Au LaM de Villeneuve-d’Ascq, la liberté de Marisa Merz en majesté


Ce sont deux tout petits chaussons. Ils sont tissés en fil de cuivre, l’un des matériaux fétiches de Marisa Merz (1926–2019). Un matériau conducteur, « caractéristique de l’échange vital de l’être avec les choses », avait dit l’historienne de l’art Catherine Grenier, commissaire de la dernière rétrospective de l’artiste au Centre Pompidou en 1994. Deux petits chaussons, donc, dont l’artiste jure pourtant : « Oui, oui, toutes les petites chaussures que je fais vont à mon pied. » Ce sont eux qui nous ont menés à elle. Parce qu’on y a vu de la douceur, de la délicatesse, de la force aussi. Entre humilité et fantaisie, ils ont la dimension d’un conte, un geste de mère.

Car, sans l’y réduire, il faut raconter la relation exceptionnelle de l’artiste à sa fille, Beatrice. « Lorsque Bea était petite, je restais avec elle à la maison, écrit-elle. À ce moment-là, j’effectuais des travaux avec des feuilles d’aluminium. Je taillais et je cousais ces choses […]. Il y avait un rythme dans tout cela, et le temps, beaucoup de temps. Donc, il y avait Beatrice, petite. Elle me demandait des choses, je me levais et je les faisais. Tout sur le même plan, Bea et les choses que je cousais, j’avais la même disponibilité, pour tout. » Mère et artiste, artiste et mère, Marisa Merz a bien souvent entrelacé son intimité domestique et sa pratique de l’art…

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