Spontanément, on l’a appelé Aurèce. Mais il nous a tout de suite détrompé : aurèce vettier – sans majuscule –, c’est son nom de scène, le titre de son projet d’artiste. Paul Mouginot (né en 1990) l’a créé avec un algorithme (les chaînes de Markov), lequel a mélangé les lettres de ses artistes favoris pour créer un nom vraisemblable – et, de fait, on aurait pu parier avoir déjà entendu le prénom Aurèce. En s’inscrivant dans la très longue tradition des pseudonymes, il a aussi fermé le chapitre d’une première vie, que l’on va résumer rapidement car elle nourrit tout de même la deuxième.
Né en Savoie, Paul Mouginot a vécu son enfance à la montagne. « J’ai passé beaucoup de temps au contact des animaux, de la montagne et des forêts. Désormais, je vis à Paris, et ça me manque tous les jours. » Sans télévision mais au milieu des livres, il commence à « rassembler des objets, bricoler », sous le regard bienveillant de parents qui, un peu plus tard, l’emmènent à la Biennale de Lyon. Déjà, le jeune homme collecte. Des images – « Mon père, mon grand-père et mon arrière-grand-père étaient d’excellents photographes amateurs, qui ont avec le temps rassemblé des archives familiales très denses » –, mais aussi des herbiers et des cahiers, qu’il remplit de comptes rendus détaillés des conversations qu’il a en imagination avec les animaux de la montagne.
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