7 romans au cœur de la création artistique


La rentrée littéraire s’annonce riche et surtout artistique cette année. Plongez dans l’univers d’Irène Gérard, peintre neuroatypique née en 1958, découvrez le parcours de Plautilla Bricci, première femme architecte de l’histoire moderne, suivez l’itinéraire de la sculptrice colombienne et élève de Zadkine Feliza Bursztyn.

Des obsessions et vertiges d’Enrique Vila-Matas aux questionnements envoûtants de Phœbe Hadjimarkos Clarke en passant par la face cachée de nos contes d’enfance par Pauline Mari, Beaux Arts vous propose une sélection de sept ouvrages à mettre dans votre cartable.

1. Le vertige de la création selon Enrique Vila-Matas

Un canon de chambre noire, Enrique Vila-Matas

Un canon de chambre noire, Enrique Vila-Matas

Avis aux amoureux de la littérature, de ses auteurs et de leurs doubles maléfiques, ces narrateurs venus leur empoisonner la vie ! Le malicieux Enrique Vila-Matas est de retour avec un livre jubilatoire qui nous plonge dans les obsessions et les vertiges de la figure de l’écrivain. Né à Barcelone en 1948, traduit dans le monde entier, multiprimé, Vila-Matas n’en est pas à son coup d’essai ; il avait déjà fait de cette mise en abyme de l’écriture le sel de ses romans Bartleby et compagnie et Le Mal de Montano. Tout aussi érudit et rythmé, ce dernier coup de maître se construit autour de l’idée d’un canon littéraire, à savoir un petit nombre de livres vers lesquels se « retourner inlassablement sans jamais en épuiser le sens », ici élaboré par un certain Vidal, qui se pense androïde. Une ode à la créativité où chaque œuvre citée, littéraire, philosophique et plastique, suscite une irrépressible envie de courir la (re)trouver. D.B. 

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Un canon de chambre noire

Par Enrique Vila-Matas

2. Une artiste mystérieuse racontée par Phœbe Hadjimarkos Clarke

Le livre des souterrains, Phœbe Hadjimarkos Clarke

Le livre des souterrains, Phœbe Hadjimarkos Clarke

Marie Marzouk a disparu. Dans la torpeur d’un été caniculaire, dans un futur proche, l’artiste performeuse s’est évaporée dans la nature alors qu’elle était invitée à participer à un festival… S’agit-il d’une nouvelle performance, d’un effacement volontaire, s’interroge en préambule au récit une historienne de l’art. Deux ans après le très remarqué Aliène, couronné du prix du Livre Inter, Phœbe Hadjimarkos Clarke imagine, dans Le Livre des souterrains, les dernières semaines de la vie de cette artiste aux tendances kleptomanes. Son récit prend la forme d’un journal intime, où s’intercalent les feuillets d’un mystérieux manuscrit, et nous embarque dans l’exploration de mondes souterrains peuplés d’oies sauvages et de fantômes… Une plongée vertigineuse dans les méandres de l’identité et du corps, portée par une langue éminemment sensorielle, envoûtante comme un sort. I.B.

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Le Livre des souterrains

Par Phœbe Hadjimarkos Clarke

3. Une sculptrice oubliée ravivée par Juan Gabriel Vásquez

Les Noms De Feliza, Juan Gabriel Vásquez

Les Noms De Feliza, Juan Gabriel Vásquez

« La sculptrice colombienne Feliza Bursztyn, exilée en France, est morte de tristesse à 22h15, le vendredi 8 janvier, dans un restaurant parisien. » Tout commence par cette phrase de Gabriel García Márquez, lue dans un journal en 1996. Hanté par les mots du célèbre écrivain colombien parlant de l’une de ses amies, artiste tombée dans l’oubli, Juan Gabriel Vásquez se lance dans une biographie romancée de Feliza. Entre Paris, New York, Cuba et Bogotá, il suit l’itinéraire de cette créatrice en quête d’absolu, élève de Zadkine, proche de César, persécutée par le régime et morte à 48 ans. Vásquez se met en scène pour la première fois et avance à tâtons, sans jamais prétendre détenir la vérité, ce qui sans aucun doute fait la force du livre. S.dB.

Par Juan Gabriel Vásquez / traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon

4. Le génial Eisenstein vu par Gouzel Iakhina

Eisen, Gouzel Iakhina

Un landau qui dévale un escalier du port d’Odessa durant la révolution russe de 1905… Derrière cette séquence en noir et blanc parmi les plus marquantes de l’histoire du 7e art soviétique, se trouve le cinéaste Sergueï Eisenstein (1898–1948), qui a vécu l’écroulement de l’empire russe et les débuts chaotiques de l’ère soviétique. Dans un style rappelant les grandes heures de la littérature russe et les trouvailles visuelles du réalisateur du Cuirassé Potemkine (1925), Gouzel Iakhina narre la vie tourmentée de ce génie du cinéma. Âpre et percutant. P.M.

Par Gouzel Iakhina / traduit du russe par Maud Mabillard

5. La première femme architecte racontée par Melania G. Mazzucco

L’architecture romaine, Melania G. Mazzucco

L’architecture romaine, Melania G. Mazzucco

Plautilla Bricci ? Ce nom ne vous évoquera sans doute pas grand-chose. Pourtant, derrière lui se cache l’une des figures les plus passionnantes du XVIIe siècle : la première femme architecte de l’histoire moderne. Romancière et spécialiste de la Renaissance, de l’art baroque et des artistes femmes, lauréate du prestigieux prix Strega en 2003, Melania G. Mazzucco retrace, à la première personne, l’époustouflant destin de cette femme qui rivalisa avec Le Bernin et Pierre de Cortone, avant de tomber dans l’oubli. Très documenté (l’autrice a passé de longues heures à éplucher les archives) mais porté par un puissant souffle romanesque, ce récit historique ressuscite la splendeur de la Rome du XVIIe siècle et redonne enfin à Plautilla la place qu’elle mérite dans l’histoire. I.B.

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L’Architecte romaine

Par Melania G. Mazzucco / traduit de l’italien par Vicent Raynaud

6. L’art brut à travers le regard de Joy Sorman

La Vie brute, Joy Sorman

La Vie brute, Joy Sorman

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L’autrice Joy Sorman, qui avait marqué la scène littéraire dès son premier roman, Boys, Boys Boys (prix de Flore 2005), revient avec un portrait singulier d’Irène Gérard, peintre neuroatypique née en 1958. Fidèle à sa méthode de travail, l’autrice l’a suivie durant une année au sein de La « S » Grand Atelier de Vielsalm, en Suisse, le centre d’art brut où l’artiste réinterprète, de son style torturé, des modèles de la culture savante et populaire – la Vénus de Botticelli, les Simpson, Dalida… En s’approchant d’Irène, Joy Sorman se retourne aussi sur sa propre enfance et son goût pour la marge, nous offrant une échappée éditoriale lumineuse. S.dB. 

Les œuvres d’Irène Gérard sont visibles à la Halle Saint Pierre, dans l’exposition « Art brut ressourcé – La ‘S’ Grand Atelier ».

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Art brut ressourcé – La ‘S’ Grand Atelier

Du 11 septembre 2026 au 31 juillet 2027

www.hallesaintpierre.org

7. Les contes de l’enfance revue par Pauline Mari

Les Amours fées, Pauline Mari

Les Amours fées, Pauline Mari

Les amours fées sont ces « amours sans retour » qui ont fait couler chez les poètes des torrents de larmes et d’encre… Pauline Mari, qui aime les chemins de traverse, les fantômes sur le retour et les âmes égarées, nous initie à leurs charmes et nous embarque au cœur de la création littéraire. « Poreuse à l’au-delà », possédée à son tour, l’historienne de l’art et romancière revient sur la genèse de trois contes parmi les plus célèbres, La Petite Sirène de Hans Christian Andersen, Alice aux pays des merveilles de Lewis Carroll et Peter Pan de James Matthew Barrie, en se glissant dans la peau de ces héros et héroïnes au seuil de l’adolescence, nés des désirs contrariés de ceux qui les ont créés. Un ouvrage troublant d’une folle inventivité. D.B.





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