L’armée américaine a annoncé mardi avoir détruit cinq navires pétroliers dans la région du Golfe en représailles des attaques des Gardiens de la Révolution iraniens contre un navire de l’armée américaine ces deux derniers jours.
L’armée américaine a annoncé mardi avoir détruit cinq navires pétroliers dans la région du Golfe en représailles des attaques des Gardiens de la Révolution iraniens contre un navire de l’armée américaine ces deux derniers jours. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) «a détruit cinq navires transportant du pétrole brut iranien, le 8 septembre, après que le Corps des Gardiens de la Révolution a visé à deux reprises un bâtiment de la Marine américaine avec des missiles balistiques au cours des deux derniers jours», a-t-il écrit dans un communiqué. Il affirme que le navire américain a «déjoué» ces attaques et qu’aucun militaire américain n’a été blessé. Le Centcom précise également avoir demandé aux équipages d’abandonner leur navire avant qu’ils ne soient frappés.
Quatre navires (le Kaviz, le Charminar, le Horizon et le Riesco) ont été détruits dans le Golfe d’Oman et un cinquième (le Derya) près de l’île de Kharg, précise le communiqué, accompagné de vidéos de ces navires touchés par une explosion, puis en flammes. L’agence iranienne Tasnim a évoqué peu avant une «attaque de missile» contre un «petit pétrolier iranien» à quelques kilomètres de cette île iranienne du Golfe.
L’armée américaine accuse ces navires «de prendre part à un réseau fantôme de plusieurs milliards de dollars pour financer» les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de Téhéran, ainsi que ses soutiens dans la région.
Riposte iranienne
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran, ont dans la foulée dit mercredi avoir lancé des missiles sur la base militaire américaine d’Al-Azraq, en Jordanie, en représailles aux attaques de pétroliers iraniens par les États-Unis, selon l’agence d’État Irna. «Dans le cadre de cette opération visant à punir l’agresseur, les installations de maintenance et de réparation, les zones de préparation et les lieux de déploiement des avions de chasse F-35, F-16 et F-15, ainsi que les abris pour avions de combat, ont été frappés, infligeant de lourds dégâts à l’ennemi malveillant», ont affirmé les Gardiens cités par Irna.
L’armée jordanienne a par la suite annoncé avoir intercepté 18 missiles tirés vers le pays par l’Iran, tandis que deux autres projectiles sont tombés dans des zones désertes. «Le Royaume hachémite de Jordanie a subi, au cours des dernières heures, une attaque de missiles en provenance du territoire iranien», indique un communiqué de l’armée. Les défenses antimissiles du pays ont «intercepté et détruit avec succès 18 d’entre eux, tandis que deux missiles sont tombés dans des zones non habitées», ajoute le texte.
Peu avant, les Gardiens avaient averti qu’ils allaient «viser» des tankers au Koweït et à Bahreïn, enjoignant les équipages à «quitter leurs navires immédiatement», selon l’agence officielle Irna. «À la lumière des crimes de l’armée terroriste américaine, qui a pris pour cible plusieurs pétroliers de la République islamique d’Iran, nous mettons en garde tous les tankers présents dans les ports koweïtiens et bahreïnis, lesquels accueillent ces terroristes et sont complices de leurs méfaits, qu’ils soient à l’ancre ou à quai. Nous les avertissons de quitter leurs navires, car ils seront pris pour cible», ont fait savoir les Gardiens cités par Irna.
Négociations au point mort
«Toute attaque contre des pétroliers iraniens entraînera des frappes des forces armées de la République islamique d’Iran contre les bases américaines dans la région», a déclaré le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général Ali Abdollahile, cité par la télévision d’État. Les Gardiens de la Révolution ont par ailleurs affirmé mardi avoir «capturé l’un des drones sous-marins les plus modernes de l’armée américaine à l’entrée du détroit d’Ormuz», dans un communiqué également relayé par la télévision d’État. L’armée américaine a pour sa part indiqué qu’un de ses drones, d’un «modèle ancien», était tombé en panne dans la région du détroit, sans préciser s’il s’agissait de l’appareil saisi par l’Iran.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a, de son côté, affirmé mardi que les États-Unis continueraient ces frappes. «L’Iran continue d’essayer de frapper des navires de guerre américains, et à chaque fois qu’ils le font ou tentent de le faire, ils vont perdre des pétroliers, et je pense que vous verrez cela à nouveau aujourd’hui», a-t-il déclaré aux journalistes lors d’une visite en Colombie.
Téhéran et Washington continuent d’échanger des tirs dans et autour du détroit d’Ormuz, en dépit du cessez-le-feu instauré en avril qui avait suspendu la première phase de bombardements intenses démarrée avec l’attaque israélo-américaine contre l’Iran le 28 février. Les négociations diplomatiques restent au point mort, les deux parties se disputant le contrôle de ce verrou maritime par lequel transite habituellement un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz. Depuis le début de la guerre, le trafic y est quasiment paralysé, perturbant les marchés mondiaux de l’énergie et faisant flamber les cours du brut. L’Iran exige désormais des navires qu’ils obtiennent une autorisation pour franchir le détroit, une mesure fermement rejetée par Washington et plusieurs pays de la région. Le gouvernement américain, qui de son côté applique un blocus sur les ports iraniens, a par ailleurs placé sur sa liste noire mardi l’entièreté du secteur aérien iranien, menaçant de sanctionner toute organisation travaillant avec les compagnies aériennes du pays, dont les principales sont Mahan Air et Iran Air.
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