À Paris, la fondation Dubuffet fête ses 50 ans dans une expo


Quelle est donc cette étrange planète ? Des milliers de lignes noires sinueuses parcourent son sol blanc immaculé et nous conduisent jusqu’à l’entrée d’une mystérieuse grotte… Bienvenue à la Closerie Falbala ! Classé monument historique en 1998, ce lieu ovni de 1 610 m2 se visite à Périgny dans le Val-de-Marne.

L’ensemble monumental fait partie des premières œuvres léguées par Jean Dubuffet (1901–1985) à la fondation qu’il a créée de son vivant (fait rare !) en 1974. 50 ans plus tard, la fondation Dubuffet continue de faire vivre l’héritage de cet artiste inclassable et dévoile, au travers de l’exposition « Fondation Dubuffet, 1974–2024. Chronique de 50 ans d’activités », quelques-uns des 2 500 œuvres et documents qu’elle conserve.

Une « chambre philosophique »

Jean Dubuffet à la Closerie Falbala, août 1973

Jean Dubuffet à la Closerie Falbala, août 1973

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© Fondation Dubuffet / Photo K. Wyss

À Paris aussi, on retrouve la Closerie ! En guise d’entrée en matière, la maquette de ce fabuleux dédale en noir et blanc nous plonge aux origines de ce projet fou. Au début des années 1970, Jean Dubuffet entreprend cette gigantesque construction pour abriter son Cabinet logologique (1969), une pièce couverte de ses dessins abstraits en rouge, bleu et noir. Une « chambre philosophique », selon François Gibault, président de la fondation, qui nous permet d’entrer, littéralement, dans l’univers de l’artiste. Si l’intérieur de la Closerie Falbala est aujourd’hui particulièrement bien conservé, les extérieurs ont quant à eux souffert des aléas climatiques. La fondation a donc fait appel à l’agence Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des monuments historiques, pour mener prochainement un chantier de restauration.

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Vue de l’exposition « Fondation Dubuffet, 1974–2024. Chronique de 50 ans d’activités » à Paris

Vue de l’exposition « Fondation Dubuffet, 1974–2024. Chronique de 50 ans d’activités » à Paris

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© Archives Fondation Dubuffet / Photo Y. Couette / © ADAGP, Paris, 2024

L’artiste visionnaire a un objectif clair : rendre possible la réalisation de monuments posthumes.

D’autres maquettes d’architecture signées Dubuffet se succèdent au fil du parcours. Faites de blocs de polystyrène sculptés au fil chaud par l’artiste, elles constituent une étape primordiale avant la réalisation de toute sculpture monumentale.

Pour Dubuffet, ces maquettes sont aussi un moyen de créer par-delà sa propre mort ! Car lorsque sa fondation voit le jour, l’artiste visionnaire a un objectif clair : rendre possible la réalisation de monuments posthumes. Grâce à la documentation et au riche fonds d’archives dont elle dispose, l’institution peut ainsi opérer des agrandissements à partir des maquettes existantes, selon la volonté de Dubuffet. En 2013, trois figures monumentales (Cherche-Aubaine, Le Facétieux et L’Incivil) ont ainsi été réalisées pour les galeries Pace à New York et Waddington à Londres.

Un monde imaginaire fait de hachures et d’aplats de couleurs

Vue de l’exposition « Fondation Dubuffet, 1974-2024. Chronique de 50 ans d’activités » à Paris

Vue de l’exposition « Fondation Dubuffet, 1974–2024. Chronique de 50 ans d’activités » à Paris

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© Archives Fondation Dubuffet / Photo Y. Couette / © ADAGP, Paris, 2024

Riche des œuvres du cycle de « L’Hourloupe » – un monde imaginaire fait de hachures et d’aplats de couleurs –, la fondation expose également quelques costumes et praticables du spectacle Coucou bazar, conçu entre 1971 et 1973 à la Cartoucherie de Vincennes. Il sera ensuite présenté trois fois : en 1973 au musée Guggenheim de New York, puis au Grand Palais à Paris, et enfin en 1978 à Turin.

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Des peintures de Dubuffet d’avant 1942 – sa « préhistoire », selon le terme de l’artiste – sont aussi dévoilées. Il s’agit surtout de portraits de son épouse, Lili, mais aussi de ses amis, comme le poète Georges Limbour. Plus méconnues, ces œuvres montrent une autre facette de son travail. Parmi les acquisitions récentes de la fondation, on découvre une truculente série de dix portraits de proches de l’artiste, croqués à l’encre ou au crayon : Francis Ponge, Jules Supervielle, Henri Michaux…

Jean Dubuffet, Michaux façon momie

Jean Dubuffet, Michaux façon momie, 1946

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Crayon sur papier • 31 × 24 cm • Coll. Fondation Dubuffet, Paris • © ADAGP, Paris, 2024

Site à l’oiseau (1974) et Site à l’homme assis (1974) révèlent enfin un autre pan du travail de Dubuffet. À la fin de sa carrière, l’artiste renoue avec la peinture, sans jamais reprendre les pinceaux ! Il travaille au marqueur sur papier, puis fait photographier ses œuvres. Celles-ci sont ensuite projetées sur des grandes toiles et reproduites par ses assistants. Le geste créateur de l’artiste s’efface, mais peu importe pour Dubuffet. À ses yeux, c’est avant tout au spectateur de travailler, dès lors qu’il entre dans ses paysages imaginaires…

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Fondation Dubuffet, 1974-2024 : chronique de 50 ans d’activités

Du 15 mars 2024 au 20 décembre 2024

www.dubuffetfondation.com



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