Didier Fusillier : «J’ai envie d’un Grand Palais comme un “Palais des fêtes” avec une programmation foisonnante»


Une révolution au Palais. C’est ce que propose le nouveau président de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais. Une fois son colossal et coûteux chantier de rénovation achevé en avril prochain pour les Jeux olympiques, l’édifice emblématique de l’Exposition universelle de 1900 sera repensé totalement dans ses espaces et sa programmation.

Qui sera résolument festive, accessible, jouissive, et surtout fera vivre le lieu de jour comme de nuit, tout au long de l’année. Explications en exclusivité.

Didier Fusillier au travail avec les artisans.

Didier Fusillier au travail avec les artisans.

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© Photo Timothée Chambovet pour Beaux Arts Magazine.

Dans quel état avez-vous trouvé le Grand Palais à votre arrivée, l’été dernier, et serez-vous prêt à le livrer, comme prévu, pour les Jeux olympiques et paralympiques ?

Le Grand Palais est à l’heure actuelle en travaux dans la totalité de ses espaces. Il faut imaginer une structure plus grande (72 000 m2) que le château de Versailles (67 000 m2), entièrement désossée. Plus de fenêtres, plus un seul câble, plus rien. Il s’agit d’un chantier phénoménal, relancé par Chris Dercon, mon prédécesseur, piloté par François Chatillon, l’architecte en chef des monuments historiques, et ses équipes, sur lequel travaillent plus de 800 personnes, des ouvriers qui percent les dalles au marteau-piqueur, des électriciens, des compagnons du devoir, des peintres et des artisans qui réparent les mosaïques… Tous travaillent en même temps, sous la direction de Daniel Sancho, directeur du projet, et des meilleures entreprises françaises, tant sur de minuscules objets d’1 cm2 que sur d’énormes volumes de béton. Sur un chantier normal, le travail est organisé par phases. Ici, c’est impossible en raison de la tenue de notre calendrier, avec une livraison impérative pour les Jeux olympiques. Et nous sommes dans les temps.

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Quelles sont les principales difficultés de ce chantier hors catégorie ?

En 1897, le Grand Palais a été construit en trois ans. Mais rénover et mettre aux normes d’aujourd’hui, en seulement quatre ans, ce bâtiment de 40 m de hauteur dont le poids en acier équivaut à celui de la tour Eiffel n’est rien d’autre qu’un défi fou. Par exemple, l’édifice n’était doté que de deux monte-charges. Désormais il y aura 42 ascenseurs. Pour installer ces circulations verticales, il a fallu percer l’ensemble des planchers d’un bâtiment qui n’a pas été construit pour accueillir le poids d’une telle installation. C’est ce qui fait, parmi d’autres nombreux exemples techniques, la complexité de cette rénovation. Sachez aussi que nous ne possédons pas les plans exacts de la construction originelle, montée dans une réelle urgence par trois architectes différents, chacun intervenant sur une partie de l’édifice. Imaginez également que la nef est désormais équipée d’un système de chauffage et de refroidissement ultramoderne par le sol qui fonctionnera sur une hauteur de 3 m – car la verrière ne peut pas être chauffée. L’enveloppe du Grand Palais sera donc inchangée, mais son aménagement intérieur sera totalement neuf.

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