après l’appel de Marine Tondelier à interdire X en France, Elon Musk exige qu’elle soit «réduite au silence» pour «trahison»


Sur fond de débats autour des ingérences dans la campagne présidentielle, la chef de file des Écologistes juge que l’algorithme de X exerce «un impact structurel, quotidien, de chaque minute» sur la désinformation.

Rien ne semble échapper à Elon Musk. Du moins, rien de ce qui concerne les attaques visant X, la plateforme anciennement appelée Twitter, qu’il a rachetée en 2022. Alors que la lutte contre les ingérences étrangères s’invite dans les débats, après que trois candidats déclarés ou putatifs à la présidentielle – Édouard Philippe, Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann – ont été la cible d’une campagne attribuée à la Russie, le milliardaire américain a vu rouge en découvrant les propos de Marine Tondelier.

Dans un entretien publié mercredi par Libération, la chef de file des Écologistes préconise d’interdire le réseau social en France le temps de la campagne. Et ce, au motif que l’algorithme «pipé» de X constitue non seulement «une ingérence forte dans la vie démocratique», mais qu’il a aussi un «impact structurel, quotidien, de chaque minute sur la désinformation.» 


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Au-delà des considérations techniques, la prétendante à l’Élysée s’en prend aussi à la propriété même du réseau, qu’elle décrit comme celle d’«une personne, basée aux États-Unis, avec une idéologie suprémaciste et qui, clairement, veut faire basculer l’Europe dans une soumission totale aux États-Unis». Une accusation à laquelle Elon Musk n’a pas tardé à répondre. Habitué à intervenir dans les débats politiques européens en faveur des droites nationalistes, au point d’avoir qualifié, il y a quelques semaines, Marine Le Pen de «dernier espoir» pour la France, le patron de Tesla a cette fois pris Marine Tondelier pour cible. Jusqu’à réclamer, jeudi sur X, qu’elle soit «réduite au silence» pour «trahison contre la France».

De quoi laisser de marbre l’intéressée, qui dit ne trouver aucun «sens» à la sortie de l’ancien allié de Donald Trump. « La France n’a pas à recevoir de leçons de patriotisme d’un milliardaire étranger qui estime pouvoir décider quels responsables politiques européens doivent être réduits au silence. La démocratie n’est pas à vendre. Pas même à l’homme le plus riche du monde », cingle Marine Tondelier, qui assure préférer «être accusée de défendre la démocratie que d’essayer de l’acheter». Pour autant, forte de ses 14.000 abonnés sur X, l’élue d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) n’a eu d’autre choix que de répondre sur la plateforme de son détracteur.

Il faut dire que, contrairement aux députés écologistes Sandrine Rousseau, Marie Pochon, Charles Fournier et Damien Girard, Marine Tondelier n’a pas participé au mouvement #JeQuitteX, lancé au moment du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Malgré les critiques persistantes visant le réseau social, accusé d’être devenu une plateforme idéologiquement marquée sous l’influence de son propriétaire libertarien, la mobilisation n’a pas produit les effets escomptés. Difficile, en effet, pour les responsables politiques de se passer de X, qui offre une caisse de résonance sans égale, plus encore à l’approche de l’élection présidentielle.



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