
La nouvelle a fait les gros titres dans la presse ces dernières semaines : l’appartement montmartrois du poète Jacques Prévert est menacé de démolition dans le cadre d’un projet du Moulin-Rouge, actuel propriétaire des lieux, qui souhaite reconstituer une salle historique où se produisait l’icône des Années folles Mistinguett. L’appartement voisin, où a vécu Boris Vian, est lui aussi concerné par cette résiliation de bail, qui porte un véritable coup dur au riche héritage artistique de ce quartier emblématique de la scène culturelle parisienne.
Patti Smith, Patrick Modiano, mais aussi Stéphane Bern ou encore Lio… 100 personnalités ont alerté l’opinion publique en publiant une tribune de soutien dans le journal Libération le 23 novembre, demandant à la ministre de la Culture la protection en urgence de l’appartement au titre des monuments historiques, en écho au combat d’Eugénie Bachelot-Prévert, petite-fille et unique héritière du poète. Une pétition en ligne, lancée par l’association Chez Jacques Prévert, a quant à elle récolté à ce jour plus de 10 000 signatures.
Un lieu à l’atmosphère unique
En 2024, Eugénie Bachelot-Prévert, artiste plasticienne, nous avait accueillis dans l’antre de son grand-père, préservé intact depuis sa disparition en 1977. Le poète, aussi connu pour ses scénarios au cinéma, avait emménagé en 1955 dans ce petit appartement de la cité Véron, niché derrière les ailes du Moulin-Rouge. L’architecte Jacques Couëlle avait alors complètement transformé les lieux en havre de paix méditerranéen, avec ses murs blanchis à la chaux et percés de charmantes alcôves, son sol en tomettes provençales…
Comme si Prévert y vivait toujours
Son bureau, ses livres, ses boîtes de couleurs, ses archives… Tous les objets personnels de cet artiste proche des surréalistes ont été précieusement conservés, donnant l’impression au visiteur que celui-ci vit toujours à cette adresse ! Du toit-terrasse qui accueillait jadis les mémorables fêtes du Collège de ‘Pataphysique, à l’étonnante chambre de sa mère, qui servit de décor au film Notre-Dame de Paris (1956), Eugénie Bachelot-Prévert nous guide, non sans émotion, dans l’intimité de ce géant du XXe siècle à l’imagination sans limite.
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