«Il ne faut pas des politiques d’austérité en direction des travailleurs, car c’est nous qui faisons la croissance car nous consommons », estime la secrétaire générale de la CGT.
Face à «une colère immense» en France, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a exhorté vendredi à augmenter les salaires et bloquer les prix du carburant, demandant au gouvernement d’arrêter «les cadeaux aux plus riches et aux plus grandes entreprises». La France connaît un décrochage économique «extrêmement inquiétant, lié à la politique d’austérité envers les travailleurs et les services publics», à l’inverse de l’Espagne, «pays européen avec la plus forte croissance» grâce à «une politique de la demande», a-t-elle déclaré sur LCI.
«Il ne faut pas des politiques d’austérité en direction des travailleurs, car c’est nous qui faisons la croissance car nous consommons. Après dix ans où le gouvernement a multiplié les cadeaux aux plus riches et aux plus grandes entreprises, le résultat est un naufrage économique», selon Sophie Binet. Alors que «des milliers de travailleurs et travailleuses (…) n’arrivent plus à joindre les deux bouts», il faut «indexer tous les salaires sur les prix et augmenter les salaires des fonctionnaires», a-t-elle plaidé, déplorant que «le gouvernement et les employeurs rigolent quand on leur parle d’augmentation de salaires».
Le gouvernement, a-t-elle dénoncé, se prépare «dans son projet de budget, à essayer de nous faire les poches, alors qu’elles sont vides». Devant la hausse durable des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient, la secrétaire générale de la CGT a aussi demandé «un blocage des prix», mesure qui «ne coûte rien à l’Etat» et a «bien fonctionné après la guerre du Golfe», et a fustigé les pétroliers comme Total, «un profiteur de guerre». Elle a aussi appelé à «remettre à plat les 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises» ou encore à taxer les héritages supérieurs à 70.000 euros dans «un pays de rentiers où on vit mieux de son héritage que de son travail».
Prévenant que la France est traversée par «une colère immense, après un été calamiteux et une rentrée du déclassement», Sophie Binet a incité les salariés et fonctionnaires à se mobiliser dans le pays et dans leurs organisations. Une journée de grèves et de manifestations est programmée le 29 septembre, et, «en fonction du niveau, on réfléchira aux suites, car il ne faut surtout pas laisser le Premier ministre écrire son budget sous la dictée du patronat», a-t-elle ajouté.
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