
Entre Jean Lurçat (1892–1966) et les manufactures d’Aubusson, ce fut une longue histoire. C’est à l’initiative de la collectionneuse Marie Cuttoli, qui avait fait transposer en tapisserie des œuvres de sa collection, dont certaines de Lurçat, que l’artiste, qui fut aussi poète, illustrateur ou céramiste, abandonnera finalement dès les années 1930 la peinture de chevalet pour les arts tissés.
Il trouva dans la laine son nouveau mode d’expression, développant un vocabulaire plastique singulier et cosmogonique (notamment dans L’Apocalypse, 1947–1950).
Un maître de la tapisserie contemporaine
Renouant avec les techniques médiévales, il contribua très largement au renouveau des manufactures aubussonnaises. Après la guerre, plusieurs grands projets lui permettront d’asseoir sa notoriété et de multiplier les collaborations prestigieuses, notamment avec le Mobilier national.
Mais c’est de sa propre initiative, sans aucune commande, que Lurçat se lance en 1957 dans une magistrale entreprise de plus de dix ans : une tenture en dix pièces monumentales intitulée Le Chant du monde.
Le monde sur un fil
Du drame d’Hiroshima à la conquête de l’espace, elle déploie sur 350 m2 sa vision d’un monde post-guerre, entre désenchantement et espérance viscéralement humaniste. « Je n’ai pas tardé à me convaincre que la vie, pour qui tente de vivre droit, c’est chose sucrée et salée, douce et amère, convulsive et sereine. » Voilà cet ensemble exceptionnel, conservé d’ordinaire à Angers, de retour à Aubusson où il n’avait jamais été montré dans son intégralité.
Le Chant du Monde de Jean Lurçat
Du 4 avril 2026 au 1 novembre 2026
Cité internationale de la tapisserie • Rue des Arts • 23200 Aubusson
www.cite-tapisserie.fr
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