Campagne sucrière 2023 – 51,42 €/t de betteraves, un record depuis 10 ans chez Cristal Union ! – Grandes cultures, Économie et gestion


Le groupe sucrier coopératif Cristal Union (Daddy) a « le sourire » : il a annoncé mardi un bénéfice net annuel record, à 307 millions d’euros (+ 72 %), porté comme l’an dernier par le niveau élevé des prix du sucre.

« Cristal Union affiche une performance remarquable. Ce sont nos meilleurs résultats depuis dix ans, ce qui nous permet de poursuivre nos efforts de décarbonation, d’économie en eau et de mieux rémunérer les betteraviers », a déclaré à l’AFP son directeur général, Xavier Astolfi.

« On a le sourire, on est récompensés de tous les efforts consentis » depuis la restructuration lancée en 2020, a abondé Olivier de Bohan, président du groupe, lors d’une conférence de presse à Paris.

Le chiffre d’affaires de Cristal Union, qui transforme ses betteraves en sucre mais aussi en éthanol et en alcool, grimpe de 20 %, à 2,8 milliards d’euros, pour son exercice décalé 2023-24 (clos le 31 janvier), une progression essentiellement liée à des prix du sucre élevés.

+ 50 % d’Ebitda

« Les volumes sont restés relativement stables », la baisse des surfaces cultivées en betteraves sucrières de 2 % chez les agriculteurs coopérateurs du groupe ayant été compensée par de meilleurs rendements, a précisé Xavier Astolfi.

Le deuxième groupe sucrier français derrière Tereos voit, dans « la forte progression de sa rentabilité opérationnelle », la « validation » de sa stratégie industrielle et commerciale.

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Il affiche en effet un excédent brut d’exploitation (Ebitda, soit un résultat opérationnel avant impôts, provisions et amortissements) en hausse de près de 50 % à 432 millions d’euros.

La « forte progression des performances du groupe » ont permis à Cristal Union d’accélérer son désendettement, avec une dette financière nette en baisse de plus de 2 5% sur l’exercice (à 602 millions d’euros).

Une caisse de péréquation en cas de baisse des cours

Ces résultats ont conduit le groupe à porter la rémunération de ses 9 000 coopérateurs à « un plus haut historique, à 51,42 euros la tonne de betteraves en moyenne pour la campagne 2023, contre 43,4 euros pour la campagne précédente », selon le directeur général.

Observant une tendance à la baisse des cours du sucre, et en prévision d’éventuelles mauvaises années dans les champs, Cristal Union « a créé une caisse de péréquation pour sécuriser le prix de la betterave (…) dotée de 50 millions d’euros », pour une durée maximale de 6 ans, a précisé le président du groupe.

Engagé dans une démarche de sobriété énergétique, Cristal Union annonce avoir « réduit ses émissions de gaz à effet de serre de ses sites industriels (Scope 1) de près de 24 % en seulement 4 ans, soit avec 7 ans d’avance » sur ses objectifs.

« 100 millions investis par an »

De même, le groupe « a divisé ses prélèvements d’eau de forage par trois entre 2010 et 2024 ». Cinq de ses huit sucreries sont « déjà totalement autonomes » : l’eau des betteraves (constituées à 75 % d’eau) est réutilisée en différentes étapes du processus de transformation, notamment lors du pressage des pulpes et de l’évaporation de l’eau du sirop de sucre.

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L’objectif est ne n’avoir « plus aucune sucrerie qui prélève de l’eau dans le milieu naturel en 2025 » et plus aucun de ses 13 sites de production (incluant ses distilleries) à l’horizon 2030, indique le directeur général.

Le groupe, qui vise « l’autonomie énergétique pour l’ensemble de ses sites en 2050 », va « poursuivre sa stratégie industrielle et commerciale », avec « un programme de près de 100 millions d’euros investis par an dans les prochaines années pour consolider la modernisation et la décarbonation de son outil industriel », avec des efforts notamment sur le transport, les emballages (carton).

Diversification des activités

Après la fin des quotas sucriers en Europe (fin 2017) et la crise de surproduction mondiale qui avait suivi, Cristal Union avait fermé deux usines et réorganisé son outil industriel en 2020, puis renoué avec les bénéfices l’année suivante.

Au cours de l’année écoulée, le groupe a ouvert une nouvelle unité de séchage de pulpe dans l’usine de Sainte-Émilie (Hauts-de-France), pour un montant de 25 millions d’euros.

En 2024, Cristal Union a pris une participation d’environ 20 % dans l’entreprise Gazotech, spécialiste nantais de la pyrogazéification, la transformation de biomasse en énergie (gaz), et dont le biochar, charbon d’origine végétale, est un coproduit jugé intéressant pour régénérer les sols agricoles.

En février, le sucrier s’est associé au groupe TotalEnergies auquel il fournira des pulpes de betteraves pendant 15 ans pour alimenter une unité de production de biométhane, en construction en Seine-Maritime et dont le démarrage est prévu fin 2024. Cet accord prévoit que Cristal Union devienne actionnaire du méthaniseur BioNorrois du géant pétrolier à hauteur de 10%.

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