Après le mégafeu de Saumos, les candidatures pour devenir pompiers volontaires explosent en Gironde


Observée dans plusieurs départements, la tendance est particulièrement significative en Gironde, où près de 470 candidatures ont été enregistrées depuis le 23 juillet.

Les candidatures pour devenir sapeur-pompier volontaire affluent depuis le mégafeu de Saumos. Alors que le SDIS 33 recensait 900 volontaires le 1er juillet, 600 personnes supplémentaires se sont manifestées depuis, dont près de 470 depuis le 23 juillet. « C’est une dynamique que nous avions déjà observée, dans une moindre mesure, après l’incendie de Landiras en 2022 . Cela va demander un peu d’organisation à l’administration », réagit le lieutenant-colonel David Brunner, qui pilote cette mission.

Chaque candidat doit en effet être reçu pour un entretien de motivation, passer un test d’aptitude physique et être formé durant cinq semaines. Puis, il bénéficie aussi de quatre à six heures de formation par mois pour le maintien de ses acquis. D’après les statistiques, 40 % des aspirants n’achèvent pas le cycle complet pour devenir sapeur-pompier volontaire. « Avant de candidater, les volontaires doivent comprendre qu’un incendie tel que celui de Saumos est inédit. 80 % de leur temps d’occupation est constitué de services à la personne. Il faut aussi avoir de la disponibilité pour être mobilisé », explique l’officier. Or, entre vie professionnelle et vie de famille, l’équilibre est parfois complexe à trouver.


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Il n’empêche, ces candidatures sont précieuses, cruciales même. Et pour cause : en France, les pompiers professionnels ne représentent que 20 % des effectifs engagés pour la protection civile. En Gironde par exemple, 3 898 sapeurs-pompiers volontaires travaillent aux côtés des 1 900 pompiers professionnels. « Sans ces volontaires, nous ne pourrions pas avoir un nombre de pompiers conséquents quand il le faut. Nous ne faisons pas de distinction entre les volontaires et les professionnels durant les interventions », complète le lieutenant-colonel David Brunner.

«Être pompier volontaire, c’est le service ultime»

Bénévoles, les sapeurs-pompiers volontaires sont indemnisés durant leurs temps d’intervention ou de formation. Les forfaits, qui varient entre huit et dix euros de l’heure selon les grades, sont rarement la motivation principale des recrues. « La résilience contre le réchauffement climatique et la prise de conscience passe souvent par l’engagement. Être pompier volontaire, c’est le service ultime », analyse le lieutenant-colonel David Brunner. Alors que les mégafeux demeurent pour l’heure exceptionnels, la crainte qu’ils se multiplient dans les années à venir est devenue une épée de Damoclès. Or, la menace implique bien d’enrôler un maximum de bonnes volontés. « Depuis 2022, nous avions été proactifs en recrutant 650 sapeurs-pompiers volontaires supplémentaires. Nous savions que nous aurions besoin d’effectifs conséquents en cas de nouvelle catastrophe et ils ont en effet participé à éteindre l’incendie de Saumos », poursuit l’officier.

En parallèle, d’autres pompiers volontaires ont été appelés en renfort pour prendre le relais sur le volet des interventions à personne. « La vie ne s’arrête pas pendant un feu de forêt. En moyenne en Gironde, même sans les touristes, nous réalisons 309 interventions à la personne par jour pour des accidents de la route, du quotidien ou même des incendies de maisons », souligne le lieutenant-colonel. Preuve que même les adolescents en ont bien conscience, les sections de jeunes sapeurs-pompiers volontaires ne désemplissent pas dans les casernes de la Gironde.



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