraments différents qui avaient tous le sens de la liberté et qui croyaient à la réforme. Il partageait avec eux l’idée qu’on pouvait changer les choses et l’ardeur de la modération», se souvient la figure centriste, qui fut son ministre de l’Éducation durant cette période de cohabitation. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet insiste, quant à elle, sur l’attachement de l’ancien premier ministre à «une haute idée de nos institutions et de la responsabilité de ceux qui les servent.»
Du côté de la droite nationaliste, enfin, Jordan Bardella, décrit Édouard Balladur comme «un homme d’État, conscient que notre pays, pour rester maître de ses choix et de son destin, doit maîtriser ses finances publiques». «Encore récemment, il plaidait résolument et lucidement pour que la France, sur les questions migratoires, retrouve sa souveraineté nationale et reprenne le contrôle», ajoute le président du RN. Marine Le Pen se montre elle aussi élogieuse, saluant «un homme d’État qui aura marqué la vie publique française, qui aura porté avec constance ses convictions et sa conception du service de la République et qui aura toujours su faire preuve d’un respect du débat démocratique».
Un hommage assumé de la part de la quadruple candidate à l’Élysée, «au-delà des désaccords politiques» qui opposaient le FN, devenu RN, à Édouard Balladur dans les années 1990. Reste le patron de l’UDR, Éric Ciotti, qui voit en Édouard Balladur une «vigie de la République» et «l’un de ses plus grands premiers ministres». Tenant d’une ligne libérale, le maire de Nice (Alpes-Maritimes) déplore également son échec en 1995 : «L’élection de cet immense homme d’État aurait changé le destin de la France et engagé des réformes indispensables à la modernisation de notre nation. La France a alors pris le chemin d’une forme d’immobilisme», se désole-t-il.
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