Gamekyo : Blog : [test] Earthworm Jim



Ver de rage !
Quand on évoque Earthworm Jim à un vieux joueur, ce dernier va logiquement penser au génie de David Perry, au talent incontestable de Douglas TenNapel, bref à cette équipe de fous furieux de Shiny Entertainment qui au milieu des années 1990 distribuaient du hit (ou du gros jeux) à foison, à grand renfort d’animation qu’on qualifiait à l’époque de révolutionnaire.
Earthworm Jim, c’est un peu le porte-étendard de cette glorieuse époque, un maître-étalon qui posa définitivement son créateur dans la légende des développeurs.
Tout çà c’est bien beau, mais que vaut encore cette version Megadrive près de 30 ans après sa sortie ?


Le test n’a pas été fait sur Megadrive, mais sur l’Evercade EXP avec une cartouche Interplay Collection. Voilà mon setup.

Le héros de l’histoire est un simple lombric répondant au nom de Jim.
Il vivait autrefois sur Terre jusqu’au jour où poursuivit par un corbeau, il tomba sur une combinaison perdue par ce dernier depuis l’espace.
En la revêtant, il se retrouve « intelligent », fort et habile. Il est armé d’un pistolet à plasma mais peut trouver d’autres armes. Il peut faire l’hélico, fouetter et se suspendre avec sa tête.
Il a pour ami Peter un chiot lunatique, fantasme sur la princesse What’s her name ? et a pour antagoniste principal ce fameux corbeau, en réalité un chasseur de prime qui le poursuit partout dans l’espace et qui se nomme Psy-Crow.
En réalité, cette histoire WTF n’est pas du tout racontée dans le jeu, c’est plutôt du côté du manuel qu’il faut se pencher pour trouver les tenants et aboutissants de ce jeu de plateforme définitivement délirant et drôle.

Je précise que je n’avais que peu joué au jeu à sa sortie. J’avais simplement connaissance du premier niveau que je trouvais bien chouette.
Ce n’est donc que maintenant que je me suis frotté (réellement) au jeu, mais mon postulat de départ autour d’Earthworm Jim était on ne peut plus positif.
C’est avec un certain enthousiasme que je me suis mis dessus sur ma petite portable, l’Evercade EXP. Mais…

Lire aussi article :  Soutien de la filière agroalimentaire en cas de fermeture des bars/restaurants

Mais hélas, la nostalgie peut facilement nous aveugler, et près de 30 ans plus tard, il est clair pour moi que j’ai un souvenir bien plus rose de Earthworm Jim que le jeu ne le mérite. Parce que (selon mon point de vue) ce jeu est en réalité bourré de mauvais choix de conception qui se soldent irrémédiablement par beaucoup, voire trop de frustrations.


Earthworm Jim, le cartoon.

Par où commencer ? Les commandes d’abord, à la fois maladroites et pleines de limitations étranges. Par exemple, vous ne pouvez pas tirer en sautant, ce qui est une restriction aussi étrange qu’incompréhensible rendant le tout bien lourd à diriger.

Vous devez souvent sauter lorsque vous êtes attaqués par des ennemis (bien belliqueux), et d’autres fois, les ennemis n’apparaissent que lorsque vous êtes suspendus dans les airs, avec aucun moyen de les éviter, ou d’avoir une stratégie solide pour les détruire sans prendre de dégâts.
C’est un choix de conception stupide qui ne fait qu’ajouter de la frustration à la frustation, et cela nous amène au problème principal d’Earthworm Jim.

Ce jeu est carrément hostile au joueur dans bon nombre de ses choix de conception. Les passages plateformes couvrent une grande partie des 7 principaux niveaux, et ils oscillent tous entre l’ennuyeux et le carrément frustrant.
Parce que non seulement on ne réussit pas nos sauts sans trop comprendre pourquioi, mais il faut souvent être précis au pixel près pour faire un certain saut.
Et la plupart des plates-formes à partir desquelles vous devez sauter n’ont aucune indication précise de l’endroit où elles commencent et se terminent – souvent, elles semblent être plus larges qu’elles ne le sont en réalité, donc au lieu de sauter, vous finissez souvent par tomber.


Princess What’s her name?

Combinez cela avec une conception de certains passages souvent difficile à comprendre et vous obtenez une recette parfaite pour la frustration. Vous pouvez facilement être coincé au même endroit pendant 10 à 20 minutes tout en essayant de réaliser correctement un certain saut, ou plutôt THE SAUT que les designers veulent que vous exécutez. Il se peut bien que ce genre de chose était acceptable en 1994, mais aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas.

Lire aussi article :  Lumières 2021 : Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait, film de l'année - Actus Ciné

Mis à part les passages plateformes, le jeu dispose d’une vaste variété d’actions (les niveaux en sous-marins hyper punitifs), le niveau cauchemardesque du chien à escorter, le combat (confus) du saut à l’elastique.
Tout cela est excellent de base, mais est ruiné par soit une difficulté un peu trop exagérée, soit un gameplay pas assez précis, soit les deux en même temps.

Les graphismes comme l’animation sont absolument sublimes, notamment cette dernière bluffante à l’époque, et réellement encore impressionante aujourd’hui.
Mais de tels mouvements hyper fluides, rendent encore une fois la jouabilité délicate car il faut toujours prendre en compte par exemple les temps de recovery de Jim, particulièrement long nous laissent sans défense un peu trop longtemps…


Psy-Crow

La musique tout comme les graphismes sont superbes et la durée de vie s’avère vite dantesque car pour le terminer, il faut être bon, très bon même.
Par exemple, gagner un continu nécessitera tout le talent d’un superplayer durant les courses d’astéroïdes. Courses qui se répètent 5 ou 6 fois (il me semble), durant le jeu, ce qui est encore une fois un choix de game-design vraiment moyen.

J’aurais vraiment aimé vous dire tout le bien que je pense d’Earthworm Jim, mais comme vous l’avez compris en lisant ces lignes, l’enthousiasme a très vite laissé place à une vraie déception.
Si on met de côté l’aspect technique réellement impressionant, magnifique, le titre édité par Interplay s’avère ardu, difficile à dompter, et tout simplement désagréable à prendre en main.
Plutôt que de faire de la surenchère de… tout ! L’équipe de Shiny aurait dû se concentrer sur l’essentiel : le plaisir manette en main.
Ce n’est pas parce que votre hôte vous offre dès l’entrée de sa porte chapeaux de fête, mirlitons, et autres bruiteurs, que vous allez forcément passer une très bonne soirée.
C’est vraiment mon impression avec cet Earthworm Jim, un titre qui se perd dans plein de trucs rigolos, sympathiques, mais qui n’assure pas l’essentiel.
Il ne reste plus qu’à espérer que le 2, ne soit pas une fois encore qu’un très bon souvenir…

Lire aussi article :  Good Doctor sur TF1 : l'équipe réagit au final choc de la saison 3 - News Séries à la TV

Fiche Technique:
Titre: EARTHWORM JIM
Développeur: SHINY ENTERTAINMENT
Éditeur: VIRGIN / INTERPLAY
Genre: PLATEFORME
Année: 1994
Autres supports: MEGA CD, SUPER NINTENDO, GAME GEAR, GBA, MASTER SYSTEM, GAME BOY, BLACKBERRY, DS, iOS, LINUX, MACINTOSH, PC, PSP, PS3, XBOX 360
Nombre de joueur(s): 1
Localisation:

NOTE PRESSE (MEGA Force 034 – Décembre 1994)

RESSOURCE PRESSE

Screenshots:

Pub TV France



Source link