À Strasbourg, le vodou prend ses quartiers dans un ancien château d’eau


Cartes postales ou cartes à jouer, marionnettes ou arts forains, chaussures ou culture soufie… Tout l’été, Beaux Arts vous dévoile les musées les plus insolites de France dans une série à retrouver ici qui invite à la curiosité.

À deux pas de la gare de Strasbourg, le château d’eau de la rue de Koenigshoffen était abandonné depuis plus de 60 ans. Jusqu’à ce qu’un jour, un couple de collectionneurs ne décident d’acquérir le lieu, d’y faire des travaux pendant cinq ans pour inaugurer, en 2014, l’un des musées les plus étonnants de France : le château-musée Vodou.

Dans cette construction massive de style néo-roman, édifiée entre 1878 et 1883 par l’architecte allemand Johann Eduard Jacobsthal et qui servait autrefois de réservoir pour les locomotives à vapeur, on découvre donc désormais la collection de Marie-Luce et Marc Arbogast, deux passionnés de cultures africaines.

Des objets qui éclairent une religion complexe

Façade du Château-musée Vodou à Strasbourg

Façade du Château-musée Vodou à Strasbourg

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Ce fonds a ceci de particulier qu’il se concentre exclusivement sur des objets vodou, utilisés dans des pratiques religieuses d’Afrique de l’Ouest et récoltés par le couple au fil de voyages au Ghana, Bénin, Togo et Nigeria. Ces « objets surprenants, parfois rebutants, mais toujours profondément humains », comme aime à le dire Marc Arbogast, racontent une religion extraordinairement complexe, pratiquée par plus de 60 millions de personnes dans le monde.

En suivant le parcours permanent, qui réunit un peu plus de 200 objets de la collection (on parlera ici plus d’objet que d’œuvre, chacun ayant une fonction bien précise), on apprendra que le vodou est aussi bien une religion qu’une philosophie de vie, qui entend conserver l’équilibre entre le monde visible, celui des êtres vivants et de la nature, et le monde invisible, qui appartient aux divinités et aux ancêtres.

Aguin ou Aziza, divinité de la brousse

Aguin ou Aziza, divinité de la brousse

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Apparu au XVe siècle, le vodou permet aux deux mondes de communiquer à travers des rituels, des danses, des chants ; son panthéon compte plusieurs centaines de divinités, bien différentes selon les régions et les pratiques. Quant à ses objets, ils sont d’une très grande variété : masques monumentaux, fétiches, statuettes, bijoux rituels, autels, tous sont liés à une divinité ou à une croyance.

Au cœur des rituels

Parmi les pièces les plus émouvantes de la collection, on s’arrêtera sur un duo de statuettes de jumeaux dites « ibéjis » par les Yorubas : elles ont été fabriquées à la mort prématurée d’un enfant issu d’une fratrie gémellaire et celle qui représente le jeune disparu devait être lavée, nourrie et câlinée par la mère, au même titre que l’enfant survivant. Car il partageait son âme avec son frère ou sa sœur, selon la croyance, il s’agissait d’empêcher qu’il ne soit à son tour attiré dans le monde invisible…

Parcours permanent au 1er étage du Château-musée Vodou de Strasbourg

Parcours permanent au 1er étage du Château-musée Vodou de Strasbourg

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Attention : le château-musée n’est ouvert que l’après-midi, de 14h à 18h. Pour préparer la visite ou la compléter, on notera que le musée a mis en ligne d’intéressants podcasts autour de l’histoire du vodou, la plupart très court. Les amateurs de nouvelles technologies apprécieront aussi l’expérience en réalité virtuelle autour de cérémonies béninoises, créée spécialement pour le musée par Virtual Journey.

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Château-musée Vodou





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