À Monaco, Pier Paolo Pasolini, amoureux de peinture et icône des artistes


Si ses plans sont à ce point des œuvres en soi, c’est parce que Pier Paolo Pasolini est sans doute l’un des réalisateurs que la peinture a le plus inspirés. En témoigne la première moitié de l’exposition présentée à la villa Sauber, où des extraits de ses films dialoguent de façon très parlante avec des tableaux anciens et modernes.

« Pasolini est avant tout un intellectuel, qui a été propulsé dans le cinéma un peu par hasard. Il lui a donc fallu s’appuyer sur quelque chose qu’il connaissait : la peinture », explique l’écrivain-photographe Guillaume de Sardes, commissaire de l’exposition. Ancien élève de l’historien de l’art et grand spécialiste de Caravage Roberto Longhi (1890–1970), Pasolini maniait en effet lui-même le pinceau – plus de 150 de ses œuvres ont d’ailleurs été exposées à Rome en 2022–2023. C’est donc dans la peinture classique qu’il est allé chercher ses sources. Une démarche alors inédite qui lui a permis de créer un nouveau langage cinématographique !

À gauche, « Garçon avec un panier de fruits » du Caravage, 1593. À droite, « Mamma Roma » de Pier Poalo Pasolini, 1962

À gauche, « Garçon avec un panier de fruits » du Caravage, 1593. À droite, « Mamma Roma » de Pier Poalo Pasolini, 1962

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Coll. galerie Borghèse, Rome. © Moviestore Collection Ltd / Alamy / Hemis

S’il apprécie beaucoup le peintre moderne italien Giorgio Morandi (1890–1964), qu’il cite dans une scène de La Dolce Vita de Federico Fellini (1960), dont il est coscénariste, puis dans son premier film Accattone (1961), Pasolini est avant tout un passionné de peinture classique italienne. Dans Mamma Roma (1962), il reconstitue la Cène de Léonard de Vinci (1495–1498), s’inspire pour un plan précis de l’angle très original de La Lamentation sur le Christ mort d’Andrea Mantegna (1470–1474), et cite Caravage, notamment par le biais d’un jeune homme inspiré de Jeune garçon portant une corbeille de fruits (1593) et du Petit Bacchus malade (1593).



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