À Paris, 5 projets d’art contemporain dans le parc de la Cité universitaire


Tout au sud de la capitale, la Cité internationale universitaire de Paris est plus qu’un gigantesque refuge pour étudiants venus du monde entier. Avec son théâtre, son restaurant, ses bâtiments signés de grands architectes tels que Le Corbusier et surtout son immense parc, le lieu nous attire autant pour son patrimoine que pour son dynamisme culturel. Preuve en est, une fois de plus, avec la septième édition du festival Jardins du monde en mouvement, qui convie sept créateurs contemporains à s’emparer des espaces verts de la Cité.

Architectes, designers, paysagistes ou artistes, ceux-ci ont été sélectionnés suite à un grand concours de jeunes talents. Leurs projets, réalisés grâce au mécénat de la Caisse des dépôts, seront présentés du 25 avril au 3 novembre 2024 et ont pour point commun de célébrer la nature, une évidence dans ce parc de 34 hectares où poussent depuis des décennies de vénérables hêtres, cèdres et érables à l’ombre bienfaisante.

Jean Giono et Julio Cortázar pour inspiration

La littérature, aussi, a pu servir de point de départ à certains, comme le jardinier et paysagiste Cyril Servettaz : ce dernier s’est inspiré de la célèbre nouvelle L’Homme qui plantait des arbres (1953) de Jean Giono pour concevoir une spectaculaire installation de cinq structures en bois imbriquées les unes dans les autres et gravées de citations ; s’y ajoutent plusieurs chênes plantés par l’artiste en clin d’œil aux mots de Giono.

Vue de l’œuvre « Écho Beyrouth » de Taline Patchanian (2023), présentée lors de l’édition 2023 du festival « Jardins du monde en mouvement » à Paris

Vue de l’œuvre « Écho Beyrouth » de Taline Patchanian (2023), présentée lors de l’édition 2023 du festival « Jardins du monde en mouvement » à Paris

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© CIUP / Photo Yann Monel

Le plasticien Matteo Tassan s’est lui aussi inspiré d’un texte pour son œuvre Les Contes de la forêt, Soro Bardudo, cette fois-ci la nouvelle Les Poisons (1956) de l’écrivain argentin Julio Cortázar (un ancien résident de la Cité U !). Mêlant de véritables branches d’arbres à de grandes brosses de plastique utilisées dans les stations-essence pour laver les voitures, l’installation pointe le malaise d’une nature empoisonnée par l’homme – mais qui s’adapte malgré tout, et survit.

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Des techniques artisanales

Raphael Emine, Utopie entomologique (détail)

Raphael Emine, Utopie entomologique (détail), 2023

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Céramique et impression 3D • Coll. particulière • © CIUP / Photo Yann Monel

On ira également observer de près le travail de l’architecte Clarisse Cheung, qui a utilisé la technique japonaise du shou sugi ban pour bâtir une ambitieuse installation de bois sculpté puis brûlé, complété de 400 tiges métalliques et de disques de papier. Ces Reflets du vivant proposent une interprétation sculpturale des interactions multiculturelles qui font toute l’âme de la Cité U.

Les architectes Joana Tomas et Vincent Rault (Muro Atelier) ont eux aussi fait appel à une technique artisanale d’origine japonaise, le désormais célèbre kintsugi, qui permet de réparer une céramique brisée en liant ses morceaux avec de l’or. L’idée du duo : appliquer ce soin précieux à un arbre du parc… Enfin, ne manquez pas l’œuvre de Raphaël Losfeld, designer, et de Rudy Gardet, scénographe, qui ensemble ont conçu une œuvre biodégradable à partir de briques de mycélium de shiitakés ! À la fin du festival, celle-ci sera réutilisée et viendra nourrir les sols du parc de la Cité. De la nature à l’art et de l’art à la nature, la boucle sera bouclée…



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