Des panneaux avec des photos des personnes disparues ont été saccagés dans le quartier européen, quelques jours après que la Belgique a commémoré les dix ans des attentats djihadistes visant l’aéroport de Zaventem et la station de métro Maelbeek.
Stupeur vendredi 27 mars 2026 dans le quartier Schuman, à Bruxelles. L’exposition photographique en hommage aux victimes des attentats terroristes du 22 mars 2016 a été vandalisée, a rapporté la presse belge. Une information confirmée auprès du Figaro par Life for Brussels. Dix ans après les attaques, cette association d’aide aux victimes avait installé dans plusieurs lieux de la capitale des portraits géants – deux mètres sur deux – de personnes disparues, de familles de victimes et de survivants, en couleur ou en noir et blanc. Suite à un signalement, ceux-ci ont été retrouvés à terre, saccagés.
«Des victimes m’ont appelée en larmes. C’est l’incompréhension totale», confie Jamila Adda, présidente de l’association. «Des familles de victimes décédées m’ont dit avoir été replongées dans l’horreur du 22 mars, puisque ce jour-là les corps ont été mutilés. Là, ce ne sont pas des corps réels mais ce sont des portraits qui sont arrachés, qui sont découpés. Ça les replonge dans l’horreur», ajoute-t-elle.
Revendiqués par l’organisation État islamique, les attentats djihadistes du 22 mars 2016 avaient fait 32 morts et plus de 300 blessés. C’est la même cellule djihadiste qui, sous l’autorité de cadres de Daech, avait déjà attaqué Paris et sa proche banlieue le 13 novembre 2015 (130 morts). L’interpellation de Salah Abdeslam à Molenbeek le 18 mars a précipité les projets de nouvelles attaques. Dix ans plus tard, le traumatisme est encore palpable dans le pays. L’hommage national rendu dimanche dernier a démarré par des témoignages bouleversants à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, puis dans la station de métro Maelbeek, les deux cibles de ces attentats suicides.
Photo transmise par Life for Brussels
«Comme si on nous frappait une seconde fois»
«Les commémorations ont été assez douloureuses pour les familles», explique Jamila Adda. L’exposition de Life for Brussels se composait d’une quarantaine de panneaux, dont un quart exposé en intérieur, dans le péristyle du Parlement fédéral, et le reste à Schuman, en extérieur. Là, dans ce quartier européen, ce sont les photos qui se trouvaient entre le siège du Conseil de l’UE et celui de la Commission européenne qui ont été détruites. Celles installées sur le trottoir qui fait le tour du rond-point Robert Schuman, à deux pas de là, n’ont pas été endommagées, et ont été retirées.
«On se dit que si ça avait été la faute des intempéries, les photos auraient toutes été endommagées, pas seulement une partie», note Jamila Adda, qui attend toutefois les premiers éléments de l’enquête avant de tirer des conclusions définitives. Le coût de l’ensemble des structures est estimé par l’association entre 20.000 et 30.000 euros.
Les images des dégradations transmises au Figaro par l’association témoignent d’un certain acharnement, incompréhensible pour les Bruxellois. «Je n’arrive pas à contenir mes larmes, je frissonne de tout mon corps devant ces photos mutilées… C’est comme si on nous frappait une seconde fois. Voir nos visages ainsi jetés à terre, c’est d’une violence insoutenable que je ne peux expliquer», confesse une victime à l’agence de presse Belga. Selon la presse belge, une plainte a été déposée et une enquête de police est en cours.
Photo transmise par Life for Brussels
Poster un Commentaire