Fra Angelico porté aux nues dans une magistrale rétrospective à Florence


Pour les amateurs fervents du Quattrocento, un lieu symbolise plus que tout autre la quintessence de la beauté et de l’expérience esthétique : le couvent San Marco de Florence pour lequel Fra Angelico a peint les fresques des 44 cellules du premier étage dans les années 1438–1450, ainsi qu’un certain nombre de tableaux pour les parties communes réservées aux frères et les espaces alors ouverts aux visiteurs laïques.

Ses réalisations s’y découvrent à l’échelle de l’édifice, en se déplaçant du cloître à la salle capitulaire et aux cellules, de station en station, afin d’animer par le regard, le corps et l’esprit un réseau de propositions visuelles, architecturales et théologiques reliant tous les épisodes de la vie, de la Passion et de la résurrection du Christ. À la fois œuvre d’art totale et summum de spiritualité, l’ensemble de San Marco est un lieu de pèlerinage incontournable pour comprendre comment un peintre actif il y a près de 600 ans continue à émouvoir et à captiver aujourd’hui.

C’est là, en effet, que se révèlent, après la montée de l’escalier qui conduit au premier étage, une Annonciation parmi les plus magistrales de l’histoire de l’art occidental, une Sainte Conversation qui a généré les exégèses religieuses et profanes les plus subtiles (dont celle de l’historien de l’art Georges Didi-Huberman dans son maître livre Fra Angelico – Dissemblance et figuration), la maestria formelle d’un Christ aux outrages sans équivalent, entouré de mains et d’un visage flottant dans l’espace pictural, ou encore la subtile douceur d’un Noli me tangere aux cent fleurs.

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