Le gouvernement prévoit de renforcer les conditions d’utilisation du CPF avec un reste à charge pouvant atteindre 350 euros contre 150 euros aujourd’hui pour les formations non-prioritaires.
Le reste à charge pour un salarié qui mobilise son compte personnel de formation (CPF) devrait atteindre 350 euros, contre 150 aujourd’hui, s’il choisit une formation non-prioritaire et ne bénéficie pas de cofinancement, a indiqué mercredi l’entourage du ministre du Travail. «Lorsque la formation ne correspond pas à une priorité identifiée et ne bénéficie d’aucun cofinancement, il est légitime que son titulaire contribue davantage à son financement», indique l’entourage de Jean-Pierre Farandou, soulignant que la réforme du CPF s’inscrit dans «un contexte économique et budgétaire exigeant».
Avant de mobiliser ses droits, l’usager, qu’il soit salarié ou demandeur d’emploi, devra ainsi répondre à un questionnaire sur son objectif professionnel et la formation envisagée. «Le caractère prioritaire du projet de formation sera apprécié à partir d’une liste de certifications définie par arrêté, après consultation des partenaires sociaux et des organisations patronales». Les actifs dont la formation bénéficie d’un cofinancement d’au moins 150 euros et les demandeurs d’emploi dont le projet de formation porte sur une certification prioritaire seront exonérés de participation financière.
Un reste à charge plus élevé pour certaines formations
En revanche, les actifs, hors demandeurs d’emploi, qui souhaitent se former à une certification prioritaire devront s’acquitter de 150 euros. Les demandeurs d’emploi sans cofinancement débourseront la même somme s’ils choisissent une formation à la certification non prioritaire. Pour un salarié, qui choisit une formation non prioritaire et n’a pas de cofinancement, la participation devrait atteindre 350 euros, un montant qui sera fixé par décret mais qui a été retenu pour les chiffrages de la mesure, indique l’entourage du ministre, confirmant une information des Echos.
Le gouvernement avait déjà serré la vis du CPF dans le budget 2026, avec notamment un plafonnement des droits mobilisables pour une formation et une limitation aux seuls chômeurs du financement du permis de conduire. Un reste à charge de 100 euros a aussi été mis en place en 2024 puis rehaussé à 150 euros en 2026. Mardi lors du lancement d’un plan d’accompagnement du monde du travail à l’intelligence artificielle, Jean-Pierre Farandou a indiqué que l’IA serait érigée en priorité nationale de formation, avec une multiplication des cofinancements pour limiter le reste à charge des personnes désireuses de suivre une formation sur ce thème.
«On voit que les dernières réformes ont vraiment contraint la liberté de choisir son avenir professionnel», déplore le cofondateur de la plateforme de formation en langues Lingueo, Arnaud Portanelli. «On est libre, mais on est libre de payer». «La grande majorité des gens qui utilisent le CPF le faisaient de manière autonome», souligne-t-il.
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