Au Sri Lanka, le parc de Yala ferme ses zones les plus fréquentées aux touristes à cause de la sécheresse


Le célèbre parc national, réputé pour ses léopards et ses éléphants, va fermer pendant un mois ses secteurs les plus visités. Une mesure exceptionnelle destinée à protéger une faune éprouvée par l’une des pires sécheresses qu’ait connues l’île depuis près de dix ans.

Les jeeps de safari vont devoir changer d’itinéraire. À partir du 14 septembre, le parc national de Yala, dans le sud-est du Sri Lanka, fermera aux visiteurs ses blocs 1 et 2, les secteurs les plus fréquentés du site, jusqu’au 15 octobre. Les autres parties du parc, du bloc 3 au bloc 6, resteront ouvertes.

À l’origine de cette fermeture inhabituelle : une sécheresse persistante qui met la faune sous pression. Après plusieurs mois sans pluies suffisantes, les réserves d’eau diminuent au point que des camions-citernes parcourent désormais quotidiennement les pistes du parc afin de remplir artificiellement certaines mares.


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Crocodiles des marais, cerfs axis, buffles sauvages, langurs et éléphants s’y regroupent pour boire. Sans oublier les célèbres léopards de Yala, l’une des principales attractions du parc. Pour les responsables du sanctuaire, la présence permanente de véhicules et de visiteurs autour de ces rares points d’eau risque désormais d’accroître le stress des animaux.

«Nous devons donner la priorité aux animaux», explique à Reuters Sujeewa Nishantha, garde forestier de 58 ans. Selon lui, les animaux affectés par la chaleur doivent pouvoir accéder à l’eau sans être gênés par les visiteurs.

Une sécheresse qui pourrait encore s’aggraver

Des touristes et des jeeps safari attendent à l’extérieur du parc national de Yala qu’il ouvre, dans le sud du Sri Lanka, le 26 août 2026.
PRIYANSHU SINGH / REUTERS

La décision intervient alors que le Sri Lanka traverse sa période la plus sèche depuis près d’une décennie. Plusieurs dizaines de milliers d’habitants dépendent déjà de distributions d’eau potable d’urgence, tandis que des petites exploitations agricoles rencontrent des difficultés pour irriguer leurs cultures et abreuver leur bétail.

La situation pourrait se prolonger. Les services météorologiques sri-lankais anticipent un cycle de plusieurs mois lié à El Niño, susceptible d’entraîner d’abord des pluies plus fortes à la fin de l’année, avant une nouvelle période de sécheresse à partir de février. L’Organisation météorologique mondiale a de son côté averti que l’épisode El Niño actuellement en cours pourrait devenir l’un des plus puissants jamais observés.

La fermeture intervient à quelques semaines du début de la haute saison touristique, un enjeu sensible pour le Sri Lanka, où le tourisme constitue une importante source de devises. Mais à Yala, les autorités assument de faire passer la protection de la faune avant la fréquentation touristique.


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Sur son site, le parc rappelle que sa réouverture complète dépendra avant tout du retour des pluies : pour l’heure, estime sa direction, Yala doit disposer du temps nécessaire pour «respirer, se rétablir et résister».



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