Son nom ne vous dit sans doute rien, et c’est bien normal. En France, l’œuvre de Barbara Crane (1928–2019) est largement « confidentielle », nous dit d’emblée Julie Jones, conservatrice au Cabinet de la Photographie du musée national d’Art moderne — Centre Pompidou et commissaire de l’exposition que lui consacre jusqu’au 6 janvier 2025 le musée parisien – la première d’une telle envergure en Europe. Outre-Atlantique, celle dont la carrière prolifique s’est étendue sur plus de 60 ans est pourtant considérée comme une figure majeure de la photographie, exposée dans les plus prestigieuses institutions américaines (MoMA, Chicago Center for Contemporary Photography, International Center of Photography de New York…).
Née en 1928 à Chicago, Barbara Crane s’est initiée à la photographie auprès de son père qui possédait une chambre noire. Elle s’est ensuite formée à l’histoire de l’art au Mills College en Californie, avant d’officier dans un studio de portraits d’un grand magasin new-yorkais. Dans les années 1960, elle a poursuivi sa formation à l’Institute of Design de Chicago auprès d’Aaron Siskind, maître de l’expressionnisme abstrait photographique. Devenue portraitiste indépendante, Barbara Crane a développé en parallèle une œuvre personnelle dense et plurielle, qui s’inscrit à la fois dans l’héritage des pionniers de la straight photography et dans une pratique beaucoup plus expérimentale. C’est ce que démontre l’exposition du Centre Pompidou, qui donne à voir des œuvres majeures de la photographe américaine disparue en 2019, mais aussi des images inédites, puisées dans ses archives.
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